‹ Cours de pédagogie ou Principes d'éducation [microforme]Chapitre 15 sur 134 · EDUCATION MORALE · texte numérisé non relu

EDUCATION MORALE

… T'éducation morale consiste à exercer, à développer ct à fortifier les facultés du cœur ; c'est elle qui s'occupe . d’en déraciner les vices et les défauts, et d'y implanter, faire germer et croître les vertus et tous les bons sentiments. Elle est évidemment la partie capitale de l'éducation. A quoi servirait en effet de donner un maintien convenable à un enfant, de le rendre souple, agile et propre, de développer son intelligence, si l'on ne soigne avant tout son cœur ?

Pour réussir dans l'éducation morale, l'instituteur doit étudier le cœur humain, exercer une surveillance constante, employer le tact, la prudence, la patience et le zèle, surtout compter peu sur ses cfforts, maïs beaucoup sur la grâce divine, qu’il doit s'efforcer d'obtenir par la prière. Oui, ses peines seront vaines s'il ne demande souvent à Dieu de les bénir. Le cœur de l'enfant peut se compgrer à une terre qu'il faut cultiver :. “ celui qui plante n’est rien, non plus que celui qui arrose ; ce est Dieu seul qui donne l’accroissement.”?

1o. Etude du cœur.—Cctte étude, de la part de l'instituteur, doit se commencer par lui-même. En se connaissant intimement, il connaîtra mieux les autres, tous les hommes se ressemblant plus ou moins dans leurs penchants et lours dispositions. Mais à cette connaissance générale des hommes, qui lui est si nécessaire, il doit encore joindre l'étude non moins importante de l'enfant: car les premières époques de la vie se distinguent par certaines qualités et certains défauts qu’un maître ne doit pas ignorer, dont il doit au contraire tenir compte.

20, Surveillance continuelle.-—Elle est de stricte riguour, et doit s'étendre à tout : personnes, lieux, études, livres, dessins, gestes jeux, paroles, postures, ete, Si, par l'indifférence ou la négligence de l'instituteur, il #e commet avant, pendant ou après la classe quelque faute contre la morale, il en sera responsable devant Dieu et sa conscience, Mais cette surveillance ne doit point devenir à charge aux élèves ; elle doit s'exercer si habilement qu'ils la sentent sans pour ainsi dire s’en apercevoir, Il faut qu'ils se sachent surveillés, quasi à leur insu.

Le maître doit ordinairement s'acquitter directement de cette surveillance, sans la confier à quelques enfants. Il doit cependant leur dire de l’avertir, lorsqu'ils sont témoins d’une faute grave et qui peut causer beaucoup de mal dans l’école ; mais qu'il se défie d'encourager les écoliers à l’espionnage et à la délation. We

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