J^ 42. — RÉSINES
On doime le nom de rvsines à des matières très-combustibles, brûlant avec une flamme fuligineuse, insolubles dans l'eau, mais solubles dans l'alcool bouillant, dans l'éther etdans les essences. On les obtient habituellement en entaillani le tronc de certains arbres.
PRfNGlPES IMMÉDIATS CONTENL'S DANS LES VÉGÉTAUX CULTIVÉS. 139
La térébenthine est la résine la plus importante qii on récolte en France; on la tire du pin sylvestre et du pin maritime. La récolte se fait de mai en septembre. On choisit las pins de 0",35 à 0'",âO de diamètre, et avec une hache on enlève près du pied une bande d*écorce de0",12 de largeur et de 0", 50 de hauteur; puis avec une espèce d'herminette bien tranchante, on fait au bas de cette partie dénudée mie incision de 0'",007 de profondeur, de 0'",03 de hauteur et de la largeur de la bande d'écorce enlevée d'abord. Tous les huit jours on entaille de nouveau; la térébenthine qui s écoule de Tarbre est reçue dans un vase ou simplement dans une petite fosse creusée à cet effet.
Cette matière est séparée» en deux produits par faction d'une douce chaleur produite par l'exposition au soleil ou par l'influence de la vapeur d'eau : la matière qui s'écoule ainsi est dite térébenthine an soleil; quant au résidu, il est soumis «à faction de la vapeur d'eau qui entraîne f essence dite de térébenthine, dont la composition est représentée par C^H'^. Le produit qui reste dans les alambics après la séparation delà térébenthine est désigné sous le nomdeco/o;)Aawe;ce n'est plus un carbure d'hydrogène comme la matière précédente, il renfeiTiie en outre de f oxygène.
§ 43. — MATIÈRES AZOTÉES
Les matières azotées contenues dans les végétaux sont neutres ou alcalines. Tandis que les premières se rencontrent avec une constitution presque identique dans tous les végétaux et forment une famille trèshomogène, quon désigne souvent sous le nom Ag matières protéiqnes, h cause des facilités avec lesquelles elles se métamorphosent, les autres constituent im groupe redoutable par ses propriétés toxiques ou précieux pour la thérapeutique : ce sont les alcaloïdes; leur histoire n'est pas de notre ressort, et nous examinerons seulement dans ce paragra[)he les matières protéiques.
On rencontre dans les graines une matière azotée insoluble dans l'eau froide, qu'on sépare facilement de la farine de froment lorsqu'on la malaxe entre les doigts sous un filet d'eau; la matière plastique qui reste dans les mains de l'opérateur après la séparation de l'amidon est le gluten.
Presque tous les extraits végétaux faits à froid, le jus des pommes de terre, celui des betteraves, renferment une matière azotée qui se coagule facilement par l'action du feu : par l'ensemble de ses propriétés,
140 DU DÉVELOPPEMENT DES VÉC.ÉTAIX.
cette matière rappelle complètement Talbumine de rœuf- elle a recn le nom di albumine végétale.
Enfin, quand on traite la farine de pois, de haricots, en général des graines de légumineuses par Tean à froid, on peuten séparer une matière qui se précipite par l'addition de l'acide acétique. Cette nïatière est désignée sous le nom de caséine végétale ou de Ivgumine,
Quand on détermine la composition élémentaire de ces matières, on est très-frappé de voir qu elles présentent presque une composition identique, et que surtout le gluten offre la même composition que la fibrine, dont il partage la plasticité, ce qui le fait parfois désigner sous le nom de ^iy7";2euf'/7^//âf/e,- que l'albumine des plantes est identique avec celle des liquides animaux; enfin, que la légumine offre précisément la même composition que la caséine du lait. On en jjigera par les résultats analytiques suivants :
Filirine «In-jMtu' All>inniiie
<lcs «les d«**
d»-iix M'çnes. il< iix i-mîtiuîs. ilr-nx n"iMOs.
Carbone 52,25 53,56 53,47
Hydrogène G, 99 7,10 7,17
Azote 16,57 15,87 15,72
Oxygène 23,69 23,/i7 23,6/i
A ces premiers travaux, qui ont largement esquissé l'ensemble de la constitution de ce groupe de corps si importants, sont venus ensuite s'en ajouter d'antres qui ont permis de montrer que les matières précédentes renferment souvent une certaine quantité d'autres principes moins abondants.
C'est ainsi que M. Ritthausen {Bulletin de la Soc. chimique^ 18(13, p. 110) a montré que du gluten on pouvait tirer, par l'action de Talcool bouillant, de la caséine végétale qui se précipite au montent du refroidissement, et de la gélatine^ qui se dépose après l'évaporation de la plus grande partie de l'alcool. L'étude des matières azotées de la farine de seigle Ta conduit à des résultats différents de ceux que fournit l'étude de la farine de froment {Hullet. de la Soc. chim.^ 1867, t. VIII, p. 132).
Enfin, il a reconnu que la légumine extraite des pois et des haricots différait de celle qu'on peut extraire des amandes douces et amères et du lupin bleu ou jaune.
On en jugera par le nombre suivant que nous empruntons à la traduction du mémoire de M. Ritthausen, publié par le Bnllet, de la Soc. chim.^ 1868, t. X, p. ?98.
PRINCIPES IMMEDIATS GONTENlîS DANS LES VÉGÉTAUX CULTIVÉS. 14i
Ugumine des amandes douce' ^ e/c, ou conglutine.
