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DE L'ÉTUDE

Que les instituteurs et les institutrices nous permettent d'aitirer leur attention toute spéciale sur cet article. Il serait généralement à souhaiter qu'ils vinssent à s’en pénétrer assez pour s’y montrer toujours fidèles. Vu son importance majeure, nous le divisons en plusieurs sections.

Section 1ère.—NÉCESSITÉ D'ÉTUDIER.

L'étude est absolument nécessaire à tout instituteur pour plusieurs raisons.

lo Pour s'occuper convenablement.—$Si un maître n'étudie point à part ses heures de classe, que feratil? Ou il se livrera

à la fainéantise, et il contractera par là même de funcstes habitudes, puisque l'oisiveté est la mère de tous les vices; ou il possera son temps chez les voisins, et il y perdra bientôt la considération qui devrait s'attacher à son état ; ou enfin il se livrera totalement à des travaux manuels, qui feront de lui un homme matérie: et agreste,

20 Pour entretenir son faible savoir.—Les choses les micux apprises viennent, par le défaut de pratique, à se rouiller, à s’effacer complètement : c’est la plainte journalière d’un grand nombre de personnes. C'est donc en vain qu'un instituteur se reposera sur l'examen qu'il a subi avant d'obtenir son brevet de capacité, pour se flatter qu'il a la science nécessaire pour enseigner consciencieusement. Combien qui ne seraient plus en état de reeommencer cet examen au bout de quelques années, faute d’avoir continué à étudier ? Ne voit-on pas de même des jeuncs gens ne pouvoir plus répondre à des questions de catéchisme qui ne les auraient nullement embarrassés lors de leur première communion, et cela uniquement parce qu'ils ont négligé de les repasser depuis ?

80 Pour pouvoir remplir son devoir.—Un maître a besoin non-seulement d'avoir bien appris une fois les choses qu’il doit enseigner, mais encore de les savoir à fond et de les avoir toujours présentes à la mémoire. Ce n’est done qu'en les revoyant sans cesse, en se les rendant tout à fait familières, qu'il se trouvera suffisamment capable de les expliquer aux enfants de son école, I] lui faut, s'il est possible, n'être jamais pris au dépourvu, n’être embarrassé par aucune de leurs questions.

40 Pour augmenter ses connaissances.—Ne vous contentez pas de conserver ce que vous avez déjà acquis, mais cfforcez-vous chaque jour d'augmenter la somme de vos connaissances ; car il est nécessaire qu’un instituteur en sache beaucoup plus qu'il n'est appelé à en enseigner. Ne néeligez point l'étude sous prétexte que vous en possédez plus qu’il n’en faut pour la localité où vous demeurez. Qui sait si, avec plus de science, vous ne pourriez pas diriger une école plus élevée ct plus avantageuse, si

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même vous ne fericz pas faire plus de progrès aux élèves qui sont actuellement sous vos soins ?

5o Pour soutenir l'honneur de son état.—Des maîtres ou maîtresses bien capables sont convenablement appréciés tôt ou tard, même par les personnes qui sont le moins en état d'en juger, même dans les arrondissements les plus reculés et les plus incultes. Rien n’est plus propre à réhubiliter l’état d'instituteur que la science solide et profonde de ceux qui l'embrassent, Trop longtemps le contraire a prévalu ; c’est aux maîtres et aux maîtresses d'écoles à seconder, par leur amour de l’étude, les généreux efforts que le Gouvernement a faits pour élever le niveau de la profession. Réjouissons-nous aue déjà le mérite vrai d'un grand nombre ait pu briller dans les couférences d’instituteurs et dans les visites de messieurs les Inspecteurs.

