‹ Cours de pédagogie ou Principes d'éducation [microforme]Chapitre 7 sur 134 · MARQUES DE VOCATION · texte numérisé non relu

MARQUES DE VOCATION

Les principales marques d’une vocation sérieuse à l’état d'Instituteur sont :

10. L'afjection pour l'enfance.—Aïmez-vous sincèrement les enfants ? (a) Sentez-vous en vous-même un ardent désir de leur être utile, de leur faire du bien ? Avez-vous une tendre compassion pour leur inexpérience, pour leurs défauts ? Vous plaisezvous, comme votre divin Modèle, à vous en voir environné ? Oh! alors, n’en doutez pas, vous avez une marque évidente de vocation. Au contraire, vous ennuyez-vous avec eux ? leurs jeux, parfois très-bruyants, leur légèreté, leurs imperfections, tout cela vous fatigue-t-il, vous dégoûte-t-il ? avez-vous hâte d’en être débarrassé ? Dans ce cas n’entreprenez pas une tâche qui n'aurait aucun charme pour vous, et à laquelle vous seriez tout à fait impropre. Vous vous ennuieriez avec vos élèves et ils s’ennuieraient avec vous ; ce dégoût réciproque arrêterait tout progrès et finirait peut-être par vous rendre odieux à leur yeux.

(a) ‘ Laissez venir à moi les petits enfants,” disait Notre Seigneur, S, Marc, 10, 14.

VOCATION DE L'INSTITUTEUR ï

20. Le goût pour cet état.—Quel motif vous porte à y entrer ? L'embrassez-vous uniquement comme un moyen quelconque de gagner votre vie ? Le considérez-vous même comme un pis-aller ? Ne vous y décidez-vous qu'au défaut d'un état plus avantageux, plus lucratif ? Ah! craignez alors de vous y engager ; vous n’y êtes pas appelé, vous ne l’exerceriez que comme un mercenaire. Sans doute, il ne vousest pas interdit de songer à votre bien-être, de trouver un moyen honnête et honorable de vivre ; mais ayez principalement en vue le bien à faire, dans cet état, à la Religion, à la Société et aux enfants dont vous serez chargé.

30. L'esprit de dévouement.—L'état d'Instituteur exige de celui qui s’y consacre, qu'il emploie les plus belles années de son existence à l'éducation d’enfants inattentifs, tantôt indociles et insouciants, tantôt sans politesse et sans reconnaissance ; qu’il passe ses journées presque entières renfermé avec eux dans une pièce ordinairement étroite, sombre et mal aérée, et tout cela pour un traitement qu’il ne pourra retirer que sou à sou. Quel dévouement ne faut-il pas avoir, pour se soumettre à de tels sacrifices pendant de longues années |!

40. Les qualités nécessaires.—Tl serait téméraire, sans aucun doute, de s'engager dans un état si important et si difficile, sans posséder les qualités et les vertus requises. Si l’on est dépourvu de quelques-unes qui puissent s’acquérir avec des efforts et de la bonne volonté, soutenu par la grâce divine on doit y travailler sans relâche. Ce sujet est d’une telle conséquence, qu’il va faire la matière d’un article spécial.

ARTICLE 2e.

QUALITÉS NÉCESSATRES À L’INSTITUTEUR

Les qualités nécessaires à un Instituteur sont de trois sortes : 10 les qualités physiques, qui regardent le corps ;—20 les qualités intellectuelles, qui concernent l'esprit ;—30 les qualités morales, qui se rapportent au cœur et aux mœurs.

| sise

(| | Section lère.—QUALITÉS PHYSIQUES [l ! *

fl Il est désirable qu'un Instituteur possède :—

lo Un corps bien conformé—Certaines difformités pourraient le rendre un objet de risée ou de mépris pour les enfants, Cependant plusieurs défauts de cette espèce auraient peu d’inconvénient chez une personne douée de tact et d’un caractère énergique.