Amanilos Amande» Lupin Lupin
douces. aincres. jaune. bleu.
Carbone 48,91 50,00 50,10 49,53
Hydrogène. . . 6,63 6,70 6,82 6,85
Azote 17,89 17,75 18,12 16,37
Soufre 0,44 0,39 0,90 0,44
OxyRÙne 23,47 23,93 22,61 25,10
Cendres 2,66 1,23 1,45 1,71
Quant à la légumine des pois, vesces et lentilles, M. Ritthausen la juge comme étant encore différente de celle des haricots ; il donne de ces deux principes les analyses suivantes :
Carbone . .
Hydrogène Azote ....
Oxygène. .
Soufre . . .
LÔKiuuiiiP
Lt'^iiiiiite
des pois, vfsce».
di.'«
lentilles, etr.
liariots.
Ces faits sont importants ; mais les recherches de chimie agricole, qui ont surtout pour but d'établir la composition des végétaux au point de vue de l'alimentation du bétail, peuvent conserver l'ancienne distinction des matières protéiques en trois grandes espèces, dont nous indiquerons le mode de préparation.
Préparation de la easélnc, de l*albuinlne et de la flbrlne végétale.
— Pour extraire la caséine, on réduit en farine la graine à essayer. On la laisse macérer pendant une heure dans de l'eau, puis on exprime dans une toile. Par le repos, le liquide exprimé dépose de la fécule ; on filtre pour avoir une liqueur claire, et Ton ajoute peu à peu l'acide acétique étendu de dix fois son volume d'eau, et la caséine se précipite sous forme d'une masse nacrée, insoluble dans l'alcool et l'éther, et qu'il faut purifier des matières grasses qu'elle entraîne habituellement à l'aide de ces dissolvants qu'on fait agir sur la matière préalableuient séchée.
L'albumhie qu'on rencontre dans vm grand nombre de tissus végétaux, dans les jeunes feuilles, dans les tubercules, dans les racines, est facilement séparée des liquides obtenus par la macération à froid ou pai' la pression, à l'aide d'une douce chaleur qui la rend insoluble dans l'eau; elle entraîne souvent avec elle des matières grasses et de la chlorophylle, de telle sorte que loi-squ'on veut déterminer son poids
142 nu DÉVELOPPEMENT DES VÉ(iÉïAUX.
en la recueillant sur un filtre, il faut, après l'avoir séchée et pulvérisée, la traiter par de Téther, puis la sécher de nouveau.
On profite généralement de la propriété plastique du gluten pour en former une pâte qu'on débarrasse ensuite de Tamidon qui y est habituellement mêlé par une trituration prolongée sous un filet d'eau, ainsi que nous l'avons vu plus haut.
En desséchant les matières ainsi obtenues sous le vide sec, on peut les peser et apprécier ainsi la quantité qu'en renfermaient les tissus étudiés; toutefois ces procédés sont loin d'avoir l'exactitude du dosage de l'azote, dont nous allons décrire la pratique avec d'autant plus de soin qu'il est d'un usage constant dans les laboratoires de chimie agricole.
Dosage de l'asote dans les matières organiques. — On connaît deux
procédés de dosage de l'azote dans les matières organiques : l'un qni est d'un emploi général et qui s'applique aussi bien aux matières azotées d'origine végétale ou animale qu'aux substances artificielles renfermant de l'azote provenant de l'acide azotique; l'autre qui, au contraire, convient seulement à la détermination de l'azote des matières végétales çt animales : ce dernier, d'un emploi très-facile et très-sûr, est seul en usage dans les laboratoires de chimie agricole.
Il repose sur ce fait démontré par l'expérience, qu'une matière organique azotée, chauffée au contact de la chaux sodée, dégage tout l'azote qu'elle renferme à l'état d'ammoniaque. Celle-ci, recueillie dans un volume déterminé d'acide sulfurique titré, est dosée au moyen d'une liqueur alcalimétrique (1).
On prépare la chaux sodée en éteignant 2 parties de chaux vive au moyen d'une dissolution concentrée de 1 partie de soude caustique, chauffant le mélange dans un creuset à une bonne température rouge, laissant refroidir, et enfermant dans un flacon à l'émeri la matière dure, verdâtre, à moitié vitrifiée, qui résulte de la calcination.
L'acide sulfurique titré est préparé à l'aide de (5l^\2bO d'acide préalablement bouilli et refroidi sous une cloche où a séjourné de la chaux vive; on mêle l'acide à de l'eau dislillée, de façon à former un litre. En prenant les équivalents par rapport à l'oxygène ^= 100, on voit facilement ((ue 61,25 représente un dixième d'un équivalent d'acide SOMTO.
10 centimètres cubes de cette liqueur renferment 0*', 61 25 d'acide
(1) Il est important de se rappeler que M. Fremy a démontré qu'un nitrate mélangé à une matière organique et à la chaux sodée donne naissance à une quantité notable d'ammoniaque; il y a là une cause d'erreur qu'il faut éviter en extrayant de la matière dont on veut déterminer l'azote les nitrates par des lavages prolongés à l'eau bouillante.
