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CHAPITRE VII OUVERTURE DE L'ÉCOLE

Il convient qu’un instituteur soit installé par quelqu'un des commissaires d'école, qui lui présentera les enfants. Ceux-ci ne manqueront pas de l’examiner de très-près, afin de découvrir son humeur et sa manière d'agir ; que lui, de son côté, se tienne donc sur ses gardes, pour leur donner une idée favorable de se vigilance, de son énergie et de sa capacité, et qu’il évite en même temps de laisser percer certains défauts, comme la colère, la susceptibilité, la timidité, la nonchalance, ete. Quelques mots qu’il leur adresserait d’un ton doux et ferme tout à la fois, pourraient produire un bon effet,

Qu'il travaille adroitement à connaître chacun de ses élèves en particulier, sous le rapport de l'intelligence et du caractère ; mais qu’il tâche d’abord de s'assurer de l'esprit général et de l’avancement de l'école.

Pour connaitre ce que les élèves ont appris, et de quelle m#ière ils l’ont appris, il peut les questionner sur les branches les plus intéressantes, et les faire travailler au tableau. Mais il ne faut pas toujours se fier aux premières apparences : l2 timidité de leur part, ou la manière toute différente d’interroger du nouveau maître peuvent les troubler et les empêcher de montrer toute l'étendue de leurs connaissances. Quel que soit le résultat de cette épreuve, l’instituteur doit éviter soigneusement de faire aucune réflexion dusagréable sur personne.

Dans certains vas, il pourrait être à propos de faire cet examen préliminaire devant le curé, les commissaires et quelques parents, afin qu’ils sachent dans quel état vous avez reçu l'école,

Après avoir pris le nom de tous les écoliers, avec leur âge et le nom de leurs pères, vous devez profiter du petit examen que vous leur aurez fait subir, pour assigner à chacun la classe et la place qui lui conviennent, au moins provisoirement. Il importe beaucoup que vous organisiez promptement votre école ; cette activité donnera dc vous une opinion avantageuse,

Cependant laissez ‘ordinairement les enfants prendre leurs places habituelles et agir un peu comme ilsont coutume, afin de mieux voir ce qu'il y aurait à changer ; mais toute réforme est difficile à opérer, et exige de la patience et du tact. Certaines améliorations ne peuvent s’obtenir qu'après des semaines et des mois d'efforts ; d'autres ne doivent être amenées qu'avec prudence si par une voie détournée. Quand on ne peut emporter une position de front, on réussit souvent par un mouvement de flane ; de même vous gagncrez plus facilement certains points par des moyens indirects, qu'en cherchant à triompher de vive force.

Il est particulièrement certains changements dans la résie ou dans le matériel de l'école dont il ne serait pas prudent de parler tout d’abord, mais que vous obtiendrez aisément au boi 4e quelque temps, lorsque vous aurez su vous concilier le bon vouioir des commissaires et des parents.

Evitez, par dessus tout, de paraître vouloir tout changer, tout bouleverser : ceci déplairait généralement. Que vos réformes ne se fassent donc que successivement et sans bruit.

Enfin, c'est en prenant une nouvelle école qu'il faut travailler à dresser une sorte de catalogue du caractère et des dispositions des différents élèves, Ce travail demande de l'étude et de la réflexion.

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