Si les trois dérivées partielles du deuxième ordre
^F (PY d^F dx^ dx dy dy*
devenaient nulles en même temps que celles du premier ordre, pour les valeurs attribuées à x et à /, les raisonnements précédents (74-5) montrent qu'il n'y aurait ni maximum ni minimum de la fonction, si les termes du troisième ordre subsistaient.
Si les quatre dérivées partielles du troisième ordre
dx^ dx^ dy dx dy- dy^
s'annulaient, il faudrait considérer les dérivées partielles du quatrième ordre, et il y aurait maximum ou minimum, si Tensemble des termes correspondants conservait un signe invariable.
En poursuivant, on formulera aisément une règle analogue à celle qui a été donnée pour les fonctions d'une seule variable (730). Nous ne nous y arrêterons pas.
748. Cas d'cnb fonction db trofs variables. — Soit la fonction
ç=:zF{x,y,z).
Supposons que a?, /, 5, reçoivent des valeurs telles, que Ton ait à la fois
dF dF dF
dx ^dy dz
Ces valeurs pourront correspondre alors à un maximum ou à un minimum de la fonction F.
En n'allant pas au delà des termes du deuxième ordre et dans l'hypothèse admise, la série de Taylor pourra s'écrire,
en effectuant (687), F(;r + h, y ^k,z+l) — F(x, y, z)
cPF ,, ^F ,, ^F
-f- 2 -; r- fif^ -4- 2 -z r 'il -f- 2
é/of df >' ^x dz dy d
H disparaissant encore devant les autres termes du second membre, pour des valeurs absolues de h, k, l, suffisamment petites.
Pour qu'il y ait maximum ou minimum, il faut donc que le polynôme qui précède R dans le second membre de la formule conserve, dans ces conditions, un signe invariable.
Posons, pour simplifier,
dx^ ~ ' dy^ "^^' dz^ ~~^'
d'^F d^¥ dr¥
dy dz dxdz dx dy
et écrivons en même temps
Nous aurons ainsi, pour le polynôme considéré, en mettant /i* en facteur,
ou, en laissant de côté le facteur |/i* dont le signe est invariable et en ordonnant par rapport à p,
A'p*-f- 2(B(j -h B')p -h ( AV«-f- 2B'(7-+- A).
Quels que soient les rapports arbitraires p et a, il y aura maximum ou minimum, suivant que la valeur de ce polynôme sera constamment négati^^e ou positive.
Or, en le regardant comme un trinôme du second degré en p, il en sera ainsi si Ton a
A'<o (pour le maximum), A'>o (pour le minimum),
en même temps que
Or, la seconde inégalité^ qui doit avoir lieu quel que soit a, revient à
(B«-A'A'')(j«4-2(BB'-A'B')(7-h(B''*-AA')<o.
En regardant le premier membre de cette inégalité comme
un trinôme du second degré en <j, elle sera satisfaite, si Ton
a à la fois
(ce qui entraîne, d'après le signe de A', la condition A'<o pour le maximum et A'' > o pour le minimum), et
(BB'— A'B')'-(B* — A'A")(B''*~AA')<o
(ce qui entraîne B''' — AA'<o et, par suite, A<o pour le maximum et A > o pour le minimum).
La dernière inégalité développée donne, en simplifiant et en divisant ensuite tous les termes par le facteur commun A',
AB« + A'B'« + A''B'*~AA'A'-aBB'B''>o,
suivant qu'il s'agit d'un maximum ou d'un minimum ; car^ dans le cas du maximum, on a A'< o, et il faut, en divisant par A', renverser le sens de l'inégalité {Alg. élém., 215). Ainsi, les conditions du maximum sont
A'<o, B»-A'A''<o, AB»-+- A'B'*-h A'B'*~ AA'A*^— 2BB'B''> o,
et celles du minimum sont
A'>o, B*-A'A'<o, AB*-h A'B'«-+. A'B''»- AA'A'- qBB'B'< o.
On voit donc que la condition
iioit être remplie^ aussi bien pour un maximum que pour un minimum; et, ensuite, que les trois coefficients A, A', A', dois^ent avoir ensemble un signe contraire à celui de l'expression
AB»-hA'B'»+A^B'«— AA'A'— 2BB'B%
leur signe commun étant moins pour un MAXittUtf et plus pour un KUfiHUM.
