‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 55 sur 228 · FORMATION DES PRINCIPES IMMEDIATS DANS LES FEUILLES · texte numérisé non relu

FORMATION DES PRINCIPES IMMEDIATS DANS LES FEUILLES

carbonique décomposé, et qu elle devrait être plus grande si Foxygène provenant de la réduction de T acide azotique venait s'ajouter à l'oxygène dû à la décomposition de l'acide carbonique. Il est donc probable que l'oxygène de l'acide azotique réduit attaque un des hydrates de carbone. On remarquera en effet que si l'on compare la composition du glucose et de Vacide azotique, qu'on suppose réagir l'un, sur l'autre, à celle de l'albumine, on trouve qu'au moment de la réaction, il a dû se séparer de l'acide carbonique et de l'eau.

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v^étMoc, ete. — Il est vraisemblable que c'est du glucose formé directement dans les feuilles que dérivent les principes hydrocarbonés qu'on y rencontre, la cellulose et ses modifications, cutine, cuticule, matière incrustante, etc. , et même les acides organiques qui existent dans les feuilles et qui paraissent provenir également de l'oxydation du glucose : tel est notamment l'acide oxalique, qu'on prépare si aisément dans le laboratoire par l'oxydation des hydrates de carbone (sucre, glucose, amidon, cellulose). La synthèse des autres acides qu'on trouve dans les feuilles, acide malique, acide citrique, etc., n'a pas encore été effectuée ^ il est possible qu'ils dérivent de l'oxydation de matières plus complexes, telles que les composés pectiques dont le mode de formation nous est encore inconnu.

Quant à l'acide formique, qui donne aux feuilles d'ortie leurs propriétés corrosives, on conçoit non-seulement qu'il provienne de l'oxydation des hydrates de carbone, et alors son mode de formation dans les plantes serait analogue à celui qu'on suivait autrefois dans le laboratoire quand on oxydait l'amidon pour l'obtenir, mais encore qu'il soit formé directement par l'union de l'oxyde de carbone et de l'eau, d'après la réaction mise en lumière par M. Berthelot.

Le mode de formation des bases qui existent dans les feuilles est complètement inconnu. Si nous prenons un exemple dans le tabac, nous n'avons pas, jusqu'à présent^ plus de raison pour admettre que la nicotine provient d'une modification de l'albumine plutôt que de l'action de l'acide nitrique sur un composé carboné produisant une matière quaternaire bientôt privée d'oxygène par réduction ultérieure.

Il est vraisemblable que toutes les bases organiques se forment dans les feuilles, et que lorsqu'il y a intérêt à les extraire des grains, c'est tout simplement parce qu'on profite, dans ce cas, de la concentration dans ces organes de tous les principes élaborés pendant la durée de la végétation.

La recherche du mode de formation des principes immédiats dans

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les feuilles a été à peine entreprise jusqu'à présent, et, comme on vient de le voir, nous ne pouvons énoncer sur ce sujet que des probabilités, sans apporter aucune preuve à l'appui das opinions émises.

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