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EDUCATION INTELLECTUELLE

L'éducation intellectuelle s'applique à exercer, à développer et à fortifier les différentes facultés de l'esprit.

Il ne faut pas la confondre avec l'instruction ; celle-ci peut être médiocre, tandis que l'intelligence sera fort étendue par suite d’une culture convenalle.

Remarquons d'abord que tous les esprits ne sont pas également susceptibles de cette culture , quelques-uns y sont même tout-àfait impropres.

Nous allons examiner successivement les principales facultés de l'âme.

10. L'attention.—L'enfant est naturellement léger et inconstant. Il fant donc un talent tout particulier pour arrêter son attention sur un objet, une idée, pour la fixer sur une explication, un raisonnement. Cependant c’est là une condition indispensable du succès dans l’enseignement. Vous ne devez donc être satisfait de vous-même que quand vous êtes parvenu à rendre les élèves ainsi attentifs.

I] y a deux sortes d'attention : l'une extérieure, qui souvent n'est qu'apparente, l’autre intérieure et réelle. Faute d’expérience, vous pourrez facilement être trompé par la première. Des

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enfants vous sembleront bien écouter ; leur regard paraîtfa fixé sur le tableau ou la carte, et pourtant deur pensét voyagera au loin.

Pour obtenir la première, l'attention des sens, il ne fautpas se contenter de parler aux oreilles des enfants; il faut encore s'adresser à leurs yeux. On doit donc écrire autant que possible sur le tableau, ou montrer avec une baguette, lorsqu'on explique quelque chose, et réciproquement toujours parler pendant que l'on écrit, ou que l'on montre sur la carte.

On obtient la seconde, l'attention de l'esprit, lo en variant beaucoup les exercices, surtout avec les plus jeunes élèves ; 20 en changeant fréquemment la forme et le ton des explications; 30 en faisant des questions à l’improviste, tantôt individuellement, tantôt simultanément ; 40 en promettant, comme prix de l'attention, quelque anecdote intéressante ‘ou quelque leçon de choses pour la fin dela classe; Go enfin, en rendant l’enseignement attrayant.

20 La mémoire.—La mémoire est une faculté précieuse, et généralement bien vive chez les enfants. Il faut done l'exercer et la développer soigneusement en eux, et prendre garde néanmoins de le faire d'une manière excessive, Si nous rencontrons un élève d'une mémoire très-heureuse, cultivons-la ; mais défions-nous de la forcer et de l’user par des tâches trop longues, pour la vaine satisfaction de faire briller cet élève, et de le montrer comme une sorte de petit prodige.

La mémoire a deux objets : les mots et les choses. Celle des mots doit toujours être accompagnée de celle des choses: autre ment les enfants ressembleront à des perroquets, ils en réciteront bien long par cœur, sans y rien comprendre.

Pour exercer chez eux la mémoire des mots, il est utile de leur faire apprendre régulièrement par cœur et littéralement des leçons d'une longueur raisonnable, et, de temps à autres, des morceaux qui aient de l'intérêt pour eux, comme une pièce de poésie proportionnée à leur âge, Exigor le mot-à-mot, c’est eur

Pour exercer chez les enfants la mémoire des choses, il faut les habituer à rendre compte du sens des différents mots, des lectures qu'ils font à haute voix ou qu'ils entendent pendant la classe, aussi bien que de l'usage des objets qu'ils rencontrent et qu'ils doivent s’accoutumer à remarquer.

30 L'imagination.—Certains enfants en manquent presque complétement, les uns naturellement, les autres par défaut de culture intellectuelle ; chez les premiers, c’est un mal sans remède, chez les seconds, il se guérit par la lecture et l'étude des bons modèles.

Certains autres enfants, au contraire, ont une imagination trop. vive, trop ardente, et se laissent emporter par la “folle du logis,” , comme l'appelle Delille, Ce sont des tôtes chaudes, qu'il faut calmer par la réflexion. IÎly a ici ordinairement beaucoup de. ressources; c’est au maître à en tirer parti, tout en modérant l'exubérance de sève et de vigueur. La surabondance d'imaginetion cependant se trouve exister quelquefois aux dépens du jugement : c’est alors un défaut esseutiel. Pen

40. Le jugement.—I]l est rare qu'un esprit soit absolument faux ; presque toujours ce défaut décroît sensiblement par les soins d'un instituteur intelligent. Mais quelle que soit la justesse de l'esprit, il faut beaucoup de pratique pour qu'il s’habitue à un raisonnement suivi et exact. L'analyse logique et les mathématiques peuvent contribuer puissamment à amener ce résultat si désirable.

Que tous los maîtres adoptent donc dans leur enseignement une méthode rationñelle :-qu'ils accoutument les élèves à rendre compte de tout ce qu’ils apprennent ; ct, par ce moyen, ceux-ci acquerront une grande lucidité de jugement et de raisonnement. Des récapitulations, des résumés sont à aussi bien propres à faire atteindre ce but.

5o. L'observation. — Éngagez les enfants à remarquer ce qu'ils voient; à distinguer ce qui est véritablement digne d'observation ; ; encourager-les à vous faire des questions convenables, répondez-y avec bonté et prudence ; HORUEE leurs réflexions sur. les

spectacles, les cérémonies, les accidents, les événements quelconques dont ils ont éié les témoins. Approuvez, blûmez, corrigez, rectifiez selon le besoin, S'ils ont fait une promenade entre ceux, avec leurs parents ou avec vous, tâchez de savoir ço qui les à le plus frappés. De cette manière, ils retireront un vrai profit de tout ce qui leur arrivera,

ARTICLE 5e

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