PRINXIPES IMMÉDIATS CONTENUS DANS LES VEiîÉTALX CULTIVÉS. 143
sulfurique, qui sont neutralisés par un poids de gaz ammoniac représenté parie nombre 0«%2125. En effet Az:=r--175;H^=3 xl2,5=37,5; 175 4- 37,5 = 21 •2,5. Si donc, après avoir chauffé un certain poids de la matière à analyser avec de la chaux sodée, et avoir recueilli dans 10 centimètres cubes de l'acide précédent tout le gaz aunnoniac dégagé, on trouvait que Tacide est parfaitement neutralisé et qu'il n'y a pas d'ammoniaque en excès, que la liqueur laisse sans changement le tourucsol vineux, on en pourrait conclure que le poids delà matière étudiée renferme 0'^',175 d'azote; mais très-habituellement les choses ne se passent pas ainsi, et l'on prend un poids de la matière à analyser assez faible pour qu'à la fin de l'opération il reste encore une partie de l'acide libre.
Si Ton détermine rigoureusement cette partie d'acide non saturée, on pomra en réduire celle qui est saturée, et par suite rammoniaquc dégagée qui la neutralisera, c'est-à-dire qui sera avec cette pai'tie dans le rapport de 212,5 à 612,5; pour faire cette détermination on emploie une liqueur alcaline, une dissolution étendue de soude, qu'on titre exactement. Cette opération s'exécute en plaçant dans un vase à fond plat, posé sur une feuille de papier blanc, 10 centimètres cubes d'acide sulfurique titré, ajoutant 1 centimètre cube de tournesol étendu, puis versant goutte à goutte la dissolution alcaline jusqu'au moment où la teinte est franchement bleue, en ayant soin d'agiter constamment avec une baguette de verre.
On lit alors sur la burette graduée le nombre de divisions employées, et on l'écrit sur une étiquette qui est fixée au flacon qui renferme la dissolution. Cette opération n'a phis besoin (pie d'être répétée de loin en loin, pour s'assurer cpie le titre n'a pas changé ; et il ne change pas si l'on a la précaution de puiser dans le flacon la liqueur à l'aide d'une pipette fixée dans le bouchon et qui sert à remplir la burette.
Indiquons maintenant comment on procède au dosage.
On ferme à une extrémité un tube de verre vert de 50 à 60 centîm. de long; on l'essuie, à l'intérieur, à l'aide d'un morceau de papier fixé à l'extrémité d'une baguette ou d'une tige de laiton ; puis on y fait couler, au moyen d'une main de cuivre, un mélange de chaux sodée et d'acide oxalique préalablement desséché à 100 degrés. Ce mélange dégage à la fin de l'opération de l'hydrogène (1), dont le courant chasse du tube les dernières traces d'ammoniaque. Une courte colonne de chaux sodée est placée au-dessus du mélange qui renferme l'acide
(1) C«H»0» + 4(Na0,H0) = /i(C02Na0) + 4H0 + 2H.
144 • DU DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTArX.
oxalique, puis on introduit la matière à analyser mélangée à la chaux sodée (fig. 14).
Le poids de matière bien sèche à analyser doit contenir moins de 0«%175 d'azote, c'est-à-dire que si c'est une matière albuminoïde j-en-
fermant 10 pour 100 d* azote, il doit être inférieur à 1 gramme; mais si c'est une matière végétale renfermant 10 à 16 pour 100 de matière azotée^ on pourra, sans inconvénient, employer 4 ou 5 grammes. Les matières très-pauvres, comme les pailles, devront même être prises en plus grande quantité, mais alors il faudra employer un tube de 70 à 80 centimètres de long.
On achève de remplir le tube avec de la chaux sodée; on place à l'extrémité du verre pilé, lavé, puis séché, ou un tampon d'amiante ; puis on adapte un bouchon de liège et l'on enroule sur le tube une feuille de clinquant recuit, pour l'empêcher de se déformer sous l'influence du feu. Le clinquant étant maintenu à l'aide d'un fil de laiton, on enlève le bouchon ordinaire, on le remplace par un bouchon qui porte le petit appareil à boules désigné dans les laboratoires sous le nom de boules de Warrentrapp ; on y fait couler 10 centimètres cubes d'acide sulfurique titré, et l'on place le tube sur la grille à analyse, comme le montre la figure 15.
Dans presque tous les laboratoires on emploie aujourd'hui, pour chauffer, le gaz d'éclairage. 11 arrive à l'appareil par un caoutchouc et se distribue dans un gros tube horizontal, d'où il s'élève dans une série de tubes verticaux munis de robinets et de gaînes métalliques. Celles-ci portent un orifice mobile qui, placé en face d'une ouverture pratiquée dans chacun des brûleurs, y laisse pénétrer de l'air; c'est alors un mélange de gaz et d'air qui brûle à l'extrémité du tube, et la température est très-élevée. Si au contraire on tourne la gaîne de façon à empêcher l'air de se mêler au gaz, on n'a plus qu'une flamme moins chaude, qui sert à porter doucement le tube à la température
Fig. 14. — Remplissage du tube pour le dosage de l'azote.
PRINCIPES ]UMËD[ATH <;nSIENl'IS IIANS LES VÉr.ÉTAUX CULTLVÉS. 145
rouge, qu'il doit acquérir, pour que la décomposition de la matière organique soit complète.
On commence à chauffer le tube par l'extrémité A voisine du bouchon. On ouvre successi\ement les becs de gaz, de façon à porter au rouge tout le tube ; mais 11 faut conduire le feu assez lentement pour que les bulles se succèdent régulièrement et ne soulèvent pas tumultueusement le liquide, c;ir un dégagement rapide entraînerait infailliblement la perte d'un peu d'ammoniaque, A la fin de l'opération, on chauffe le mélange d'acide oxalique et de chaux sodée ; on obtient ainsi un dégagement d'bydrngène qui balaye le tube complètement et chasse <tevaQt lui toutes les vapeurs ammoniacal&s dans l'acide sulfurique.