Di C. — Cours, m. 4a
Nous ne considérerons pas un plus grand nombre de variables indépendantes.
Il arrive d'ailleurs souvent qu'on décide entre le nia\imum et le minimum, en s'aidant de considérations particulières fournies par la nature du problème à résoudre.
7k9. Il n'est pas inutile de remarquer que, si toutes les dé* rivées partielles d'un certain ordre sont nulles, la différentielle totale du même ordre est nulle, puisqu'elle est la somme des produits respectifs des mômes dérivées par les accroissements arbitraires attribués aux variables correspondantes.
Réciproquement, ces accroissements étant indépendants les uns des autres, si la différentielle totale d'un certain ordre est nulle, toutes les dérivées partielles de cet ordre sont également nulles.
On peut donc résumer tout ce qui précède (747) en disant que, pour qu*une /onction atteigne un maximum ou un minimum, il faut que la première différentielle totale qui ne s* annule pas pour les valeurs attribuées aux variables soit d'ordre pair, et qu'elle conserve un signe invariable, qui sera le signe moins dans le cas du maximum et le signe plus dans le cas du minimum.
Applications.
750. 1° Inscrire dans une sphère donnée, de rayon r, un par allé lipipède rectangle dont le volume soit un maximum.
Désignons par 207, 2y, 2z, les arêtes latérales du parallélipipède. Son volume V aura pour expression
(1) \z=iSxyz.
Chacune de ses diagonales étant un diamètre de la sphère circonscrite, on a, en divisant par 4 les deux membres de
l'égalité,
Il en résulte
Si V est maximum, il en est de même de V*. La fonction dont on doit chercher le maximum est donc finalement, en
supprimant le facteur constant 64,
C'est une fonction de deux variables indépendantes x et/.
Pour appliquer les résultats précédents, nous commencerons par chercher ses dérivées partielles du premier et du deuxième ordre. Nous obtiendrons ainsi
dxdy rf*F
= !\r^xy — %x^y — 8 j?/',
df-
Égalons à zéro les dérivées partielles du premier ordre. On peut supprimer, dans la première équation, le facteur commun 2^/* et, dans la seconde, le facteur commun 20?*/. Les solutions correspondantes, a? =0 et / := o, ne conviennent pas, évidemment,.à la question proposée.
Nous aurons donc simplement à considérer le système
11 conduit, en tenant compte de Téquation (2), à
rsjl x^y = z^-^.
Le parallélipipède rectangle inscrit dans la sphère donnée, et dont le volume atteint un maximum, est donc le cube qui a pour arête le tiers du côté du triangle équilatéral inscri dans un grand cercle de la sphère.
C'est ce que nous allons vérifier. Pour qu'il en soit ainsi, il faut que les valeurs trouvées pour a?, j, z satisfassent aux deux inégalités (746)
^F r ^F 1« rf«F ^»F
dy^ ^ ^' L^^ ^/ J ^/' ^^^ ^ ^'
66o ALGÈBRE SUPÉRIEURE.
On trouve, successivement, pour ces valeurs,
dy^ c/j?' 9 ' dx dy 9 '
La seconde inégalité se réduit donc à
et Ton a bien un maximum.
751. Le théorème connu sur le maximum du produit d*un nombre quelconque de facteurs positifs variables dont la somme est constante {Alg, élém,, 292) nous aurait conduit bien plus rapidement à la solution de la question, que la méthode générale que nous venons d'appliquer.
Nous avons, en effet (750),
X*' + y^ -h ^' == /•- — const., et la fonction dont il faut déterminer le maximum est
Il faut donc, d'après le théorème rappelé, qu'on ait
jo —y — ^ ,
c'est-à-dire, puisqu'il s'agit de quantités essentiellement positives,
rv'3
On peut d'ailleurs retrouver comme il suit, en les étendant, les deux théorèmes si utiles démontrés précédemment sur les maximums d'un produit dont la somme des facteurs simples est constante {Alg, élém., 292, 297).
752. 2® Partager un nombre A. en m parties j?, /, -5, ..., f', telles que le produit
(i) 9=zxPy9z''...v^
soit un maximum, les exposants p, ç^ r, ..., ^, étant des nombres positifs donnés, entiers ou fractionnaires.
