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ORGANISATION DE L'INSTRUCTION, ETC

Ceux des Bureaux de Montréal, dans les districts judiciaires saivants : Trois-Rivières, Arthabaska, Richelieu, Joliette, Terrebonne, St. Hyacinthe, Iberville, Beauharnois, St. François, Bedford, Montréal et Ottawa.

Ceux des Bureaux des Trois-Rivières, dans les districts judiciaires des Trois-Rivières et d'Arthabaska.

Enfin, ceux du Bureau de Sherbrooke, dans Îles districts judiciaires de Bedford et de St. François.

Depuis le 1er juillet 1862, tous les autres Bureaux d'Examinateurs ne peuvent accorder de diplômes que pour les écoles élémentaires, et ces brevets ne sont valides que dans certains comtés,

Les diplômes de chaque degré sont, soit de première classe, soit de seconde classe,

Tous ces Bureaux ne s’assemblent que les premiers mardis de février, mai, août et novembre, à moins que, par défaut de quorum, ils ne soient ajournés à quinze jours plus tard, ou qu'ils n'aient assigné un délai à un candidat pour l'examiner de nouveau.

Tout candidat doit donner avis au secrétaire du Bureau au moins quinze jours d'avance, de son intention de se présenter À l'examen, et doit envoyer, ou apporter avec lui, un certificat de moralité et d'instruction religieuse, signé du curé ou du ministre de sa résidence, et un extrait du régistre des baptêmes prouvant que son âge est au moins de dix-huit ans accomplis.

Les candidats subissent d'abord une épreuve sur l'écriture, la dictée et la lecture raisonnée. Ils répondent ensuite aux programmes suivants, si les premières épreuves sont jugées suffisamment bonnes :

10 Pour le diplôme d'école élémentaire, “Grammaire (française ou anglaise) avec analyse, Géographie, Histoire Sainte, Histoire du Canada et Pédagogie ; ” de pli: un problème sur les fractions, et un sur la règle d'intérêt simpic. (Cédule F).

20 Pour le diplôme d'école modèle, en outre de ce qui précède, “(irammaire avec analyse, Histoire Kainte, Histoire du Canada,

Histoire générale (ou, à volonté, Histoire de France et Histoire d'Angleterre), Littérature, Tenue des livres, Algèbre, Géométrie, Pédagogie et Agriculture ; ” de plus, un problème sur la règle d'intérêt composé, un d’algèbre et un de mesurage, avec” une composition littéraire sur un sujét indiqué par le Bureau. (Cédule G).

30. Pour le diplôme d'académie, outre ce qui précède, ‘ Physique, Chimie, Histoire Naturelle, Algèbre, Géométrie, Trigonométrie, Astronomie, Histoire générale (ou, à vo Histoire de France et Histoire d'Angleterre), et Philosophie intellectuelle et morale ; * de plus, traduire environ une demi-page des Commentaires de César et une fable d’Esope, avec analyse grammaticale. (Cédule H.)

Les candidats du sexe féminin sont exempts du latin et du grec.

Le résultat de l'examen est indiqué par les chiffres 1, 2, ou 3; lsignifie très-satisfaisant ; 2, suffisant ; 3, insuffisant ou à mal. ;

Pour obtenir un diplôme de première classe, il faut le chiffre 1 sur les épreuves de dictée et de lecture, et sur au moir: : deux tiers des autres matières d'examen.

Pour obtenir un diplôme de seconde classe, il faut au moins le chiffre 2 sur toutes les épreuves et matières d'examen.

Quant aux détails et aux exceptions, il faut voir la loi ellemême ou les règlements.

stoire À

étrie, CHAPITRE Il règle Lai AVANTAGES DE L'INSTRUCTION areau.

Ph 4 Sans doute, comme nous l'avons déjà dit, l'éducation est plus À D nécessaire que l'instruction. Néanmoins, celle-ci est d’une trèsag UN haute importance aussi ; car elle est utile et agréable tout à la Rai (1 fois.

A \ ' 10. Elle est utile.—L'homme instruit entretient sa COrTesponnalyse D. dance, prend ses notes, tient ses comptes lui-même, sans avoir (4 besoin d’initier un étranger à ses secrets. Il est encore en état val de remplir les diverses charges auxquelles il peut être appelé dans ohèu à une paroisse. Marguillier, conseiller municipal, secrétaire-tréso- 4 rier, sous-voyer, etc., il pourra signer les documents requis, 2, ou prendre connaissance des papiers par lui-même, dresser un procès- ‘4 né ou verbal, préparer une requête, etc ; officier de milice, il lui sera ñ facile de faire le rôle des miliciens ; commissaire d'écoles, il iffre 1 .% jugera de l'avancement des enfants, de l'exactitude de leurs | deux 4 réponses.

| Tous les hommes ont besoin d'instruction, qu’ils exercent une ins le k profession libérale, ou qu'ils soient artisans et même serviteurs. #4 Combien de fois ceux-ci ne sont-ils pas obligés de lire une enseiji elle- “ gne, le numéro d'une maison, l'adresse d’une lettre, ete ? L’in- 4 struction est également utile aux personnes du sexe, soit chez ni: leurs parents, soit à la tête de leurs maisons, ou lorsqu'elles sont

obligées de se mettre en service.