FiG. 15. — Appai'uil Uiiposé sur und gnlle à ga, pour le Josago de l'uote (les matières urganiquea.
Quand )e tube est entièrement porté au rouge et qu'il ne dégage plus de gaz, on le casse près du bouchon, en lançant, à l'aide d'une pipette, quelques gouttes d'eau sur le verre. On détache les boules de Warrentrapp, et l'on verse dans un vase à précipité le liquide qu'elles contiennent, en ayant bien soin de n'en perdre aucune goutte. On lave à deux ou trois reprises différentes, jusqu'à ce que l'eau de lavage n'ait plus la moindre réaction acide ; on ajoute un centimètre cube de tournesol, puis on procède à la neutralisation avec la dissolution alcaline titrée.
Supposons que 3'2",5 de celle-ci soient nécessaires pour neutraliser les 10 centimètres cubes d'acide sulfurique normal, et que dans l'expérience que nous venons de terminer, le tournesol bleuisse quand on
i46 DU DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAUX.
aura ajouté 17 centimètres cubes. Il est clair que Tammoniaque sortie du tube a produit le même effet, équivaut à32",5 — 17=: 15", 5 de la dissolution alcaline. Or, 32"", 5 de la dissolution de soude neutralisaient 10 centimètres cubes d'acide sulfurique comme 0'^',212 d'ammoniaque; ils équivalaient donc à 0^%212 d'ammoniaque, et nous
pourrons poser la proportion — —^ = — ^~" - ^'^^ ^ ^^ voit ([ue ^ = *S.5 X j).2i2 ^ o^^^oj d'ammoniaque renfermant "'"^X^'"'
d'azote.
Ce procédé de dosage imaginé par les chimistes allemands Will et Warrentrapp a été perfectionné par M. Péligot; il est très-exact, et conduit à des résultats très-satisfaisants pour apprécier la quantité de matière albuminoïde contenue dans les végétaux.
11 faut cependant, pour qu'il donne des indications précises, que ces principes immédiats soient seulement ceux qui renferment 16 pour 100 d'azote, comme l'albumine ou la fibrine, ou 18 pour 100, comme la caséine; car il est clair que si ces principes sont mélangés à d'autres matières azotées, on arriverait à des résultats complètement fautifs, en calculant leur poids comme ceux des matières précédentes, d'après
la formule x = — — , a étant le poids d'azote trouvé.
iUpMnigine. — Nous avons vu, dans le premier chapitre de cet ouvrage, que les graines, pendant lagennination, éprouvent une véritable combustion lente ; les principes immédiats qu'elles renferment perdent constamment du carbone, et la graine diminue de poids d'une façon très-sensible. C'est seulement quand les parties vertes se sont formées, que la plante commence à prélever dans l'air et dans le sol les éléments nécessaires à la formation de nouveaux principes; dans l'obscurité, la plante dégagé de l'acide carbonique, comme la graine pendant la germination, et, dans l'un et l'autre cas, la combustion porte non-seulement sur les principes ternaires, mais aussi sur les matières quaternaires, sur l'albumine, et le produit qui se forme le plus habituellement estl'asparagine, qu'on rencontre aussi bien dans les graines germées que dans les jeunes pousses d'asperges, de houblon, etc.
L'asparagine est solide, cristalline; elle présente la formule C^ffAz^O* ; elle renferme donc beaucoup moins de carbone, mais sensiblement plus d'oxygène que les matières albuminoïdes. Pour extraire l'asparagine des jeunes pousses d'asperges, on exprime le suc de ceUes-ci, on le porte à Tébullition pour coaguler l'albumine; on filtre,
PRINCIPES IMMEDIATS CONTENUS DANS LES VEGETAUX CULTIVES, la?
puis on évapore doucement à consistance sirupeuse : par refroidissement, Tasparagine cristallise.
§ Aâ. — MARCHE A SUIVRE DANS LE DOSAGE DES DIVERS PRINCIPES
Pour compléter l'étude des procédés employés dans les laboratoires pour doser les principes immédiats contenus dans les végétaux, nous indiquerons la marche à suivre dans ces sortes d'analyses, en nous bornant, bien entendu, aux méthodes qui peuvent être employées dans les laboratoires de chimie agricole, comme dans celui de l'école de Grignon, où Ton veut surtout apprécier les matières qui existent dans les plantes destinées à l'alimentation du bétail. Quand il s'agit d'entreprendre des recherches de chimie végétale, il faut non-seulement prendre pour guide les ouvrages de chimie analytique, mais surtout faire un long apprentissage dans un laboratoire d'analyse, sous les ordres d'un chimiste expérimenté, car la séparation des principes contenus dans les végétaux est une des opérations les plus délicates de la chimie, et son étude complète ne rentre pas dans le cadre que nous nous sommes tracé.
PréfPMration de réchaatiuon. — Il est de la plus haute importance de composer avec tout le soin possible l'échantiUon moyen sur lequel devra porter l'analyse. Le mélange des grains ne présente pas de difficultés, mais il n'en est pas de même des plantes herbacées. Elles devront être bien mêlées sur une grande feuille de papier, après avoir été séchées à l'air, puis coupées en menus fragments ; mêlées de nouveau, séchées complètement, et enfin pulvérisées, soit dans un mortier, soit dans un petit moulin.
