fi
En résumant ces expériences, on voit que pendant la germination les graines diminuent toujours de poids ; on voit encore que cette perte porte surtout sur le carbone, l'hydrogène et Toxygène; l'azote se trouve à peu près en même quantité dans la jeune plante et dans la graine dont elle provient. Si l'on veut enfin aller plus loin et conclure, d après la perte éprouvée par la plante, la nature des gaz émis, on reconnaît que la quantité d'oxygène dégagé est toujours suffisante pour transformer l'hydrogène en eau, de telle sorte qu'on peut représenter sans cnùnte d'erreur la perte par de l'eau et du carbone ; l'oxygène de l'iùr intervient pour brûler ce carbone et l'amener à l'état d'acide carbonique, et occasionne le dégagement de chaleur qui accompagne toujours la germination.
Sous l'influence de cette combustion, les principes immédiats des végétaux éprouveiu à leur tour des modifications profondes qu'il nous reste à étudier.
DE LA GERMINATION. li
S i. — DES MODinCATIONS QUE SUBISSENT LES PRINCIPES UIMÉDUTS
PENDANT LA GEBMINATION.
Peodant la germination, les principes insolubles contenus dans les graines deviennent solubles en se modifiant plus ou moins profondé meut ; ils atteignent ainsi les points où apparaissent les jeunes organes auxquels ils fournissent les matéiîaux nécessaires à la constitution des tissuSy dans lesquels s'accomplissent les phénomènes réguliers d'assimilation.
Chacun sait, par exemple, que les grains d'orge employés à là fa* bricatiou de la bière ne renferment plus guère d'amidon lorsqu'ils ont germé, msds bien du glucose et de la dextrine, et que c'est au moment où cette transformation s'est effectuée qu'il faut arrêter la germination ; sans cela le glucose et la dextrine solubles nouvellement formés s'organisent en cellulose insoluble, ce qui occasionne une perte sensible.
C'est sous l'influence d'un principe azoté particulier, la diastase^ découvert par HH. Payen et Persoz, que s'effectue la transformation de l'amidon en dextrine et en glucose. D'après ces auteurs, 1 partie de diastase suffit à modifier plus de 2000 parties d'amidon. On a cru pendant longtemps que l'amidon donnait d'abord de la dextrine, puis ensuite du glucose; mais, d'après les travaux récents de M. Musculus [Arm. 4e chimie et de phys.^ 4* série, t. VI, p. 177), l'amidon donnerait de la dextrine et du glucose simultanément, et l'on pourrait représenter cette transformation par l'équation suivante :
C»Haooat -[. 4H0 = 2(Ci^i^>3) -f- Ç^m^^^O^,
Amidoa. Glaooae. Dextrine.
La première partie du phénomène est donc connue; quant à la cause qoi détermine la transformation ultérieure du glucose ou de la dextrine en cellulose, qui forme les jeunes tissus, elle nous échappe encore absolument ; et bien que nous soyons à chaque instant témoins de semblables modifications, il nous est impossible aujourd'hui d^en prédser le mécanisme.
Les matières grasses subissent elles-mêmes des transformations importantes : elles perdent du carbone et donnent d'abord naissance à du glucose et autres corps semblables, puis ensuite à de la cellulose. La combustion qui accompagne la modification des composés car-
bonés porte également sur les matières azotées qui donnent de Vaspa^ racine^ qu'on rencontre dans un grand nombre de jeunes tissus, ou encore de la solanine^ qui se trouve particulièrement dans les germes des pommes de terre, et qui exerce parfois une action toxique sur les animaux qui se nourrissent de tubercules dont les germes n'ont pas été enlevés.
Les modifications qui surviennent dans les principes immédiats ont été particulièrement étudiées par M. Boussingault pour les graines, amylacés, par M. Fleury et par M. Peters pour les graines oléagineuses.
BzpérIeneMi de ■. Bonaslagavlt Mir les (ratnoi amylaeées dévelo^
pécs dmmm l'obMarité. — Les Dombres suivants se rapportent à une des expériences de M. Boussingault {Ann. dechim.etdephys.^h^ série, t. XIII, p. 219); elle a porté sur des graines et des plants de maûfs géant développés dans l'obscurité.
CompotUion UnmédiaU de graines et de plants de mais développés dans VobscurUé,
POIDS
total.
AMIDOR
et dextrine.
OLDCOei
et sucre.
HUILI.
CXLLULOSB
MATlftaiS
azotées.
MATliBES
minérales.
SUBSTARCBS
iodétenninées.
Grainei
Planta
DilTérencea. . .
U.OOO
- Une autre expérience faite en prenant une seule graine de maïs a donné, après que la plante eut végété pendant un mois dans la chambre obscure, les résultats suivants :
ComposUion immédiate d'une graine et d'un plant de mais géant développés dans Vobscurité.
VOIDS
total.
AMIOOJt
et dextrine.
OLCCnSB.
HCILI.
CBLLULOSB
MATiAaia axotées.
MATiiaas
minérales.
SUnTANCKS
indéterminées.
