‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 58 sur 228 · ÉPOQUES · texte numérisé non relu

ÉPOQUES

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22 mars 1859. ...

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Dans les tiges étêtées, dépouillées de leurs feuilles, la quantité totale d'azote augmente jusqu'à l'époque de la formation des graines, puis diminue ensuite, et tombe au-dessous de la quantité trouvée au moment de la première observation, tandis que le poids de la matière sèche triple dans le même laps de temps.

Les sommités des rameaux seules offrent un accroissement constant et toujours considérable depuis la première jusqu'à la dernière observation. Ainsi le 20 juin les sommités des rameaux renferment près de 100 kilogrammes d'azote combinés sur les H 7 que renferme la récolte totale, tandis que le 22 mars, sur les 87 kilogrammes que renfermait le colza, les sommités des rameaux n'en contenaient pas tout à fait 12.

« Si dans la récolte entière on voit, à partir de l'observation du 6 mai, la quantité totale d'azote diminuer, il est naturel de l'attribuer à ce que, dans les dernières observations, une partie des feuilles mortes a disparu et n'a pu être recueillie.

» Il est curieux de voir qu'en négligeant, dans l'observation du () juin, la quantité d'azote contenue dans les feuilles mortes, on retrouve exactement la même quantité totale d'azote dans la récolte du 6 juin et dans celle du 20 juin, malgré les grandes différences que Ton observe dans les différentes parties ; ce qui semble indiquer qu'à partir de la première de ces deux époques, les principes azotés de l'organisme de la plante, abstraction faite des transformations qu'ils y peuvent encore subir, n'éprouvent plus d'accroissement important, mais obéissent à une action qui tend à les entraîner de la base de la plante vers la partie supérieure. »

Nous extrayons encore du mémorable travail de M. Is. Pierre, sur le développement du blé, le tableau suivant, dans lequel nous voyons la matière sèche d'abord, contenue pour moitié dans les feuilles, arriver ensuite aux tiges et aux sommités des rameaux.

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20 juin

Migration des matières organl^acs dans le blé. — LeS COnclusions

du travail du savant doyen de la Faculté des sciences de Caen ont une telle importance, que nous les reproduisons en entier (Delagrave, Recherches expérimoitales sur le développement du blé^ 1866) :

») V Quinze à vingt jours au moins avant la moisson, le poids total de la récolte, prise en masse et dans son ensemble, cesse d'augmenter.

» 2** Pendant ces quinze à vingt jours, Tépi emprunte aux différentes parties de la tige qui le supporte à peu près tout l'accroissement de poids qu'il éprouve.

» V II semble résulter de laque, plusieurs semaines avant la moisson, la vie de la plante est une vie tout intérieure, dans laquelle l'intervention du sol, et en général des agents extérieurs, doit être peu importante (1), que la plante doit contenir alors toute sa provision de substance, et que les derniers efforts de la vie végétative ne semblent plus avoir alors d'autre but et d'autre effet qu'un complément d'élaboration et une répartition différente des principes nutritifs de la plante, principalement au profit de la graine.

(1) Nous verrons plus loin que hous différons ici d'opinion avec M. Is. Pierre, et que c'est pour nous, sous l'influence de l'évaporatiou déterminée par la lumière, qu*a lieu le transport des éléments dans la plante. Il est pfossible, au reste, que, dans l'esprit de M. Is. Pierre, le mot « agent extérieur » doive s'entendre surtout des engrais qui ne peuvent avoir à ce moment aucune utilité sur le développement de la plante, ainsi que la pratique agricole l'a reconnu depuis longtemps.

MIGRATION DES PRINCIPKS AZOTES. 201

'> A"" Dans.les feuilles considérées à part et toutes ensemble, la diminution de poids, quelle qu'en soit l'explication, parait commencer environ quatre semaines avant la moisson.

)> 5*" Une diminution analogue se manifeste également dans les entrenœuds supérieurs dépouillés de leurs feuilles. »

Quant aux migrations de l'azote, voici à quels résultats ont conduit les nombreux dosagas exécutés :

u La pi-oportion d'azote contenue dans un kilogramme de chacune des parties de la plante éprouve une diminution graduelle et rapide à mesure que la plante avance vers la maturité. (Les épis pleins et complets forment une exception, sur laquelle nous reviendrons plus loin.)

)> Si au lieu de suivre une même subdivision de la plante aux diverses époques successives d'observation, nous comparons, à une , même époque quelconque, les subdivisions de même nature, soit les diverses feuilles entre elles, soit les nœuds entre eux, soit les entrenœuds, en descendant du sommet de la plante vers la base, nous obsenons également une diminution progressive de richesse dans les entre-nœuds successifs, aussi bien que dans les feuilles et dans les nœuds, en sorte que les parties ayant ternnné le plus anciennement leur développement sont toujours les plus pauvres en azote.

)> Cet appauvrissement ne peut pas ôlre attribué uniquement, comme on pourrait être tenté de le faire, à une augmentation du poids des parties, augmentation par suite do laquelle la même quantité d'azote, répartie entre un plus grand nombre de kilogrammes, en fournirait naturellement moins à chacun d'eux ; en effet, le poids total des feuilles, celui des nœuds et celui des entre-nœuds éprouvent eux-mêmes, pendant les quatre dernières semaines qui précèdent l'époque de la moisson, une très-notable diminution.

)) C'est surtout l'absorption due au développement de l'épi qui est la principale cause de l'appauvrissement que nous venons de signaler dans les autres parties.

» Poids total de Fasote. — Pendant le dernier mois, ceitaiiies pallies en ont perdu les trois quarts de ce qu elles en contenaient auparavant, principalement les parties supérieures, les plus jeunes, celles dans lesquelles les phénomènes de la vie s'accomplissent avec le plus d'activité (1) .

» Mais, tandis que les autres parties de la plante perdent ainsi la

(1) Les épis ne sont pas compris dans ceUe appréciation.

202 Di; DEVELOPPKMKNT DKS VEGETAUX.

• majeure partie de leur azote, Tépi en gagne énormément pendant le même temps. (Dans les expériences exécutées par M. Is. Pierre, en 1864, il en a gagné, pendant le dernier mois, environ 200 pour 100.) C'est donc par suite d'un phénomène de transport vers Vépi que le reste de la plante perd, pendant les dernières semairies, les deux tiei^s de son azote. Le poids total de l'azote contenu dans la récolte entière (épis compris) paraît atteindre son maximum environ un mois avant la maturité du blé. Le poids total de l'azote contenu dans la totalité des feuilles ou dans la totalité des tiges nues^ après avoir progressé jusques après la floraison, commence à décroître ensuite d'une manière continue plus de six semaines avant la moisson. »

A ces résultats si nets et si précis, nous pourrions ajouter ceux que

• nous ont donnés nos recherches sur la migration des principes hydrocarbonés, mais nous préférons ne les résumer que lorsque nous aurons étudié les causes mêmes de cotte migration.

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