D'ailleurs, au temps où nous vivons, l'instruction est si géné- . 1 ralement répandue, qu’un peuple qui la néglige, ne peut éviter 4 d’être daus un état d’humiliante infériorité. Pour nous par- Ë ticulièrement, Canadiens, qui sommes environnés de gens possé-

dant tous un certain degré d'instruction, il est indispensable de la répandre parmi nous, si nous voulons marcher de pair avec

eux,

L'instruction a encore l'avantage d'ouvrir l'esprit, d'épurer le goût, d'élever les sentiments, lorsqu’elle est convenablement dirigée. On observe un air de distinction dans les traits d’un enfant qui, à une éducation soignée et religieuse, joint une instruction solide; dans ses yeux perce une vivacité d'intelligence qui en fait pour ainsi dire un être tout différent de ce qu'il était précé- ‘demment. Il saisit mieux et plus vite tout ce qu’on lui explique: c'est là une fréquente remarque de la part de ceux qui sont appelés à enseigner le catéchisme à des enfants dont les uns ont fréquenté de bonnes écoles, ‘et les autres sont demeurés dans l'ignorance. On a donc raison de dire que l'instruction donne à Fhomme comme un sixième sens.

20. Elle est agréable.—Quels plaisirs, quels agréables passetemps ne procure pas encore l'instruction ! Quelle satisfaction de pouvoir, par la lecture, se mettre en rapport d'idées et de sentiments avec les plus beaux génies de tous les siècles, et admirer ce qu’ils nous ont laissé de grand, de noble, de vrai dans leurs écrits! Quelle récompeuse pour un père, qui a fait des sacrifices pour donner l'instruction à ses enfants, lorsqu'il les voit tour-à-tour, par des lectures à haute voix, édifier, intéresser la famille durant les longues soirées d'hiver, ou la mettre au courant des événements remarquables de la patrie et de l'étranger !

Avouons cependant que l'instruction pourrait être bien pernicieuse, si elle avait une mauvaise tendance, où si l’on venait à en abuser, comme il arrive trop souvent. Mais alors c’est l’abus qu’il faudrait condamner, et non pas la chose elle-même ; c’est la mauvaise tendance qu'il faudrait corriger, et non pas l'instruction qu'il faudrait rejeter.

Reconnaissons encore que le degré d'instruction doit beaucoup varier suivant les différentes classes de la société. Il ne faut pas du tout les mêmes connaissances aux jeunes gens qui se destinent à l’état ecclésiastique ou aux professions libérales, et à ceux qui doivent devenir des artisans ; à ceux qui embrasseront la carrière industrielle ou commerciale, et à ceux qui se livreront à l’agriculture. Répétons-le après beaucoup d’hommes sages et de vrais

, à m PT. 4 ÿ 4 J Ref > ñ ads AVANTAGES DE L'INSTRUCTION 45

patriotes : c’est un malheur pour le pays que la haute éducation soit si répandue, et que la moyenne le soit si peu ; c'est une chose regrettable que les professions dites libérales soient encombrées de jeunes gens qui, au lieu de faire des cours d'études, auraient dû suivre l’état de leurs parents : ce serait la ruine d’un peuple qu'il fût composé de savants, ou plutôt de demi-savants. Il ne s’agit donc pas, pour le bien du pays, d'augmenter indéfiniment les connaissances des masses, d'étendre sans cesse le programme des écoles ; ce serait une erreur et un grand péril : mais ce qu’il faut, c’est de répandre partout des connaissances élémentaires, pratiques, calquées sur les besoins de chacun ; c’est que, de nos jours, il ne se trouve pas un enfant qui ne puisse lire, écrire, chiffrer, et qui n’ait quelques notions de l'Histoire du Canada ; que les colléges classiques ne se multiplient pas suivant le zèle mal entendu de chacun ; qu’ils ne soient fréquentés que par des jeunes gens capables de profiter de leurs études et qui aient un dessein sérieux de les compléter ; qu’enfin dans les écoles, comme dans toutes les autres maisons d'éducation, on ne vise pas uniquement à montrer beaucoup de branches en peu de temps, mais que l’on enseigne bien les choses que les élèves doivent étudier, et qu’on leur donne le loisir de les digérer et de s’en nourrir.

L'enseignement, pour produire tous ses fruits, doit être clair, méthodique, gradué, proportionné à la classe, et intéressant.

ARTICLE ler. ENSEIGNEMENT CLAIR

La clurté est la qualité qui fait saisir facilement aux autres ce que l’on dit. Elle est la plus nécessaire, pour ainsi & : . l’unique qualité de l’enseignement ; car toutes les autres peuvent s'y rapporter. Un maître s'explique clairement :—

lo Lorsqu'il possède parfaitement son sujet. Boileau nous dit :

Ce que l'on conçoit bien, s’énonce clairement, Et les mots, pour le dire, arrivent aisément.

Souvent, quand on s'exprime obscurément, c’est que l’on n'a pas une idée nette, définie de la matière à développer. L'’expérience apprend qu'il faut savoir une chose à fond, il faut la savoir doublement, lorsqu'on est obligé de l'enseigner. Cela suppose que l’instituteur prépare ses classes par une étude congciencieuse de ses matières ; qu’il prévoit les difficultés et les objections, ainsi que la meilleure manière de les éclaircir ou d’y répondre.

20. Lorsqu'il emploie les termes propres, c’est-à-dire, ceux qui rendent bien l’idée. Il doit à cet effet parfaitement connaître la valeur des mots, étudier les synonymes, ne pas s'exprimer au hasard et être bien exact dans les définitions et les règles, s’appliquant à les donner, et à les faire répéter par les élèves constamment de la même manière. Tout cela demande beaucoup d'attention et de réflexion.

air,

30. Lorsqu'il a soin d'éviter les éguivoques, ou les tours de phreses qui présentent plusieurs sens. Rien n’est plus propre à embrouiller les enfants et à laisser de l’indécision dans leur esprit.

ARTICLE 2e.

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