60 Pour s- procurer des jouissances intellectuelles.—Qu'il est agréable, qu’il est rafraîchissant pour un maître, après avoir passé de longues heures à initier de jeunes enfants aux éléments des connaissances humaines, de pouvoir s’entretenir par la lecture avec les plus beaux génies qui aient illustré leur temps, de pouvoir, par la réflexion, se pénétrer de leurs peñsées et goûter à loisir le charme de leurs ouvrages immortels ! Qu'il est doux, au milieu d’une population agreste, à peu près sans lettres, de pouvoir se retirer à l'écart, et savourer en prix les chefs-d'œuvre de ces esprits d'élite! En leur compagnie, on a vite oublié les tracasseries et les déboires que l’on rencontre si souvent dans la direction d’une école; on s’y anime à cultiver son intelligence; on perd pour ainsi dire de vue ce monde tout matériel dont on est entouré, pour vivre dans un monde à part, le monde Gex fimes:'

Section 2e—TEMPS A CONSACRER A L'ÉTEL ET;

Le temps à consacrer à l'étude doit être nécessairement réglé : autrement on remettra de jour en jour à s'y livrer, et l'on en perdra insensiblement la coutume. Il faut qne l’étude soit un exercice :—lo quotidien, et l'on ne doit y manquer que pour

des motifs graves ;—%0 attaché à des heures fives, pour ne pas s'exposer à l'omettre par oubli ;—30o pris dans les moments les plus favorables à la tranquillité, parce que l'étude, pour être fructueuse, demande du silence et du calme ;—40 enfin, d'une longueur modérée : assigner, dans la première ferveur, un temps très-considérable chaque jour à l'étude, ce serait allumer un feu de paille, qui s'éteindrait en un instant; lui attribuer au contraire un temps raisonnable, c'est assurer sa propre persévérance dans cette louable résolution.

Quand quelque circonstance inévitable viendra interrompre ou empêcher votre étude, ne manquez pas de la reprendre avec une nouvelle ardeur aussitôt que vous le pourrez.

C'est une mauvaise coutume de lire dans son lit: on s'expose à des accidents par le feu, et l'on gâte son sommeil, D'ailleurs le matin l'on est en général plus dispos, et conséquemment plus propre à l'étude,

‘Section 3C—MATIÈRES D'ÉTUDE

Voici à peu près dans quel ordre un instituteur devrait étudier :

EL. Les matières qu'il est appelé à enseigner, et qui sont l’objet de ce qu’on nomme préparation éloignée. Ilne devrait même jamais négliger la préparation prochaine, qui consiste à prévoir la leçon de chaque jour, la manière de l'expliquer, les exemples destinés à l’éclaircir, et les applications à donner aux enfants. C'est là l'unique moyen d’enseigner avec aplomb et certitude, et par conséquent avec fruit.

IT. Les branches les plus importantes duns son état, c'est àdire:—1o la Xeligion, qu'on ne sait jamais assez, et qui comprend dogme, morale, culte, ete.—20 la Pédagogie, qui est la science propre de l'instituteur ;—30 la Grammaire, que si peu de persounes possèdent à fond ;—<o les Mathématiques, dont les applications sont si importantes ;—5o l'Aistoire, qui offre un champ si vaste à parcourir; —6o les chefs-d'œuvre de la Littérature, qui présentent une nourriture si saine et si abondante à l'esprit et au cœur ;—7o les Sciences naturelles, si utiles et st intéressantes,

Section 4ème—CHoIX DE LIVRES

Un ancien a dit qu'il éraignait l’homme qui n’avait lu qu’un livre. Nous n’irons pas si ioin que lui, mais nous dirons qu’une bonne bibliothèque se distingue, non par le très-grand nombre de volumes, mais par le choix judicieux qu’on a su en faire. Les moyens d’un instituteur ou d’une institutrice ne leur permettent guère ordinairement de faire l’acquisition de beaucoup d'ouvrages; mais, après s'être procuré, la première année, quelques livres indispensables (a), ils pourraient facilement y en adjoindre quelques autres chaque année subséquente.

Nous croyons rendre service aux instituteurs en leur donvant une liste des principaux livres qui pourraient composer leur

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