DES OBLIGATIONS DE TENIU DES LIVRES
parties simples ou eu- parties doubles. La tlif- cières pour leur prix, soit de la caisse, si elles
férencc de ces deux modes consiste en ce que, ont ôlé payées, soit des eiïets à recouvrer, si
dans la tenue en parties simples, les débiteurs racheteur a réglé de cette manière, soit enfin
et les créditeurs sont énoncés seuls cl isolé- de cet acheteur, s'il a obtenu crédit sans sous-
ment, sans que les écritures |)résentent Topé- crirc ou fournir des effets. Mais si la vente a
ration dans son ensemble : ainsi Ton écrit, doit excédé le coût, il reste sur le compte de la
t(?i feZ, AVOIR unie/, sans désigner quels sont les marchandise vendue, un excédant de valeur
rapportsdelanégocialionainsiénoncée,avecles qui est le bénéfice, et qui se solde en le Irans-
objets qui composent la fortune du commerçant. portant au compte ^;ro/tf a- cl perles, du côté des
La tenue des écritures en parties doubles est profits. Dans le cas contraire où , soit la détéplu8 exacte, parce que, présentant tout l'actif rioration, soit la dépréciation des marchandiet tout le passif dans leurs divisions respecti- ses, soit toute autre cause, aurait occasionne ves, il ne peut être porté un article à un compte, un déficit, il est transporté du côté des pertes, qu'il ne faille en passer un correspondant quel- S'il entre chez un coinnierrant des eflets que autre part. Elle offre un tableau complet qu'il garde à sa disposition , leur compte doit de chaque opération, et fait ressortir, des rap- ce qu'ils ont coûté ou ce (ju'ils représentent, ports et de la comparaison des divers comptes soit à la caisse , soit aux choses fournies en qui marchent tous d'un pas égal, un solde pré- contre-valeur ; et s'il en sort , ce compte est cédé des preuves de son exactitude. En effet , créancier, soit de la caisse, s'ils ont été venchaque opération commerciale est nécessaire- dus au comptant, soit des objets achetés et ment composée et met deux intérêts en quel- payés avec ces effets , soit des personnes à qui que sorte en présence. La tenue des livres en ils ont été cédés en compte ou à crédit. En un parties doubles , présentant toujours cette mot, c'est une règle constante de comptabilité opposition d'intérêts, est seule complète; elle a commerciale, qu'une chose entrée sous une seule la faculté d'avoir prouvé son exactitude dénomination, doit sortir sousla même dénomiau raisonnement, avant de l'avoir démontrée nation, quelquesoitru8ageauquelonrappli(jue. aux yeux, par le calcul ou la vérification ulté- Tel est ce système des parties doubles, rieure.Labase fondamentale de ce mode d'écri- dans lequel un compte sert de contrôle à l'aulures, et la seule condition qui soit requise, est ire, parce que rien n'a pu entrer dans la de décrire tout ce qui se fait , et rien (pièce qui caisse, sans éteindre une créance active , sans sefait; de ne passer aucune écriture sans établir être le prix d'une valeur aliénée, ou sans cor- Ic compte des deux agents de l'opération. Par respondreà un profit; réciproquement il faut cenioyen, celui dontles spéculations portentsur que tout article passé au débit ait son corresune grande quantité de choses ou de négocia- pondant dans le crédit d'un compte quellions diverses, est à même de connaître non- conque, ce qui facilite la vérification et préseulement sa situation générale, mais encore vient les erreurs. Parce moyen, chacjuc jour, la situation de chaque opération particulière. le commerçant est en état de se rendre un
Ainsi , lorsqu'un commerçant reçoit de compte détaillé de sa situation avec chaque
rargent,la caisse est débitrice, soit envers quel- correspondant, et surtout avec lui-même;
qu'un quia versélasomme, soit envcrsunechosc chaque jour il peut voir quelle branche de son
vendue, dont le prix est entré dans la caisse ; coinmercedonncduprolitoudelaperle,etnoii-
lorsqu'il en sort, la caisse est créancière ou des seulement s'ilgagnc, mais où passent les profils, choses achetées , ondes obligations acquittées. Nous excéderions les bornes de l'objet de
S'il entre des marchandises chez un com- notre travail, si nous donnions [)lus de déve-
merçant, elles doivent à la caisse le prix de lopi)emenls à ces notions sur la tenue des
leur achat; et s'il en sort, elles sont créan- livres, rsous ne les avons offertes que i)arcc
1>AUT. I. m . IV. (;IIM>. I. SKCT. V.
COM. C. II
qirclles peuvent cire ulile» ixuir conipnîiidrc ce (lui sera dit (lanT la suite sur les conii>lC8 courants et sur les autres opérations de comptabilité commerciale.
SECTION III
Des ohl'irjaUons relatives à la correspondance.
89. On ne peut concevoir un commerce d'une certaine étendue, sans correspondance; et il est inutile d'expliquer l'intérêt que doit avoir un commerçant, à se souvenir de ce qu'il a écrit, à prouver ce qu'on lui a mandé. H doit donc transcrire, sur un registre spécial, toutes les lettres qu'il envoie. Ce registre doit être paraphé lorsqu'on l'ouvre , mais il n'est assujetti ni au visa, ni au paraphe annuel. Le 8. CCI 7. commerçant doit aussi , pour que la série de tout ce qu'il traite par correspondance soit complète, mettre en liasses et conserver toutes les lettres missives qu'il reçoit. Les commerçants exacts conservent en outre leurs factures, qui font d'ailleurs en quelque sorte partie delà correspondance, et tous les billets, lettres de change ou mandats qu'ils acquittent. Cette précaution est dans l'esprit de la loi. Il ne suffit pas toujours en effet d'avoir des livres régulièrement tenus , il faut encore que les pièces originales en justifient l'exactitude. C'est d'après les récépissés , les comptes d'achat et de vente , les factures , les lettres de change et billets acquittés , etc., autant que d'après leur correspondance, que les commerçants passent écritures.
SECTION IV
De l'obligation de faire un inventaire annuel.