20. Un extérieur digne et affable.—$Si l'instituteur avait naturellement des manières communes ou brusques, un air bourru, il devrait s'appliquer beaucoup à s’en défaire.

30. La clarté de la vue et de l'ouie.—C'est une condition indispensable d'une surveillance effective et d’une exacte dis- | cipline.

40. Une voix convenable, —qui ne soit ni nasillarde, ni trop aigüe, et dont l'intensité soit habituellement modérée.

5o. Une prononciation distincte.—Parler sur le bout de la langue, tenir les dents trop serrées, bredouiller, bégayer, parler fl comme si l'on avait la bouche pleine, mal prononcer certaines consonnes, comme !, r, s, certaines voyelles nasales, comme an, 1n : ce sont autant de défauts dont on doit se corriger avec soin. Le {| meilleur remède contre le bégayement ou le bredouillement, est de parler lentement et de mettre la timidité de côté.

Go. Des poumons sains.—Peu d'états exigent davantage l’action des poumons. Celui-là donc ruineraït bientôt sa santé, qui se livrerait à l’enseignement avec une poitrine faible. Même avec de forts poumons, le maître doit éviter de parler inutilement.

fo. Une santé habituellement bonne.—Une personne maladive serait obligée de se trop ménager, ce qui ne pourrait se faire qu'aux dépens du progrès des élèves ; et elle serait exposée à manquer souvent des classes, ce qui leur causerait un grave

| | préjudice,

E !| Section 2ème.—QUALITÉS INTELLECTUELLES

| Il est important à un instituteur d’avoir—lo Une bonne à | | mémoire, —afin de pouvoir enseigner sans le secours d’un livre, + de conserver et d'augmenter ses connaissances, de se rappeler les

devoirs qu’il donne, les menaces qu’il fait, les récompenses qu'il promet, etc.

20. Un jugement droit,—pour apprécier converablement les personnes et les choses. Ki le jugement ne l’est pas naturellement, on doit tâcher de le redresser par la réflexion, par l'étude, en demandant conseil, ete. Un jugement faux (et on ne peut s'en apercevoir soi-même) rendrait totalement impropre à l'enseignement.

30. Un esprit méthodique, —-qui fasse mettre de l'ordre dans les études, dans les connaissances acquises, dans les différentes actions, dans les explications à donner aux enfants, et dans la direction générale d’une école.

40. Une imagination réglée.—S$i elle est naturellement bouillante, exaltée, il faut la modérer avec soin, autrement elle entraînerait dans bien des écarts, Si au contraire elle est trop lente, sans ressort, on doit s’efforcer de la stimuler par la lecture des bons modèles, et secouer cette torpeur intellectuelle qui n’engendrerait dans une classe qu’apathie et insouciance.

50. Un grand tact.—Celui qui a l'avantage de le posséder, sent comme intuitivement ce qui est opportun ou inopportun, ce qui produira du bien ou ce qui causera du mal. Celui au contraire qui en est dépourvu, commettra par ce défaut même mille bévues, mille imprudences. C’est done une des qualités les plus précieuses dont on puisse être doué.

Go. Un savoir suffisant.—-La science de l’instituteur doit être au moing proportionnée au genre d'école qu'il tient. Il est un minimum de connaissances au dessous duquel on ne peut descendre. Si donc yn maître n’a jamais possédé ce minimum, ou si, après l'avoir possédé, faute d'application à l'étude, il ne le possède plus ; sien un mot, il est incapable d'expliquer aux enfants les branches auxquelles les règlements l’obligent, et conséquemment de leur faire faire des progrès convenables, il ne peut certainement continuer à exercer son emploi en sûreté de conscience, du moins jusqu'à ce qu'il ait étudié suffisamment. I] serait même tenu de rembourser en tout ou en partie le salaire

qu’il aurait accepté dans un tel état d’ignorance. no)

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