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Je serait rendre un service éminent au pays, que d’inspirer aux jeunes gens de la campagne l'estime ct le goût de l'état de leurs pères, et Ge leur faire sentir combien il est honorable ct heureux. Oui, détournons-les de l'envie d'abandonner le séjour paisible et moral des champs pour les dangers et les séductions des villes ; encouragcons-les à embrasser vaillamment la vie de laboureurs, et à ouvrir, s’il le. faut, de nouvelles terres ; enfin, prêchons-leur sur tous les tons l'importance vitule pour les Canadiens-Français de s'emparer des terres vacantes et d'y fonder de nouvelles paroisses. Faisons leur envisager cette colonisation de nos terres incultes comme une entreprise patriotique, comme une question de vie ou de mort pour notre race. Sachons leur faire aimer les mœurs si douces de l’homme des champs ; ses travaux, qui se succèdent avec les saisons ; la nourriture, l'habillement, la satisfaction de tous leurs besoins, qu'ils peuvent trouver si aisé. ment dans la maison paternelle, plutôt que de recourir aux importations souvent ruineuses. Que nos élèves aient donc le luxe en horreur, qu'ils le regardent comme un des grands ennemis de la prospérité de notre peuple. (a)
Mais vous ne vous contenterez pas de donner aux jeunes gens dont vous serez chargé, le goût de l'Agriculture ; vous leur en ferez aussi connaître les principes fondamentaux, vous leur donnerez des conseils salutaires, vous travaillerez à déraciner chez eux des préjugés nuisibles au progrès. En leur développant ces principes, en leur donnant ces idées d’une culture améliorée, gardez-vous bien cependant de leur laisser croire que ces renseignements viennent de vous ; ils les recevraient avec défiance, et ils auraient raison. Mais donnez-les comme le fruit de l’expérience des plus habiles cultivateurs ; faites leur comprendre que, si la prudence conseille de ne pas adopter sans examen toutes les innovations, le bon sens veut de même que l’on ne s'attache pas aveuglément à la routine, uniquement parce que c'était la coutume de nos pères, et qu'on ne rejette pas les améliorations réelles que le temps a amenées duns la culture de la terre.
| (a) Lisez sur ce sujet “ Jean Rivard," publié par M. Gérin Lajoie, daus le ‘ Foyer Canadien.”
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Appuyez particulièrement sur les labours profonds, sur la nécessité des engrais, sur les avantages de la rotation des récoltes, sur l'assainissement du sol, sur l'utilité de connaître les diverses espèces de terrains, sur les amendements, ete. Swtout ne paraïssez pas vouloir critiquer la conduite des parents de vos élèves ; mais dites tout cela sous forme de conseils, et citez des exemples à l'appui de vos avancés.
Vous ferez encore bien d'introduire, s'il y à moyen, parmi les
4 livres de lecture, quelque ouvrage élémentaire sur l'Agriculture. (a) ARTICLE lèe.