Si ce sont des racines qu'il faut analyser, orfen choisira un certain nombre de diverses grosseurs, on en coupera des tranches à différentes hauteurs, puis on les séchera à l'étuve, et on les pulvérisera comme il a été dit plus haut.
C'est sur les échantillons ainsi préparés que portera l'analyse.
Doaage de l'humidité. — L'eau contenue dans la matière végétaie à analyser devra être déterminée sur un échantillon frais de quelques grammes, qui sera maintenu à l'étuve jusqu'à ce que deux pesées faitesàuneheured'intervallen indiquentplus de changements de poids. On cherchera également l'eau restée dans l'échantillon préparé pour l'analyse, qu'il y a avantage à analyser après dessiccation complète.
mais qui peut cependant être étudié quand il renferme encore quelques centièmes d'eau,
La dessiccation a lieu dans une étuve. Dans les laboratoires bien installés, on fait construire des étuves à plusieurs étages, chauffées à la bouille ; elles sont munies k la partie inférieure de bains de sable, et plus haut de plaques de zinc percées de trous, où la température n'est jamais très-élevée. On place les échantillons sur des soucoupes de porcel»ne ou sur des papiers, et l'on peut ainsi dessécher rapidement une quantité notable de matière.
Quand on n'a pas à sa disposition une étuve semblable, on peut faire usage de l' étuve de Gay-Lussac {lig, 16). qu'on remplit d'huile et qu'on
Fnj, IG. — Éluve Je Oay-Lunsac: pour dcisécher lei matières organiques.
munit d'un thermomètre. On maintient faciiemenl la température à 110 degrés quand on dispose du gaz de l'éclairage; quand on emploie, au contraire, le cliarbon, le chauffage exige une surveillance attentive, car si la température s'élève notablement au-dessus de 110 degrés, la matière brûle, l'buile peut même déborder, tomber sur le feu et occasionner des accidents. Le mieux est d'employer, pour maintenir la température constante, un feu de charbon de Paris.
Dousa de In matière |rna>e. — Le dosage des matières grasses s'opère sur la matière bien séchée et à l'aide d'éther anhydre. On opère sur un poids variant de 5 à 10 grammes. La matière gra.sse est généralement mêlée h la chlorophylle, qui est aussi soluble dans ce dissol-
PRlNCrPES IMMÉDIATS CONTENUS DANS LES VÉGÉTAUX CULTIVÉS. 140
vant ; il n'y a généralement pas intérêt à séparer ces deux matières Tune de Tautre, car lorsqu elles sont mêlées, elles ne se rencontrent qu'en petite quantité ; quand la matière grasse existe en proportion notable dans un tissu, la chlorophylle a disparu.
Dosage des matlèrcfl aolobles dans l*eaa. — Le dosage deS matières
solubles dans Teau s'exécute habituellement sur la matière lavée à Féther ; quelquefois cependant on commence par opérer le lavage de l'échantillon avec l'eau froide avant de faire le dosage des matières graSvSes. Cette demière manière d'opérer présente cet avantage, qu'il n'est plus nécessaire d'employer pour le dosage des matières grasses de Féther anhydre, mais il faut dessécher la matière lavée à l'eau avant de procéder au traitement par Féther.
La matière doit être épuisée par l'eau froide jusqu'à ce que celle-ci n'enlève plus rien à l'échantillon ; ce qu'on reconnaîtra, en recueillant une demière goutte de liquide découlant du filtre dans lequel on termine le lavage, sur une lame de platine et en la faisant brûler. Si le liquide, à la fin de son évaporation, noircit en abandonnant une matière qui se boursoufle, prend feu en laissant un résidu de charbon, c'est que le lavage n'est pas fini.
Les matières solubles dans Feau peuvent être :
De Falbumine, de la caséine;
De l'aspai'agine, de la solanine, de la diastase ;
Du glucose, du sucre ;
De la dextrine :
De la gomme;
De la pectine ;
Du tannin ;
Des acides végétaux.
11 est bien rare toutefois que toutes ces matières soient réunies dans le mêaie échantillon, et Fon devra se guider, dans les recherches, d'après une analyse qualitative aussi rigoureuse que possible. Si ce sont des graines qu'on étudie, on aura à y rechercher seulement Falbumine ou la caséine ; Fasparagine et la diastase, dans le cas où elles seront gennées ; les matières grasses, Famidon et la dextrine, enfin la cellulose ; mais on n'y rencontre pas les composés pectiques, qui se trouvent, au contraire, dans les racines ou dans les fruits.
Dosage des matières azotées solubles. — L'albumine est facilement séparée en portant la liqueur à FébuUition -, elle se coagule, devient insoluble, et peut être séparée par le filtre, séchée et pesée. Mais il vaut mieux prélever un volume déterminé de la liqueur totale prove»
nant du lavage, bien mêlée et bien mesurée, évaporer à sec, et doser l'azote dans le produit ; on aura ainsi l'albumine soluble.