ALGÈBRE SUPÉRIEURE. 66 t
On a l'équation de condition
et, pour que le produit $ atteigne un maximum, il faut qu'on ait (749)
En appliquant le théorème des différentielles logarithmiques (573) à l'équation (i), il vient évidemment
,„ , . . d9 dx dy dz dv
(On a, en effet, en simplifiant, — j = p J
D'ailleurs, l'équation (2) peut s'écrire
v--=A — X — y — z — ..., d'où
- . d^ — dx — dy — dz — ...
d^ La valeur de -75- devient donc
, ^ . d9 dx dy dz dx -^ dy -h dz -^ , . ,
et l'on a en même temps, en différentiant de nouveau (3 bîs)y .d9 9d'9 — d9^
=-Hf)"-»(f^)'-KT)'--'(T')"
Si l'on fait maintenant e/$=:o dans l'équation (5), pour arriver au maximum ou au minimum de $, on a
, . dx dy dz dx -^dy -\-dz -h , . .
Cette équation sera évidemment satisfaite si Ton a
ou, en renversant et diaprés la relation (2),
(8) -=^z=~=...= ^ = ^ iAlg.élém.,^).
Il faut donc, pour avoir les valeurs de a:, 7, js, . . ., r, qui répondent au maximum de $, partager le nombre donné A €n parties proportionnelles aux exposants respectifs p^ 7, r, . . ., / [Arithm», &.30].
C'est bien un maximum de 9 qu'on obtient ainsi (7{»9); car, pour ces valeurs, en vertu de l'équation (6) et à cause de rf$ = o, on a nécessairement
Si l'on suppose /? = ^ = rr=...= ^ = i, le maximum du
produit
$, z=i xyz . . . i»
s'obtient donc en prenant les m facteurs égaux entre eux et à ~- {Alg. élénu, 292).
et minimums des fonctions implicites de plusieurs variables indépendantes.
753. Supposons n équations renfermant n-\-p variables *^> />*»•••> ^> ^> •• •• Ces équations formeront un premier système
Parmi les n-^p variables, nous pourrons alors en regarder/?, telles que x, jk, 5, . . ., comme indépendantes, et les n autres variables, telles que v^w^ . . ., seront des fonctions des premières, définies par le système (1).
Admettons qu'on veuille trouver spécialement les maximums ou les minimums de la fonction v.
ALGEBRE SUPÉRIEURE. 663
Nous différentierons les équations qui forment le système (i), et nous obtiendrons un nouveau système de n équalionsy qui sera
^ dx dy *^ dz dv dw
pda:+pdy+^dz+...+ ^d^ + pd»' + ...^o, (2) {^ dx dy '^ ds dv dw
^dx+^dy+^dz+...+ ^di>+pdi^ + ... = o.
dx dy "^ dz dv dw
Dans ces équations, dx^ dy^ dzy .. ., sont des constantes, et d{f^ dw, ... y sont les différentielles totales des fonctions
Entre les n équations (2), nous éliminerons les /i — i différentielles totales des fonctions w, ..., autres que la fonction Vy en tenant compte immédiatement de la condition di^ = o, qui répond aux maximums ou aux minimums de cette dernière fonction (749).
Nous parviendrons de cette manière à une équation de la forme
(3) VdX'hQdy-hRdz-h... = o,
où P, Qy R, . . ., seront des fonctions des variables indépendantes Xy y, z, .... Comme les constantes dx, dy, dz, . . . , n'ont entre elles aucune dépendance, Téquation (3) se résout en un nouveau système dep équations
En réunissant les systèmes (i) et (4), on obtient n-i-p équations pour déterminer les valeurs des /i + /? variables, qui répondent aux maximums ou aux minimums de la fonction if spécialement considérée.
Pour reconnaître si les valeurs trouvées ainsi pour v sont des maximums où des minimums, il faudra calculer la différentielle seconde c?*^' etvoir si elle conserve toujours le même signe et quel signe (74-9).
754. Il est clair que l'analyse précédente renferme le cas où Ton a à considérer des fonctions de plusieurs variables indépendantes liées entre elles par d'autres équations.
En faisant tout passer dans le premier membre de chaque équation, on transformera, en effet, les premières fonctions en fonctions implicites, et Ton obtiendra un système analogue au système (i) [753], avec cette seule différence que les équations qui lient les variables indépendantes ne renfermeront pas les fonctions proposées de ces variables.
ALGEBRE SUPÉRIEURE. 665