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CHAPITRE II

L'Education, pour être complète, doit s'occuper de toutes les facultés de l’enfant ; elle doit tendre à perfectionner son être tout entier. On appelle éducation physique celle qui s'occupe spécialement du corps ; éducation intellectuelle, celle qui s’applique aux facultés de l'esprit ; enfin éducation morale, celle qui a rapport au cœur. La dernière est de beaucoup la plus importante ; disons cependant qu’elles ont entre e.'73 une liaison d’autantplus étroite que l’âme est intimement unie au corps.

ARTICLE ler, ÉDUCATION PHYSIQUE

L'éducation physique a pour but d'exercer, de développer et de fortifier les facultés du corps.

C'est aux parents à la donner d'abord à leurs jeunes enfants, et c'est un devoir qu'ils ne devraient jamais négliger. Combien de personnes qui ont été infirmes toute leur vie, par suite d'accidents causés par l'imprudence de leur bonne ! Combien d'autres ont contracté des façons ridicules ou des habitudes de malpropreté, faute d'avoir été corrigées au sein de la famille !.

Cependant les instituteurs peuvent avoir une grande influence sur l'éducation physique des enfants qui leur sont confiés, quoiqu’il ne leur appartienne pas d'entrer dans beaucoup de détails réservés aux parents.

Cette partie de l'éducation se donne d’une manière plus ou moins étendue, suivant la nature de l’établissement dont il s’agit. Après avoir énuméré les diverses choses que comprend en général l'éducation physique, nous dirons celles dont il convient de s’occuper dans une école.

Jo. Le marcher. —Accoutüumez l'enfant à marcher sans trainer les pieds, sans trop agiter les bras, sans se balancer eu avant, en arrière ou de côté, et sans faire trop de bruit.

20. Le muintien.—Qué l'enfant ait la pointe des pieds un peu tournée en dehors ; que les jambes ne soient pas trop ouvertes, ni les genoux trop écartés : qu’il se tienne habituellement ferme sur ses pieds, sans s'appuyer ; qu'il évite de courber le dos ct de se rapprocher les épaules en avant ; qu’il ne porte point inutilement la main au nez, aux oreilles, à la bouche, aux cheveux. Il ne doit pas non plus s’asscoir sur les reins, ni s'étendre sur la table, ni se croiser les jambes de manière à avoir un pied placé sur le genou opposé.

30. La propreté.—Le maître doit exiger que les enfants se soient lavé tous les matins le visage, le cou, les oreilles et les mains ; nettoyé les ongles; peigné et brossé les cheveux : que leurs habits soient nets, époussetés ct raccommodés selon le besoin ; que leurs chaussures soient propres ; qu'ils aient à leur

usage un mouchoir de poche ; qu'ils ne crachent jamais à terre ; qu’ils s'essuient ou se grattent les pieds avant d’entrer en classe. L'instituteur donnera lui-même l'exemple de cette grande propreté, tiendra son école très-nette, et fera comprendre aux élèves l'avantage de ces soins personnels pour la santé.

40. Le bon usage des sens.—Comme on le sait, le corps humain est doué de cinq sens: la vue, l’ouie, l’odorat, le goût et le toucher. (Chacun de ces sens a un organe qui lui est propre ; c’est l'œil pour la vue, l'oreille pour l'ouïe, le nez pour l'odorat, la bouche pour le goût, et la main principalement pour le toucher, quoique ce dernier sens soit répandu dans tout le corps.

Il est fort utile d’habituer les enfants à avoir un coup d'œil juste, à bien juger des distances, des hauteurs, des couleurs, des proportions et de la symétrie des objets; à apprécier convenablement les sons et les notes musicales, et. Par cette attention, ‘on leur proourera des jouissances nombreuses ; ils auront une idée saine du beau dans la nature et les arts, ce que l’on appelle esthétique.

5o. Z'hygiènce.—On désigne par ce mot l'art de conserver la santé. Il est bien à propos qu'un instituteur en possède quelques notions, pour lui-même et pour ses élèves. Les soins qu'il leur donnera sous ce rapport, les précautions qu'il leur recommauders, Pintérêt qu'il leur témoignera ainsi, lui méritcront leur reconnaissance et leur ajfection.

