PERLES
mn “mere
ractère dans les circonstances critiques ou pénibles.
Les principaux défauts qu'un instituteur doit bannir de son école, sont: l’immoralité, le mensonge, la dissimulation, le vol, la paresse, l’orgueil, l’insubordination, la grossièreté, la malpropreté et la dissipation.
1° L’immoralité. —Commeil suffit d’une brebis galeuse pour gâter tout un troupeau, de même un seul enfant perdu de mœurs peut corrompre toute une école. Il faut donc être impitoyable sur ce point. Si un élève, par ses paroles libres, ses discours licencieux, ses exemples scandaleux, est une pierre d’achoppement, une occasion de chûte pour ses condisciples, on doit le reprendre et le punir sévèrement et avertir ses parents ; puis, si le scandale continue, l’expuiser sans miséricorde, quels que soient ses talents et ses succès, et en prévenir messieurs les commissaires.
Cependant si les fautes n’ont eu qu’un ou deux témoins, il est à propos de ne pas les ébruiter, et de tenir la cause de l’expulsion cachée aux autres enfants.
Si les fautes sont solitaires, il faut éviter soigneusement, si on le peut, d'attirer là-dessus l'attention même des voisins. Disons aussi que fréquemment les apparences sont plus graves que l'action.
La vigilance nécessaire pour empêcher l’immoralité de s'introduire dans une classe, doit encore être plus active lorsque celle-ci est composée d'élèves des deux sexes.
Les latrines, qui sont toujours indispensables pour le bon ordre, doivent être alors convenablement séparées. Les portes doivent être visibles de l’école même. Un maître sage ne laissera pas sortir deux enfants à la fois pendant l’école, comme règle générale.
Que l’instituteur ne croïe pas pouvoir se relâcher sur l’article de la surveillance, sous le prétexte que ses écoliers sont bons. Il peut facilement se tromper ou être trompé ; mais admettons que cela soit: alors la vigilance servira à les conserver bons. Quels reproches ne devrait-il pas se faire si, par sa négligence, un seul de ces enfants venait à se gâter !
20 Le mensonge. —Défaut désolant, contagieux et bien difficile à extirper lorsqu'il a pris des racines nn peu fortes dans une école ! Sans doute un léger mensonge n’est qu'une faute vénielle ; mais l'habitude du mensonge peut mener à des conséquences bien funestes. Répétez donc souvent à vos élèves qu’une faute avouée est à demi pardonnée, et que votre conduite réponde à vos paroles. Soyez indulgent pour celui qui vous déclare franchement sa faute, et si vous croyez devoir le punir,
punissez doublement celui qui a menti pour cacher la sienne. Faites comprendre aux enfants que le mensonge est une chose dégradante, et que celui qui en a pris l’accoutumance, ne mérite pas qu’on le croie, même quand il dit la vérité.
8° La dissimulation.—C'est le mensonge en actes. L'élève dissimulé vous le verrez, tantôt se cacher pour tâächer de vous attraper ; tantôt feindre devant vous la sagesse, la vertu, la soumission, tandis qu’en arrière il montrera tout le contraire. C’est quelque chose de détestable, qui répugne au naturel même des enfants.
Leur âge n’est-il pas en effet celui de la candeur et de la naïveté ? Leurs traits ne doivent-ils pas réfléter une aimable franchise ? Montrez donc de l'horreur pour les hypocrites ; accoutumez les enfants à la droïture en les mettant à l’aise et en vous montrant vous-même ouvert avec eux.
4 Le vol.—Il est bien périlleux pour un enfant de s’habituer à voler ; il commencera par des bagatelles, une plume, un crayon, un jouet, pour finir souvent par des objets d'importance, dont la soustraction pourra le mener à la prison ou au pénitencier et attirer le déshonneur sur lui-même et sur sa famille, On ne saurait donc trop prémunir les élèves contre la propension à dérober ; on ne saurait arrêter trop tôt ce malheureux penchant.