Si après la coagulation de l'albumine par l'action de la chaleur, une petite partie de la liqueur séchée dans une capsule, puis calcinée dans un tube avec de la chaux sodée, donne encore un dégagement d'ammoniaque, c'est qu'il reste une matière azotée soluble ; on traite alors la liqueur suffisamment rapprochée par de l'acide acétique, pour reconnaître si Ton peut en précipiter la caséine. Si Ton en rencontre une certaine quantité, et qu'après la précipitation par l'acide acétique, la liqueur ne renferme plus de matière azotée, on évaporera à sec une portion de la liqueur et Ton y dosera l'azote, d'où Ton calculera facilement la caséine. Si, au contraire, l'acide acétique ne donne pas de précipité, il faudra encore évaporer la liqueur à sec et doser l'azote, mais en déduire l'asparagine. 11 convient, toutefois, de n'admettre la présence de cette substance dans la matière analysée qu'autant qu'en évaporant une certaine quantité de liqueur, on sera arrivé à voir au microscope quelques cristaux d'asparagine. Si l'on étudie des pommes de terre germées, il faut y rechercher la solanine.
Toutefois cette série de manipulations est d'une exécution difficile, et il est préférable de doser Tazote dans l'échantillon normal, puis dans une portion de l'échantillon épuisé par l'eau après l'avoir séché à l'étuve. On portera au tableau de l'analyse, comme gluten ou fibrine végétale, la matière azotée insoluble, comme albumine, caséine ou asparagine, la matière azotée enlevée par l'eau, suivant que l'analyse qualitative aura indiqué la présence de Tune ou de l'autre des matières. Il sera bon, quand on prendra cette méthode, de laver de 10 à 15 grammes de matière, si celle-ci renferme une proportion notable de substance soluble dans l'eau, de façon à conserver une quantité suffisante pour le dosage de l'amidon et de la cellulose.
Dosage des matières ternaires solubles. — La détermination clos diverses matières solubles dans l'eau doit être conduite comme suit : Une partie de la liqueur, bien mesurée, est traitée par le sous-acétate de plomb pour se débarrasser du tannin. Après filtration, on précipitera le reste du sous-acétate de plomb par une dissolution de carbonate de soude; on filtrera de nouveau, on portera la liqueur à l'ébuUition pour chasser l'excès de liquide, puis on ramènera la liqueur à son volume primitif, soit par concentration, soit par addition d'eau, et l'on procédera au dosage à l'aide de la liqueur de Fehling. On trouvei-a ainsi le glucose et la dextrine ; mais on se rappellera que celle-ci est précipitée par l'alcool, de telle sorte que le liquide qui a servi au
dosage à la liqueur de Fehling étant rapproché par évaporation, puis traité par l'alcool, donnera un précipité s'il renferme de la dextrine; ce précipité sera recueilli, filtré et desséché, et son poids retranché du poids du glucose. Cette détermination est surtout importante dans l'analyse des grains. On pourra contrôler ce résultat en faisant un nouveau dosage avec la liqueur de Fehling dans le liquide privé de dextrine par l'alcool ; mais il faudra avoir soin de chasser celui-ci par Tévaporation, et se rappeler que 160 de dexti-ine équivalent à 180 de glucose.
Pour doser le tannin on prendra une nouvelle portion de la liqueur, et Ton emploiera la méthode volumétrique indiquée plus haut, S 87.
Dosage des acides solubles. — Si l'extrait aqueux a une réaction acide, on fera un dosage acidimétrique à l'aide d'une liqueur titrée, et Ton évaluera l'acide en acide oxalique, tartrique, etc., suivant qu'une recherche qualitative aura indiqué la présence de l'un ou de l'autre de c&s acides en plus grande proportion : si une portion de la liqueur distillée était acide, ce serait la preuve qu'elle renferme de l'acide acétique, et il faudrait alors en distiller un certain volume à sec, au bain d'huile, puis doser Tacide dans le liquide distillé.
Dosage du sucre de canne et de la gomme. — On aura ainsi déterminé quatre des éléments, glucose, dextrine, tannin et acides ; il reste à trouver la gomme et le sucre de canne. Pour apprécier ce dernier, on fera bouillir un certain volume de la liqueur avec quelques gouttes d'acide chlorhydrique pendant deux ou trois minutes; on neutralisera, et l'on procédera de nouveau au dosage, à l'aide de la liqueur de Fehling. On trouvera un nombre plus fort que dans le dosage primitif, et l'excès représentera le sucre de canne.
En évaporant enfin 50 centimètres cubes de la liqueur primitive au bain-marie, et séchant le précipité, on aura le poids de toutes les matières solubles, matières azotées, glucose, sucre de canne, dextrine, tannin et gomme; et comme on a déterminé les autres principes, la diffîérence entre le poids total et la somme des quatre principes dosés directement donnera la gomme.
Dosage de F amidon. — Les tissus végétaux, et notamment les graines et les tubercules, renferment encore des matières insolubles dans l'eau, qu'il est facile de doser à l'aide de la liqueur de Fehling, en les transformant en glucose : tels sont l'amidon et l'inuline. La matière épuisée par l'eau devra donc être soumise à l'action de l'acide chlorhydrique bouillant pendant une demi-heure environ ; après filtration, on étendra la liqueur jusqu'à un volume déterminé; on pré-
lèvera une partie de cette liqueur pour remplir la burette graduée, et Ton fera le dosage comme il a été dit plusieurs fois.
Dosage des acides combijiés. — Le tissu normal renfermant les acides combinés est traité par Tacide chlorbydrique étendu, de façon à séparer les acides végétaux. On ajoute à la liqueur filtrée du sous-acétate de plomb, et Ton recueille sur un fdtre le précipité, qui est bien lavé, pour enlever l'excès de sous-acétate et le chlorm*e de plomb. On décompose le précipité par l'hydrogène sulfuré, et l'on partage la liqueur en deux parties : dans l'une on dose le tannin par le sulfate de cinchonine, si ce dosage n'a pas été fait déjà; l'autre est additionnée d'albumine étendue qui précipite le tannin, puis on procède au dosage alcalimétrique; on retranche du nombre trouvé celui qui correspond aux acides libres.