Mais qu'il se garde de développer chez eux une trop grande sensibilité, et de les porter à desattentions trop minutieuses pour leur santé : ce serait les rendre bien malheureux. La sensibilité, ayant son siége dans le système nerveux, cest naturellement plus ou moins. considérable chez les différents individus ; cependant l'éducation peut contribuer beaucoup à la développer ou à la diminuer. el enfant gâté, objet de précautions excessives, recherchera Rp e ses aiscs, ne, pourra supporter la moindre émotion, se pâmera. à la moindre douleur, pleurera et jettera les hauts cris à tout propos. Cette sensibilité outrée demande à être graduellement répriméc ; une éducation trop molle peut perdre le meilleur enfant. On voit encore ici combien le physique et le moral sont intimement liés.

Les soins hygiéniques ordinaires consistent à se tenir propre, à éviter le passage brusque du chaud au froid, à être chaussé sèchement et chaudement, à prendre une nourriture saine, sans excès sous le rapport de la quantité ou de l' ‘apprôt, et un exercice régulier et modéré, à vivre enfin avec sobriété et mesure en tout, Ce sont Ià des règles importantes pour le maître et les élèves.

Go. La, gymnastique.—Hlle, comprend généralement tous les exercices-propres à donner de la force, de |’ agité et de la sou- “plesse aux membres. Ainsi, soulever ou lancer es: Loids, ménter le long d’un poteau ou dans une échelle de oord8, ‘prendre “diverses postures gênantes et forcéessur le trapèze, faire des sauts ‘plus ou moins longs, des marches, des courses plus ou moins rapides : voilà autant d'exercices gymnastiqués., Maïjs la prudence exige qu'ils soient faits avec modération et graduellement, et que le tempérament de chaque enfant soit.pris en considération. Il serait téméraire pour un instituteur de tenter la plupart de ces exercices avec les enfants de son école, à moins d'en avoir

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suivi lui-même un cours spécial, et d'avoir obtenu l'approbation

des parents.

Ilest néanmoins quelques-uns de ces exercices qui loin, de

, présenter les mêmes inconvénients, offrent de véritables avantages

dans le présent et l'avenir, pourvu qu'ils soient pris modérément : ce sont les exercices militaires.

To. La natation.—L'urt de nager peut mettre un homme en état d'échapper à de graves périls, ou de rendre les services les plus précieux au prochain. Mais il doit s'apprendre de personnes prüdentes et entendues, ct les enfants doivent être avertis d'observer les règles de la modestie dans ces circonstances.

80. L'équitation.—T’art d'aller à cheval est encore un exercicc agréable et salutaire lorsqu'il est contenu dans de justes bornes. Mais l'expérience apprend qu'il est dangereux pour un jeune homme d'aimer beaucoup les chevaux; car il perd bientôt par là le goût de l'étude.

90. L'escrime.—Faire des armes est un art très-utile au developpement des forces physiques. Mais il faut rappeler aux jeunes gens que l'épée ne doit s'employer que dans le cas d'une légitime défense, et leur inspirer une horreur convenable du duel.

Quant à l’usage des armes à feu, on ne peut leur recommander trop de prudence lorsqu'ils les manient,

La boxe ou le pugilat est également un exercice qui peut avoir son utilité, mais qui ne doit servir que pour se défendre.

100. La danse.—Danser, c’est-à-dire, sauter en cadence, n’a rien de mal en soi; c'est au contraire un exercice propre à donner de la grâce à la personne, et une action utile au corps. Mais la danse devient souvent dangereuse aux mœurs, par les circonstances de manière, de lieu, de personves, de toilette, de temps ; voilà pourquoi St. François de Sales compare les bals aux champignons : ‘* /es meilleurs ne valent rien.” Il est même certaines danses, telles que la va/se, la polka, qui sont mauvaises

ar elles-mêmes et toujours défendues, de sorte qu’il n’est permis ni de les apprendre, ni de les montrer, ni de les exécuter, ni de les laisser danser chez soi.

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Les instituteurs n'ont à s'occuper de l'éducation peysique que d'une manière assez restreinte. Tout se borne à peu près pour eux à donner aux enfants un bon maintien, à leur enseigner à bien employer leurs sens, à les accoutumer à la propreté, et à diriger les jeux auxquels ils se livrent entre les classes. C'est ce qu'un maître sage peut faire sans se compromettre.

Dans les grands établissements, au contraire, où il est aisé de se procurer tous les appareils et les instruments nécessaires, on fait une beaucoup plus large part à l'éducation physique, et l'on a alors le nombre de professeurs requis. pi

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