‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 178 sur 228 · PHOSPHORIQUE · texte numérisé non relu

PHOSPHORIQUE

Bien que la fabrication des superphosphates soit de beaucoup la plus répandue, on emploie aussi, pour attaquer les phosphates naturels, quelques autres méthodes que nous résumerons rapidement.

Emploi de Taelde chlorhydrlqne. — On Sait que Tacidc chlorhy-

drique se produit pendant la fabrication du sulfate de soude et qu'on a quelque peine à employer les quantités obtenues ; dans quelques soudières on a songé à Tutiliser à l'attaque de la poudre des nodules. Cette attaque doit être faite à chaud ; à froid, on n'arrive jamais à enlever tout le phosphate contenu dans les poudres. La dissolution chlorhydrique, rapprochée par Tévaporation, cristallise et donne un produit renfermant toujours du chlorure de calcium, mais très-riche en phosphate soluble et qui peut être susceptible d'applications industrielles. En précipitant la dissolution chlorhydrique au moyen d'un lait de chaux, on obtient un produit gélatineux retenant encore du chlorure de calcium et très-difficile à laver ; mais, si Ton procède à la saturation au moyen du carbonate de chaux, il se produit, d'après MM. E. Pelouzeet Dusart, un phosphate bibasique plus facile à obtenir à l'état de pureté. En ayant soin de laisser les liqueurs légèrement acides, et en faisant passer dans la masse un courant de vapeur d'eau, on obtient un produit cristallin renfermant seuleiÈent 2 parties de chaux pour une d'acide phosphorique -, on décante le liquide surnageant et l'on turbine le précipité, puis on le sèche à l'air. On termine l'opération en précipitant à l'aide d'un lait de chaux la liqueur décantée. On laisse le précipité gélatineux se déposer, et on l'ajoute aux eaux acides d'une seconde opération. — Les produits renferment toujours du chlorure de calcium ; ils contiennent environ 40 pour 100 d'acide phosphorique, dont une faible partie est soluble dans l'eau pure, mais dont la masse entière, au contraire, est facilement soluble dans Teau chargée d'acide carbonique.

Préparation da phiMiphate de soade au moyen deas noduleM* —

11 n'est pas démontré qu'il soit nécessaire à l'agriculture d'avoir des produits immédiatement solubles dans l'eau ; aussi nous ne citons que pour mémoire le procédé employé par M. Boblique pour transformer le phosphate de chaux des nodules en phosphate de soude destiné à l'agriculture [Eiiquôie sur les engrais : Rapport^ p. 277, Imprimerie

548 DES ENGUAIS.

impériale, 18(5(5). Ce chimiste propose de produire du pbospbure de fer à l'aide des nodules des Ardennes, en les fondant dans un haut fourneau avec 60 pour 100 de leur poids de minerai de fer, puis de faire réagir ce phosphure sur le sulfate de soude à la température du rouge vif. Lorsqu'on fond, en effet, dans un four à soude, un mélange de 100 parties de phosphure et de 200 parties de sulfate de soude, on obtient ime masse noire, sulfureuse, qu'on laisse exposée à l'air pendant quelques jours: elle se délite et tombe en poussière; on lessive cette poussière, qui cède à l'eau du phosphate de soude qu'on retire par cristallisation.

J^ 139. — CUAKRÉËS.

On distingue sous ce nom le résidu du lessivage des cendres de bois. On sait que celles-ci renferment, outre des carbonates alcalins, une certaine quantité de phosphate et de carbonate de chaux, et Ton conçoit que les charrées puissent être utilement employées sur tous les sols où réussissent le noir animal ou les phosphates fossiles. M. Bobierre calcule qu'en dix ans il est arrivé à Nantes, pour les besoins de Tagriculture bretonne, iOOOOO hectolitres de cet engrais, représentant une valeur de 900 000 francs.

D'après ce savant chimiste, les charrées renferment de 10 à 12 pour 100 de phosphate de chaux. Il parait que cette matière est souvent falsifiée avec du tuffeau de Saumur; cet engrais ne doit donc être acheté que d'apiès sa teneur garantie en phosphate.

Page 1