PERRET re OR D Res Pan ed
de Ver Dm 4 Dr
5° La paresse. —Quand la paresse s’introduit parmi les écoliers, il n’y a plus de plaisir pour un maître, puisque tout son zèle, tous ses efforts se trouvent paralysés par l’apathie des enfants. C'est en même temps un défaut bien difficile à faire disparaître. Que l’instituteur cependant pe confonde pas un manque de talents avec la négligence : l'enfant sans capacité est bien assez malheureux déjà, sans qu'on l’accable de reproches et de ranitions ; il demande bien plutôt à être encouragé. Le paresseux lui-même ne doit pas être réprimandé sans cesse ; on réussira mieux à le corriger en aiguillonnant sa volonté. Il ne faut pas non plus lui proposer une épreuve trop longue pour commencer ; mais le complimenter du moindre effort, qui, pour lui, peut être considérable. Qu'on lui fasse sentir enfin le plaisir qu'il causera par son application à tous ceux qui s'intéressent à lui, surtout à ses parents, et l'importance qu'il y a pour lui de s’instruire, afin de pouvoir remplir ses devoirs par la suite.
6° L'orgueil.—Une sotte vanité suffit pour gâter un enfant, doué même des plus belles qualités. Supposons qu’il ait de grands talents, une facilité merveilleuse pour comprendre et retenir : il se voit considéré partout, il s'entend louer dans sa famille, à l'école, au catéchisme, en tout lieu. Quel écueil pour son humilité ! et cependant ia suffisance et la présomption
peuvent le rendre détestable. IL faut donc beaucoup de discrétion de la part du maître, pour ne pas encourager ce penchant à l’orgueil, si naturel à l’homme. Il rappellera donc aux élèves, surtout à ceux qui réussiront le mieux, que les talents viennent de Dieu, qui en demandera compte un jour; il leur dépeindra les charmes de la modestie, particulièrement dans un enfant, auquel elle sied si bien; enfin il accompagnera les éloges et les récompenses de quelques paroles propres à prévenir l’orgueil.
7° L'insubordination.—Impossible de parvenir à conduire une école, à moins d’habituer les enfants à l’obéissance. Il faut que vis-à-vis d'eux l’instituteur suit maître et seul maître, L'insubordination ou la révolte ne doivent donc jamais se tolérer dans une classe. Si un écolier gagnait un jour son point, le lendemain dix autres croiraient pouvoir user impunément de la même liberté, et alors licence, anarchie !
Si le refus de se soumettre vient de ce que l'enfant est fâché et hors de lui-même, il vaut presque toujours mieux lui donner le temps de se calmer et de réfléchir, pourvu qu'il finisse par céder. Si au contraire l’insubordination est préméditée, l’instituteur devra tâcher de garder son sang-froid, agir avec prudence, n’insister que sur ce qu'il peut obtenir, et ne point chercher à l'emporter de vive force. Une lutte
Lis ES 2 PR REA Ve OF En 200 Ga Sn mr 7-20 200 7
violente, même celle où le maître triomphe, est une sorte de spectacle pour tous les élèves et contribue à faire perdre à l’instituteur le respect, l'affection, l’ascendant moral qui lui sont indispensables. Si l’enfant désobéit, commeil arrive quelquefois, parce qu'il se croit la victime de l'injustice ou de l'arbitraire, il faut lui faire sentir que ce qu’on lui commande est juste, raisonnable et conforme àses véritables intérêts.
8° La grossièrelé.—L'éducation première, l’éducation de famille manque à tant d’enfants qu’un instituteur doit mettre tous ses soins à y suppléer. Peu de choses serviront autant à le faire estimer et apprécier que de les rendre polis Pour y arriver, il se montrera lui-même très-civil envers eux; il leur expliquera de temps à autre les règles du savoir-vivre ; il leur recommandera d’avoir beaucoup d'égards les uns pour les autres ; enfin il exigera d'eux une grande politesse dans les paroles et les actions. Mais ce sujet est si important qu'il fera la matière d’une section spéciale.
