‹ Cours de droit administratif contenant l'exposé et le commentaire de la législation administrative dans son dernier état avec la reproduction des principaux textes, dans un ordre méthodique (Tome second) (volume 2)Chapitre 295 sur 630 · MONOPOLE DES ALLUMETTES CHIMIQUES · texte numérisé non relu

MONOPOLE DES ALLUMETTES CHIMIQUES

1233. 11° L’État possède, en vertu de la loi du 2 août 1872, le monopole de l’achat, la fabrication et la vente des allumettes chimiques. La ressource nouvelle demandée par le Trésor à cette matière imposable a subi dès sa première année d’existence, de septembre 1871 à septembre 1872, de nombreuses et profondes vicissitudes. — C’est la loi du 4 septembre 1871 (art. 3, 4 et 5 [voir n° 1 231 J) qui la première a établi un droit sur les allumettes ; un règlement d’administration publique du 28 novembre 1871 fut rendu pour son exécution. — Moins de cinq mois après cette première loi, celle du 22 janvier 1872 (art. 4) venait modifier cet impôt; «Nous nous sommes aperçu, dit alors le ministre des » finances, que le prix de vente avait été porté, avant même que » la perception du nouveau droit fût établie, de 1 sou à 2 , de » 2 à 3, de 3 à 4. Nous nous sommes dit : le consommateur paie

» un sou de plus par boîte , quel qu’en soit le contenu Nous

» avons pensé que les circonstances impérieuses où nous sommes » nous autorisaient à demander 4 centimes pour le Trésor, en lais- » sant seulement 1 centime au producteur pour équilibrer ses » frais ». Un second règlement d’administration publique, du 29 février 1872, vint aussi et en conséquence modifier le premier.

Enfin, six mois après, cette seconde loi a été remplacée par une troisième. Le rapport de la commission de l’assemblée, qui concluait au vote de cette troisième loi, résume ainsi la situation créée par les deux premières : « Inefficacité de la loi pour le re- » couvrement de l’impôt , aggravation des charges du consom- » matcur, et en meme temps trouble profond dans l’industrie. » Cet état de choses ne peut subsister plus longtemps dans l’in- » rôt du public, dans l’intérêt de l’État, dans l’intérêt des fabricants » eux-mêmes, qui voient chaque jour diminuer entre leurs mains

» l’importance de leur fabrication Le seul moyen d’atteindre

» le but a paru consister dans le monopole de la fabrication et de

» la vente des allumettes » C’est ainsi que la loi du 2 août 1 872,

dans un intérêt financier, a été amenée à ajouter ce nouveau monopole à celui des tabacs, des poudres et salpêtres, des postes. Mais le législateur a dû accepter la charge de l’expropriation des fabricants; d’une part, la fabrication s’opère non par l’État luimême, mais par entreprise, et l’adjudication a été prononcée au profit d’une société pour le prix de 15 millions; d’autre part, la vente est directement faite aux intermédiaires par le concessionnaire du monopole.

Une quatrième loi du 15 mars 1873 est venue modifier les prix

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