‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 44 sur 228 · ABSORPTION DE LEAU PAR LES RACINES. U · texte numérisé non relu

ABSORPTION DE LEAU PAR LES RACINES. U

pression s'est élevée jusqu'à 3 atraosplières dans une bille de billard et jusqu'à 5 avec un bloc de pierre litliogmphique, mais le marbre n'a rien produit.

» Lorsqu'on veut opérer avec des substances pulvérulentes, on les tasse dans un vase poreux de pile AA (fig. 18), au moyen d'un man- (li-in et à coups de maillet ; on dispose le manomèli-e OBB'D dans leur

intérieur, comme on l'a fait précédeimiient pour la craie, et l'on ferme l'ouverlme du vase avec un bouchon de bois GG, que l'on mastique avec le plus grand soin. L'expérience se fait comme avec les corps solides, en plongeant tout l'appareil dans l'eau, et le manomètre monte de la même manière jusqu'à 3 atmosphères et demie environ, avec de la terre ou dti blanc d'Espagne, et presque à 5 avec l'oxyde de zinc. L'amidon a produit rapidement une pression égale à 6 atmosphères, et qui continuait encoi-e à s'élever lorsque, la nuit survenant, j'iù quitté le laboratoire. Elle a dû s'accroître considérablement ensuite, car, au matin suivant, j'ai trouvé le vase biisé, ses éclats et la poudi'e projetés au loin, et la plupart des objets voisins renversés. »

Ces expériences nous dévoilent ce qui arrive quand la graine germe et qu'elle pous.se dans la terre ses premières racines : le tissu très-fm.

i6S DU DËVELOPPEliENT DES VÉGÉTAUX.

très-délié, qu elle présente, exerce, vis-à-vis de la terre humide, le rôle de la brique ou de la porcelaine dégourdie sur Veau d'un précipité, le rôle de la terre de la pipe sur T humidité de la bouche ; l'eau pénètre ainsi dans Tintérieur de la plante avec une énergie remarquable, et l'action ne cesse qu'autant que les tissus gorgés d'eau opposent à l'arrivée d'une nouvelle quantité de liquide une force égale à celle qui est mise en jeu dans la racine.

rieon de la ▼i^ae. — Si l'on cherche, en s' appuyant sur les considérations précédentes, à concevoir le mécanisme de l'écoulement de la sève que présentent certains arbres au premier printemps, on remarquera qu'au moment où la végétation se réveille, elle détermine dans ces végétaux l'apparition d'un nouveau chevelu, dont les tissus, extrêmement fins et déliés, se trouvent, par rapport à la terre arable, dans les mêmes conditions que le plâtre sur lequel on dépose l'amidon pour le faire sécher. Il y a transport de l'eau de l'amidon au plâtre, comme de la terre à la racine; l'attraction capillaire détermine le mouvement, et l'eau pénètre dans les pores étroits du tissu nouveau, comme elle s'introduit dans la bille d'ivoire ou dans la pieiTe calcaire employée par M. Jamin \ le courant s'établit, et si l'on diminue tout à coup la résistance qu'il rencontre dans les tissus des branches en faisant une section, on ne tardera pas à voir se produire cet écoulement désigné sous le nom de pleurs^ et qui* se remarque particulièrement au moment de la taille de la vigne (1) .

§ AS. — DE l'évapohation de l'eau par les feuilles (2).

Le mouvement éleva toire de l'eau est encore activé par la puissance d'évaporation que possèdent les feuilles : celte fonction importante a été étudiée depuis longtemps, car les premières expériences, dues à S. H. Woodward, datent du xvii^' siècle [Philosophical Transactions^ n° 253).

Tra^aas de iv<N»dward. — Dans dcs flacons remplis d'eau qu'on renouvelait à mesure qu elle s'évaporait, le physiologiste anglais plaça diverses plantes aquatiques qui furent exposées les unes et les autres

(1) Le lecteur désireux de poursuivre ce sujel lira avec avantage la Statique des végétaux de Haies, la Physique des arbres de Duhamel, enfln les deux leçons de M. Jamin, auxquelles nous avons emprunté plusieurs passages de ce paragraphe.

(2) Nous n'avons pas craint de donner à ce sujet un assez grand développement, car les résultati publiés en Angleterre par M. Lawes, dans the Journal of the Horticullural Society of London, vol. VI, part. \\\ et IV, paraissent peu connus en France.

à raction du soleil, sur une fenêtre. Pour eaipêcher Tévaporalion de la surface libre du liquide, on recouvrit les vases d'un disque percé d'une ouverture étroite donnant passage à la plante, dont les racines étaient plongées dans le liquide.

Les expériences durèrent du 20 juillet 1091 au 5 octobre de la même année; on obtint dans une des séries d'essais les nombres suivants :

Noms des planUff

ft PoiiU primitif Poids final F.au

nature de l'eau de la plante en (•vapon^n

dans laquelle elles végétaient. en grammes. grammes. en grammes.

Menthe dans Teau de source i,72 2,68 163,ti

— dans Teau de pluie 1,79 2,88 192,3

— dans l'eau de la Tamise. .. . 1,79 3,45 159,5 Morelle des jardins dans l'eau de

source 4,41 6,78 235,3

Laihyrus dansreau de source 6,27 6,46 160,0

Un des points importants étudiés dans ce travail est relatif à l'influence qu'exerce la composition des eaux sur Févaporation et sur la croissance des plantes qui y végètent. Six plants de menthe furent laissés dans des flacons d'eau préalablement pesés, pendant huit semaines ; on obtint les résultats suivants :

Âugmeniaiion de poids et évaporalion desjeis de menthe dans des eaux

de diverses compositions.

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