Dosage de la ceiivioset — Il ne reste plus à doser que la cellulose, et la pectose, quand on agit sur des fmits ou des racines. On y parviendra en traitant la matière primitive par de l'acide sulfui'ique à 6 équivalents d'eau, c'est-à-dire mêlé avec un poids d'eau à peu près égal au sien, qui dissout les matières azotées, transforme l'amidon en dextrine et en glucose. On maintient la liqueur entre 70 et 80 degrés, et on la renouvelle jusqu'à ce qu'elle cesse de précipiter par un excès d'eau. On lave sur un filtre la matière ainsi traitée, d'abord à l'eau bouillante, puis avec une lessive étendue de potasse caustique : on lave de nouveau avec de l'eau aiguisée par de l'acide acétique, on sèche, et l'on fait agir successivement de l'alcool et de l'éther. On dessèche enfin la matière, qui est formée de cellulose pure, dont on reconnaît facilement la structure au microscope (1).
La liqueur de Schvveizer permet d'arriver plus exactement et de doser directement la cellulose. On attaque alors le résidu précédent par cette liqueur; on précipite la dissolution par de l'acide chlorbydrique; on lave à l'eau bouillante pour enlever le chlorure de cuivre formé, on dessèche, et l'on pèse le précipité.
S'il fallait faire l'analyse d'une racine ou d'un fruit avant la maturité, il faudrait séparer la cellulose de la pectose. Pour y réussir,
(1) D*aprè8 M. Poggiale, le procédé indiqué plus haut pour doser la cellulose serait tout à fait dérectueux : il afllrme que si^ après avoir dissous l'amidon et la dextrine contenus dans le blé, en faisant a^^ir successivement la diast<ise et reau^ on attaque de nouveau le produit avec »le Tacide chlorhydrique étendu de dix fois son volume d'eau, on retrouve encore du glucose qui provient de la transformation de la cellulose. {Compt. rend., 1859, t. XLIX, p. 128.)
Pelouze est arrivé aux mêmes résultats: il a reconnu que, par une ébullilion prolongée, l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique ou sulfurique transforme la cellulose en glucose. [Comptes r^ndus^ 1859^ t. XLVni.)
on utilisera la propriété qu'a la pectose de se transformer en pectine soluble dans l'eau par une ébullition de quelques instants avec l'acide chlorhydrirpie ; et Ton conçoit que si une pulpe épuisée par Teau froide, et qui ne renferme pas d'amidon, est soumise à l'action d'un acide, elle laissera un résidu exclusivement composé de cellulose. Si donc on a déterminé le poids de la pulpe avant le traitement pai* l'acide, puis après ce traitement, on pourra considérer comme pectose la perte de poids constatée.
BoM^^ 4ea ceadra. — Les Cendres sont généralement dosées sur la matière primitive. C'est là une opération généralement assez lente et qui exige beaucoup de patience, si elle est faite dans les conditions ordinaires, c'est-à-dire à l'air libre; car il arrive habituellement que les phosphates qui sont habituellement contenus en quantité notable dans les tissus végétaux fondent, et forment à la surface de la matière charbonnée un vernis imperméable à l'air, qui empêche la combustion de continuer. Il faut alors retirer la capsule du feu, la laisser refroidir et pulvériser de nouveau la masse noircie ; la traiter par Teau pour dissoudre les sels solubles, garder en réserve l'eau de lavage, et continuer la calcination en recommençant les broyages et les lavages autant de fois que cela sera nécessaire. A la fin de l'opération, on réunit toutes les eaux de lavage et on les évapore à sec, puis on les calcine au rouge iM)ur enlevei* les dernières traces de charbon.
On réassit mieux cette opération en plaçant la matière à brûler dans une nacelle de porcelaine qu'on introduit dans un tube également de porcelaine et garni de clinquant; on fait passer un courant d'oxygène en même temps qu'on chauffe le tube au rouge : généralement, en une demi-heure, on obtient des cendres parfaitement blanches.
Quand on procède à la combustion d'une matière végétale dans une capsule de platine^ il faut se gîirder d'employer une quantité de matière considérable, qui empêcherait l'air de pénétrer jusqu'au fond de la capsule. Dans ce cas, en effet, les phosphates contenus dans la matière végétale sont facilement réduits par les matières organiques ; le phosphore s'unit au platine et forme une combinaison très-fusible : la capsule est percée. En la plaçant près de l'œil, devant une fenêtre, on aperçoit quelques petits trous qui ne permettent plus de l'employer, puisque les cendres fondues passent au travers, se répandent sur le fond extérieur de la capsule, et peuvent se détacher au moment de la pesée.
En ne plaçant dans la capsule, au moment de la combustion, qu'une petite quantité de matière qu'on agite avec un ringard de platine.
on réussit à brûler toute la matière organique, qui se trouve toujours au milieu d'une atmosphère oxydante dans laquelle les phosphates ne peuvent être réduits.
