CHAPTIEE XX CHANGEMENT D'ÉCOLE
Quand un instituteur (ou une institutrice) réussit bien dans son enseignement, qu'il est aimé et respecté de ses élèves, estimé des commissaires ct des parents, il doit s’efforcer de conserver sa position, même en sacrifiant l'espoir d’avoir ailleurs un salaire un peu plus élevé. Les succès qu'il obtient, la paix et le contente-
ment dont il jouit, fout plus que compenser la faible augmenta-
tion de prix à liaqnelle il pourrait aspirer. Quelle satisfaction ne i x i LA
être pour un maître, de pouvoir, pendant les longues
passe dans la même paroisse, instruire les enfänts de
ceux qui ont été sos élèves, de vieillir au milieu de ces généra-
doit-ce pas € années quil tions dont il a fait l'éducation, et de se voir environné de la vénération, honoré de la confiance universelle ! N'est-ce pas là la réalisation d’un magnifique idéal, l’image du véritable bonheur ?
D'un autre côté, celui qui change d’école à pou près chaque année se donne Ja renommée d’un homme inconstant, ou d'un maître qui ne peut parvenir à contenter ceux qui l’emploient. Ces déplacement multipliés l'exposent aussi à des dépenses assez considérables et à l'ennui de déménagements répétés ; ils le mettent en présence de figures nouvelles, de caractères qu’il ne connaît point, et, aussitôt qu'il commence à s’y habituer, aussitôt qu’il a fait faire à ses écoliers assez de progrès pour qu’il ait du plaisir à les instruire, le voilà qui les abandonne, pour aller reprendre ailleurs la même besogne ingrate.
Quant aux enfants, rien de plus nuisible non plus que ces mutations fréquentes d'instituteurs. Chacun de ceux-ci, surtout lorsqu'ils ne sort pas d’une des Ecoles Normales, a sa méthode partieulière ; il faut un temps passablement long aux éièves pour s’y accoutumer, et, lorsqu'ils ont à peine commencé à s’y faire, n'est-il pas regrettable qu'ils aient à changer de maître ? De cette façon, le temps se perd, les progrès sont retardés, la confusion se met dans l'esprit des écoliers, par suite de ce passage continuel d’une méthode à une autre. (C’est donc l'avantage de