CHAPITRE XXII. — PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES. COURBURE TOTALE
Si l'on intègre cette formule depuis le point A jusqu'au point B, on a, pour la courbure totale du triangle curviligne fini OAB,
Jk p
\ P /\ /\ /\ O, A, B étant les angles intérieurs de ce triangle. Pour en déduire
la valeur sphérique d'une aire limitée par un contour polygonal
curviligne, fermé et convexe, il suffit de joindre par des lignes
géodésiques les sommets de ce contour à un point intérieur et de
faire la somme des courbures totales de ces secteurs partiels; on
est ainsi conduit au théorème suivant :
Théorème. — La courbure totale d' un segment de sur/ace
limité par un contour polygonal convexe est égale à la somme
des angles intérieurs du contour diminuée d'autant de fois
deux droits qu'il y a de côtés moins deux et de V intégrale
I — étendue à tout le périmètre de ce contour [O. Bonnet,
Mémoire sur la théorie générale des surfaces [Journal de l'Ecole Polytechnique, t. XIX, p. 1 3 1 )] .
Lorsque le contour est formé de lignes géodésiques, l'intégrale
ds
est nulle et la courbure totale est donnée par la même
règle que l'aire d'un polygone sphérique. Ce beau théorème est dû à Gauss (Disquisitiones, § 20); la proposition plus générale d'O. Bonnet s'en déduit immédiatement, en remplaçant le contour donné par un polygone géodésique circonscrit d'un nombre infini de côtés.
103. Expressions diverses de la courbure totale. — i" Coordon-
f nées orthogonales. — Si dans la formule (2) nous remplaçons —
g 1 1 \ èf \ dt? n , et — par leurs valeurs —■> -. — elle devient
Pi S c>v S du
m f9 à (idf\ ^/Lç>£\
RtR2 dv \g dv) du \f du/'
Considérons, comme application, la surface de révolution définie par les équations
x=ucosv, y = usinv, z = <|;(k), ds*= (n- 'ty'*)du*-{- u* dv*, /= y/n- *J/2, g =u.
3j4 QUATRIÈME PARTIE. — COORDONNÉES CURVILIGNES SUR UNE SURFACE.
La formule ( *j) nous donne pour la courbure totale i i i df i d ( i
Ri R2 u f3 du ±u du \/'2
Proposons-nous, par exemple, de déterminer le méridien de
telle sorte que la courbure totale soit constante et égale à—; i ° a2
l'équation précédente donne alors
a- d ( — ] -~ iu du = o,
d'où, en appelant b2 une constante arbitraire,
62 — iS-
C'est l'équation différentielle du méridien; considérons en particulier le cas où les méridiens concourent en un point non singulier de la surface; lorsque le rayon du parallèle s'évanouit, il faut que la tangente au méridien devienne perpendiculaire à l'axe, donc 'Y (u) doit s'annuler pour u = o; on doit donc prendre b2 égal à a2 ; et l'équation (9) devient
dz 1
d'où, en intégrant,
Le méridien est donc un cercle avant son centre sur l'axe; la sphère est donc la seule surface de révolution à courbure constante pour laquelle les points situés sur V axe soient des points réguliers.
On voit qu'une surface de révolution à courbure constante positive coupera toujours son axe en un ou plusieurs points singuliers. Si l'on donne à la constante b'2 d'autres valeurs, on aura une suite de surfaces pour lesquelles les parallèles de rayon nul seront des points coniques réels ou imaginaires {Cf. Darboux, Leçons sur la théorie des surfaces, t. I, £ 72).
Si la courbure totale doit être constante et négative, l'équation différentielle du méridien s'obtient en changeant le signe de a-