Graine
Plaot
DiflV^rences. . .
ff36«
O.OtK)
r.'oso
On remarquera que le glucose formé et la cellulose apparue sont
loin de représenter ramidon primitif, et que c'est par conséquent sur cet amidon qu'a porté surtout la perte qui se manifeste par le dégagement d'acide carbonique. On a trouvé un même poids de matière azotée, mais on a fait les dosages au moyen de la chaux sodée (1) , procédé qui donne seulement l'azote et qui n'indique en aucune façon la nature de la combinaison dans laquelle celui-ci est engagé. U est vnd* semblable qu'une partie de cet azote constituait de l'asparagine, car, dans une autre expérience portant sur des haricots, M. Boussingault a pu retirer, après vingt jours de germination d'un lot pesant 201 granmies, 6 ■% AO d'asparagine cristallisée.
BspéarleacM Je ■. VHmrj siv 1m §^tmêmmm •léafllaeMM. — Dans le
mémoire dté plus haut {Ann. de chim» et de phys.^ h* série, t. IV, p. 5) , M. Fleury a étudié avec beaucoup de soin les transformations que subissent les principes immédiats contenus dans les graines oléagineuses.
D attribue aux gnûnes de ricin qu'il a employées la composition suivante :
Eau 6.18
Matières minéralet 3,10
— albuminoUes 20,20
Sucre et corps analogues (pas d'amidon) 2,21
Matières grasses et rèrineuses 46,60
Genulose '. 17,99
Substances indétemunées 3,72
U a suivi les transformations que subissaient les graines de ricin pendant la germination, et il est arrivé aux résultats suivants :
ÉpoqoM à partir da dtinL
Début 1
6 jours 2
11 jours 3
16 jours A
21 jours 5
26 jours 6
31 jours 7
On voit que la matière grasse a été en diminuant d'une façon régulière; le sucre a singulièrement augmenté, ainsi que la cellulose. La matière azotée n'a pas varié de poids ; mais nous ferons remarquer
(1) Vojes plus loin, pour la prati<iue de ce procédé, chapitre VI.
Matière!
Snen
Matières
grassM.
et«nalogiMs.
CellttloM.
albominoldei.
Al, 63
i^ DU DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAUX.
encore que Tauteur a simplement dosé Tazote par la chaux sodée, de telle sorte que la matière albuminoïde était peut-être à Tétat d'asparagine, sans que le procédé employé pour le dosage permît de le constater. La perte de matière sèche a été de 1,466 pour 100.
L'analyse immédiate du colza, sur lequel l'auteur a fait sa seconde série d'essais, a donné les nombres suivants :
ANALYSE IlIKtolATE.
Eau S,081
Matières minérales 2,918
Matières albuminoïdes 19,078
Sucre et corps analogues (pas d'amidon) 7,232
Matières grasses et résines A6,001
CeUulose 8,258
Substances indéterminées 8,â32
Les graines ont présenté, aux diverses phases de la germination, les compositions suivantes :
Sncre Matières
Opérations. Huile. rt analogues. CeUuloM. albuminoïdes.
La matière grasse ne s'est détruite ici qu'avec une certaine lenteur : la plante, longue de 7 à 8 centimètres, contenait encore 30,90 de matière grasse; les tissus renfermaient donc une véritable émulsion.
D'après M. Fletiry, la matière grasse accumulée dans les graines n'a pas seulement pour rôle de servir à cette combustion qui accompagne la germination ; elle est utilisée à la fabrication des nouveaux matériaux qui doivent constituer les jeunes tissus.
La combustion qui a lieu pendant la germination des graines oléagineuses est très-active. M. Fleury calcule que 100 grammes de graine de colza ont perdu eu sept jours 17 «% 66 de matière grasse, soit 2*', 52 par jour. — Une expérience faite sur le ricin en serre a montré que 400 grammes détruisent en huit jours S6^', S2 de matière grasse, soit A*',29 par jour. — Les semences d'Euphorbia lathyrh ont germé en dix-huit jours et ont transformé 30,69 de matière grasse pour 100 de leur poids, c'est-à-dire 1,70 par jour.
CxpéHcMes dv dtoctevr Pcccn. — Le docteuT Ed. Peters (cité par M. Sachs, Phys. végét., p. 390) a publié un travail analytique important sur la germination de la courge. Il fit germer les graines dans la sciure de bois, afin de les nettoyer plus facilement, et les examina à trois périodes distinctes.
I. Lorsque les racines principales étaient longues de 2 à A centimètres, mais n'avaient pas encore produit de racines secondaires, Taxe liypocotylé était encore très-court, et les cotylédons enfermés dans le testa.
IL Lorsque les cinq ou six premières racines secondaires avaient 2à 3 centimètres de longueur, l'axe hypocotylé commençait à s'allonger et les cotylédons devenaient verts à la base.
111. Lorsque les cotylédons bien épanouis étaient d'un beau vert, tout le système des racines du germe était développé ; Taxe hypocotylé ayait atteint sa longueur finale, et la première feuille commençait i s'épanouir. La dernière période de développement se faisait sous l'influence de la lumière.
Les pertes pendant la végétation représentent :
!■« période 0,43 pour 100 du poids de la graine.
2« période ?.. 11.20 —
3« période 21,80 —
Compostlidfi deiOO parties de la graine et du germe du Cucuriiîta pepo, d'après Peters (1).