9° La malpropreté.—Elle est très-nuisible à la santé du maître aussi bien qu'à celle des écoliers ; elle engendre le dégoût et la négligence des devoirs, et elle fait contracter de regrettables habitudes pour toute la vie. L'instituteur fera donc chaque jour un examen de propreté pour la tête, les mains et les habits ;
il empêchera les enfants, autant que possiblu, de venir à l’école nu-pieds, et de se porter inutilement la main au visage, aux cheveux, ou aux pieds. Il exigera aussi qu'ils soient trèssoigneux de leurs livres et de leurs cahiers.
10° La dissipation.—Ce serait en pure perte qu’un maître donnerait les plus belles explications, et n’épargnerait aucune peine pour que les élèves les comprissent bien, siceux-ci se livraient à la dissipation et ne l'écoutaient pas: ce défaut leur nuiraït donc considérablement. Mais l'instituteur en triomphera en dirigeant sa classe avec méthode, conservant de la modération, parlant ordinairement d’une voix médiocre, tenant les enfants toujours occupés et attentifs, et récompensant la sagesse. Son air seul doit d’ailleurs leur imposer, et leur imprimer une crainte salutaire.
Section 3e.—LE CARACTÈRE.
On peut presque dire qu’il y a autant de caractères différents que d'individus, tant les caractères offrent de nuances diverses. Chacun d'eux demande à être dirigé, aiguillonné ou réprimé suivant sa nature : le caractère bouillant doit être tenu en bride ; l’orgueilleux, le susceptible, modéré ; l’indifférent, le mou, excité, réveillé. Un seul de ces défauts peut empoi- G
DCE Mnscunng ner mnrpmqoe ane GER un UE NE As cer ame> smme .
sonner toute une vie. Chacun de ces caractères demande donc à être pris d'une manière particulière, de même que chaque maladie physique exige un traitement spécial. Conséquemment, quelle attention de la part d’un maître pour connaître ces caractères dans leur diversité presque infinie, et les différents moyens de les conduire et de les corriger ! Car, remarquonsle, les qualités elles-mêmes deviennent des défauts, lorsqu'elles sont poussées à l’excès. Quelle nécessité encore d'étudier toutes ces natures si diverses, afin de parvenir à les bien connaître ! Quelques-unes sont franches et ouvertes, on les découvre à première vue ; d’autres au contraire sont cachées, sournoises, il
faut des mois, des années pour les pénétrer.
On comprend le tact, la réflexion, le zèle, la patience, le dévouement que requiert une telle étude. On ne peut même parvenir au but si louable, mais si difficile, que l’on se propose, qu'en éloignant toute contrainte des‘enfants, en les mettant à l'aise, afin qu'ils ne songent pas à dissimuler leur caractère. Et cette étude doit être de tous les instants; on doit profiter de toutes les occasions qui se rencontrent, particulièrement des récréations, où les élèves sont tout entiers au jeu et dévoilent davantage leurs sentiments intimes.
En un mot, l’instituteur doit se mettre en état de dresser un catalogue de ses écoliers, avec le
elle b si )8e,
pas loit
rtiont urs
état c le
caractère, les penchants, les dispositions de chacun.
Section 4ème.—LA CIVILITÉ.
Le gsavoir-vivre est si important que l'on appelle celui qui le possède, un homme bien élevé. Il ne faut pas croire que les règles de la politesse ne soient que des formes vaines et arbitraires. Non, la civilité véritable n’est que la pratique de deux grandes vertus, l'humilité et la charité. Ne pas se préférer aux autres, traiter son prochain comme on voudrait être traité soi-même, tâcher d’être obligeaht pour tout le monde : voilà l’abrégé, l'essence de tout cours de civilité.
Les principales observations à faire là-dessus aux élèves des écoles, sont les suivantes :
Assis.—$Se tenir droit sur son siége ; ne point croiser les jambes à l’église, aux examens, et dans d’autres circonstances semblables ; se lever pour répondre à un supérieur, ou à son arrivée.
