‹ Cours de pédagogie ou Principes d'éduction [microforme]Chapitre 13 sur 163 · MARQUES DE VOCATION · texte numérisé non relu

MARQUES DE VOCATION

Les principales marques d’une vocation sérieuse à l’état d’Instituteur sont:

1° L'affection pour l’enfance.— Aimez-vous sincèrement les enfants? (a) Sentez-vous en vousmême un ardent désir de leur être utile, de leur faire du bien ? Avez-vous une tendre compassion pour leur inexpérience, pour leurs défauts ?

(a) ‘‘ Laissez venir à moi les petits enfants,” disait Notre Seigneur. S. Mare, 10, 14.

Vous plaisez-vous, comme votre divin Modèle, à vous en voir environné ? Oh! alors, n’en doutez pas, vous avez une marque évidente de vocation. Au contraire, vous ennuyez-vous avec eux ? leurs jeux, parfois très-bruyants, leur légèreté, leurs imperfections, tout cela vous fatigue-t-il, vous dégoûte-t-il ? avez-vous hâte d’en être débarrassé ? Dans ce cas n’entreprenez pas une tâche qui n’aurait aucun charme pour vous, et à laquelle vous seriez tout à fait impropre. Vous vous ennuieriez avec vos élèves et ils s’ennuieraient avec vous ; ce dégoût réciproque arrêterait tout progrès et finirait peutêtre par vous rendre odieux à leur yeux.

2° Le goût pour cet état. — Quel motif vous porte à y entrer? L’embrassez-vous uniquement comme un moyen quelconque de gagner votre vie? Le considérez-vous même comme un pisaller ? Ne vous y décidez-vous qu’au défaut d’un état plus avantageux, plus lucratif? Ah! craignez alors de vous y engager; vous n’y êtes pas appelé, vous ne l’exerceriez que comme un mercenaire. Sans doute, il ne vous est pas interdit de songer à votre bien-être, de trouver un moyen de vivre honnête et honorable ; mais ayez principalement en vue le bien à faire, dans cet état, à la Religion, à la Société et aux enfants dont vous serez chargé.

8° L'esprit de dévouement.—L'état d’Instituteur exige de celui qui s’y consacre, qu’il em-

Modèle, re, n’en ‘vidente

"eZ-VOUS ‘uyants, ut cela ez-voug r’entrecharme , à fait élèves àt réci- | peut-

f vous ement votre n pisd’un crai- 28 pas un

ploie les plus belles années de son existence à l'éducation d’enfants inattentifs, tantôt indociles et insouciants, tantôt sans politesse et sans reconnaissance ; qu’il passe ses journées presque entières renfermé avec eux dans une pièce ordinairement étroite, sombre et mal aérée, et tout cela pour un traitement qu’il ne pourra retirer que sou à sou. Quel dévouement ne faut-il pas avoir, pour se soumettre à de tels sacrifices pendant de longues années !

4° Les qualilés nécessaires. — Il serait téméraire, Sans aucun doute, de s'engager dans un état si important et si difficile, sans posséder les qualités et les vertus requises. Si l’on est dépourvu de quelques-unes qui puissent s’acquérir avec des efforts et de la bonne volonté, soutenu par la grâce divine on doit y travailler sans relâche. Ce sujet est d’une telle conséquence, qu'il va faire la matière d’un article spécial.

ARTICLE 2e.

Page 1