Voy. Ux contrats Pt leti obligations, p. 711 et suiv
LOCAGR d'ouvrage 475
L'idée de la représentation d'une personne par une autre, tel est le trait caractéristique du mandat; le mandataire agit comme représentant du mandant; celui-ci se fait représenter dans certaines circonstances ou pour certains actes : ii fait accomplir par le mandataire, et au nom du mandataire, ce qu'il ne peut ou ne veut faire lui même. Là où l'idée de la représentation par autrui apparaît, il y a mandat ; là où elle fait défaut, il n'y a pas mandat.
Dès lors, aucune confusion n'est possible entre le mandat et le louage. Le mandataire sert le mandant en agissant pour celui-ci et en son nom, tandis que la personne qui loue ses services ne représente pas celle à laquelle elle les loue. La différence est fondamentale.
650. En général, on signale entre les deux contrats une autre différence, qui aurait une grande importance si elle existait réellement.
Le louage d'industrie, dit-on, est essentiellement salarié. Le conductor rémunère nécessairement les services rendus par un loyer, par des gages, par un salaire (article 1710). Le louage d'une chose sans loyer serait un prêt ; le louage de services sans salaire serait un simple acte d'ami.
Or il en est autrement du mandat : n Le mandat est gra- « luit, dit l'article 1986, s'il n'y a pas convention contrai- « re. » Donc la gratuité est de la nature du mandat.
Mais cette différence n'a rien d'essentiel. Rien ne s'oppose à ce que le service rendu par un mandataire soit rémunéré ; on est alors en présence d'un mandat salarié. A Rome, le mandat ne pouvait être que gratuit '. Mais la règle romaine n'a plus cours. Qu'un salaire ait été stipulé ou non dans le mandat, la nature du contrat et des rapports qui en découlent est toujours la même ; elle résulte de l'idée de représentation. L'avocat qui plaide un procès, le médecin qui soigne un malade, l'artiste qui peint un tableau ne représente pas son client ; il accomplit un acte de sa profession, après avoir pris l'engagement de l'accomplir au profit d'autrui ; il joue le rôle d'un /ora/or d'ouvrage. Que le travail entrepris soit d'un ordre plus ou moins relevé, le contrat n'en reste pas moins le même 2.