CHAPITRE XXI DIRECTION D'UN PENSIONNAT
Dans plusieurs écoles, l’instituteur ou l'institutrice se trouve obligé de recevoir des pensionnaires ; c’est une responsabilité considérable, qui exige un grand dévouement et une vigilance exacte. Qui dit pensionnat, dit règlement scrupuleusement observé. Pendant l'étude, que les élèves emploient bien tous les instants ; pendant les prières, qu’ils ne perdent pas en communauté la piété qu'ils ont puisée au sein de leur famille ; durant les repas, qu'ils pratiquent tout ce que demandent la propreté et la politésse. Mais il est deux choses qui requièrent une attention particulière de celui qui dirige un pensionnat : les Récréations et le Dortoir. Ce sont les lieux et les moments les plus critiques pour les enfants. Du zèle, du tact, de la discrétion, une surveillance sans relâche, mais qui ne pèse point aux élèves : voilà ce qu'il faut surtout, Que le Directeur voie tout, qu’il devino ce qui peut lui échapper, qu'il mûrisse toutes ses démarches, toutes ses paroles, toutes ses décisions, qu’à une bonté paternelle il joigne une fermeté, une volonté inébranlable : alors les émeutes seront inconnues, les révoltes impossibles, les déscrdres graves bien rares.
Les préférences trop marquées, les amitiés particulières doivent être sévèrement proscrites, mais toujours avec prudence ; on ne doit pas non plus ordinairement permettre à des élèves de se séparer de la communauté.
Le dortoir doit être suffisamment spacieux et Lien aéré ; ne prenez donc pas plus de pensionnaires que vous ne pouvez en coucher commodément. Conservez invariablement une lumière tout la nuit dans le dortoir, et veillez soigneusement à la propreté des lits et des personnes,