Analyse) abrégée des ttaras ▼égétaïu. — L'analyse des végétaux a souvent pour but de déterminer leur valeur alimentaire : on se contente alors de doser la matière azotée par un dosage d'azote (on admet que la matière azotée renferme 16 pour 100 d'azote), les matières grasses parTéther ; la cellulose, appréciée en pesant le résidu du trai-^ tement par les acides et les bases étendues, et l'humidité; on dose les fflucosides^ sucre, glucose, gomme, etc., par difTérence. La manipulation est ainsi très-facile, et permet cependant d'indiquer la valeur nutritive d'un fourrage avec une exactitude suffisante pour les besoins de la pratique.
Les procédés que nous venons de décrire ont permis d'établir la composition de diverses parties des végétaux sur lesquelles s'établissent habituellement les spéculations agricoles.
On doit à M. Péligot un ti*avail très-important sur la composition du blé ; il y établit que la composition moyenne du grain non séparé du son est la suivante {Ann. de rjiim. et de phys.y 3« série, t. XXIX, p. 1) :
Eau 14,0
Matière grasse 1,2
Matières azotées insolubles (gluten) 12,8
— solubles (albumine) 1^8
Dexirine 7,2
Amidon 59,7
Cellulose 1,7
Sels minéraux 1,6
On verra par le tableau suivant que les nombres précédents présentent des variations assez sensibles dans les divers échantillons analysés.
PRINCIPES IMMÉDIATS CONTENCS DANS LES VÉGÉTAUX CULTIVÉS. 166 CompotiU<m dô divin bUi (grains), d'aprii M. Péligot.
La proportion de nulière grasse, qui est peu vai'iable dans presque tous les échantillons, atteint cependant 1,8, 1,8 dans les blés d'Espagne et de Taganrok, bien supérieure à la moyenne 1,2 des autres ; mais M. Péligot fait remarquer qu'il ne faut pas attribuer à cette proportion considérable «ne trop grande importance, car il est connu que des négociants peu scrupuleux mouillent souvent leiu^ blés avec de l'huile pour leur donner un aspect glacé, qui en rend le débit plus avantageux.
La même variété de blé présente, suivant les années, une composition assez différente. Ainsi le blé Foulard de 1844 renferme 15,« de gluten, et celui de 1846, année très-sèche, 18,1, c'est-à-dire 1,5 de plus. Il ne faudrait pas croire que tous les blés durs soient particulièrement riches en gluten, ainsi qu'on l'admet souvent. Si, en effet, le bli' très-dur de Pologne, récolté à Verrières en 1844, renferme 21,5 de gluten, et le blé d'Egypte, dur également, en donne 20,6, nous \oyons que le blé de Taganrok, signalé comme très-dur, ne donne cependant que 13,6 de gluten.
CompoaMaB «es snaKe* dea ««réalea et des léc«nlacaM«. — Nouï'
joindrons aux renseignements précédents sur la composition du blé
ceux que nous fournissent les analyses de M. Boussingault sur les graines des autres céréales.
Compoiition des grains de diverses céréales^ d'après M. Boussingault.
NATURE
DU GHAW AMALYSK.
Seigle
Orge
Avoine. ... . .
Maïs
Riz
Glnten
Amidon
et
et
albumine
dextrine.
Matières grasse».
Ligneux et
celluluse.
Substances
minérales.
Eau.
ia,o
OBSERVATIONS
Hêoollé A Berhelbronu.
Id.
Id.
Récolté à Hagtienau.
— en Piémont.
A côté de ces analyses portant sur les graines des céréales viennent se placer naturellement celles qui ont trait aux graines des légumineuses, que nous résumons dans le tableau suivant :
Composition des grains de diverses légumineuses, d'après M, Boussingault.
NATURE
UES 6RAI?(B A.NALTSÉS.
Légumine.
Amidon
et dextrine.
Matières grasses.
Ligneux
et cellulose.
Sel».
Eau.
Haricots blancs . . .
Pois jaunes
Lentilles
Fèves de marais. . . Féveroles
Vesces
Composition de dlverseii gaines oléaglneoscs- — La composition
immédiate des graines de colza varie beaucoup, suivant les provenances.
Huile
Matières organiques non
azotées 12,4)
Matières organiques azo- f
tées 17,4 (
Ligneux 5,3 )
Sels minéraux 3,9
Eau 11,0
Graines d'.\lsace.
Graines do Saumnr.
Graines de Kello-Ile.
On ne relire, en moyenne, de cette plante, dans J'industrie, que 32 pour 100 d'huile, et il reste dans le tourteau :
Huile 14,1
Matières organiques 66,2
Sels minéraux 6,5
Eau 13,2
Ces matières organiques renfennent . d*après MM. Soubeyran et Girardin, 5,5 d'azote, c'est-à-dire 34 pour 100 de matières albuminoïdes excellentes comme aliment. Les cendres de tourteaux de graines (le colza renferment 46 pour 100 d'acide phosphorique.
On doit à M. Cloëz la détermination de la teneur en huile de diverses espèces de graines oléagineuses; nous reproduisons les résultats qu'il a obtenus dans le tableau suivant {Bull, de la Soc. chim., 18(55) :
Hiche$se en huile de cinquante espèces de graines oléagineuses.
NOMS DES PLANTES
Coprals
Cardon • • . .
Bardane
Madi
Hélianthe •
Ram-iil)
Douce-amère
Stramoine
Paulonie . •
Sésame blanc de Tlnde.
Moldavique
Olives
Houx
Cotonnier
Êparge
Bancoul (décortiqué) . . •
Ricin (décortiqué)
Croton
Lin
Pistaches
Marron d'Inde
Fusain
Thlaspi
Camelime.
voity*
de l'hectolitre
de graiu.
kij.