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546. — Cette troisième condition dérive d'abord du texte même de la loi.
L'article 1289 dispose que la compensation s'opère, lorsque deux personnes se trouvent débitrices l'une envers Vautre.
Et l'article 1 294, second alinéa, le complète, en disposant qu'il ne suffit pas que ces deux personnes soient débitrices personnellement l'une envers l'autre, et qu'il faut, en outre, qu'elles soient débitrices principalement.
La raison logique de la compensation l'exige, en effet, ainsi.
C'est par leur rencontre, que les deux dettes s'entredétruisent.
Or, cette rencontre ne peut avoir lieu qu'autant que les deux dettes se trouvent, en quelque sorte, sur le même plan, et, pour ainsi dire, face à face!
C'est-à-dire finalement que, pour que la compensation légale s'opère, il faut, suivant la formule que nous avons proposée, que le créancier de l'une des dettes soit le débiteur personnel et principal de l'autre dette; et réciproquement, que le créancier de cette dernière dette soit le débiteur personnel et principal de la première.
547. — Cette formule nous paraît préférable à celle que plusieurs jurisconsultes emploient, en disant que les créances et les dettes à compenser doivent être personnelles à celui qui oppose et à celui auquel est opposée la compensation. (Comp. Toullier, t. IV, n°3?5; Duranton, t. XII, n° 423; Zachariae, § 736, note 8.)
Il faut prendre garde effectivement de ne pas confondre la compensation elle-même et les conditions requises par la loi pour qu'elle s'opère, avec l'effet de la compensation, lorsqu'elle est une fois opérée.
Or, nous craindrions que la règle, proposée dans les termes, que nous venons de rappeler, ne favorisât cette confusion.
C'est pour que la compensation s'opère, qu'il faut que les deux personnes soient personnellement et principalement débitrices l'une envers l'autre.
Mais une fois la compensation opérée entre elles, par l'accomplissement de cette condition, toute personne intéressée à ce que l'une et l'autre des dettes soient éteintes, peut évidemment opposer la compensation (art. 1234- 1290.)
Paul doit 10 000 fr. à Pierre.
El je suis la caution de Paul.
Il arrive que Pierre doit lui-même 10000 fr. à Paul.
Ma dette personnelle comme caution envers Pierre, est-