Debout.—Rester ferme sur ses pieds ; saluer avec grâce et déférence; ne point passer devant une personne respectable ; lui céder le pas dans une porte ; avoir la tête droite, les yeux plutôt baissés que fixés sur quelqu'un ; ne pas présenter soi-même la main à un supérieur.
LS Y 4 AS < Y Ve Ÿ LY Le & æ Æ 1333 34 ”.
= = SÉFÉ : =} SO ÉFFFFÉL =ù o É- cs:
< o|l —I] « = ss 2) 1 4 = Œ Æ = — .
2 ELLE à è d À à NS Ke AS LYS cu, 48
Dans la maison.—Garder la tête nue (pour les garçons) ; marcher avec le moins de bruit possible, sanstraîner les pieds; monter et descendre les escaliers une seule marche à la fois, et sans s'appuyer sur la rampe ; parler d’une voix modérée; ne jamais cracher à terre ; ne pastoucher à l'épaule, à la tête, au visage d'un autre.
Dehors. —Ne point crier dans les chemins, ni incommoder les passants ; saluer les personnes respectables et plus âgées, surtout les membres du clergé; les filles le font par une inclination de tête, les garçons, en portant la main au chapeau, et même en se découvrant, si le temps le permet ; ces derniers doivent aussi ôter leur chapeau pour parler à un supérieur. Toujours céder à celui-cile haut du trottoir, c’est-à-dire le côté le plus rapproché des maisons ; si l’on est trois, placer le plus digne au milieu, en marchant.
En parlant.—Ne point interrompre un autre ; ne pas s’emparer de la conversation, quand on est jeune ; ajouter à ses réponses, surtout quand elles sont très-courtes, les mots : monsieur, madame, mademoiselle ; ne pas appeler une personne par son nom de famille dans le cours de la conversation ; éviter de dire trop souvent le titre de quelqu'un ; bien écouter son interlocuteur, afin de ne pas l’obliger à répéter ; sion nel’a pas entendu, malgré toute l'attention possible,
les . S'en excuser, et ne jamais employer ces for- O8- mules : eh? hein ? quoi? comment ? mais plutôt ire celles-ci : s’il vous plait ; plait-il ; excusez-moi, je ins n'ai pas compris, etc. ; ne point jurer. | nO-
À tlable.—$"y tenir droit, sans s’appuyer le dos
18e sur sa chaise, ni les coudes sur la table ; éviter d’y cracher ou de s’y moucher ; employer la ni fourchette à porter la nourriture à la bouche, et : 1e8 non le couteau ; s’essuyer les lèvres, avant de À res boire, avec une serviette ou son mouchoir, non ‘4 on avec la nappe ; se tenir le corps près de la 4 au table : mettre le bout du couteau et de la four- à ps chette dans son assiette, et non pas les manches 1 >ur sur la table avec les pointes en haut ; rompre | urs son pain, ne pas le couper sur la nappe, encore 1 ire moins, mordre dedans ; éviter de parler et de 1 on boire lorsqu'on a la bouche pleine; manger et . en boire proprement, sans avidité et sans bruit ; 4 ne pas prendre dans le plat, mais se faire servir 1 ee dans son assiette ; si l’on trouve quelque saleté, Î dé ne pas la montrer à ses voisins, mais la déposer, | hi sans rien dire, sur le bord de son asciette ; si à r, l’on recoit des invités, faire en sorte de finir le j or- dernier ; ne se retirer de table que sur le signal | de du maître de la maison. !
le Instituteurs, tenez soigneusement à ce que 1 u- vos élèves soïent très-polis envers vous, par À a rapport à la charge que vous remplissez ; envers À
| leurs parents, par rapport à l'autorité dont ils
sont revêtus ; euvers les ministres de Dieu, à cause de leur caractère sacré ; enfin envers les vieillards, à cause de i:ur âge. Qu'ils soient déférents pour les pauvres et les infirmes ; qu’ils ne se moquent jamais des difformités naturelles ; qu'ils soient remplis d’égards pour leurs compagnons : c’est dans cette pratique journalière de la politesse, qu’ils contracteront des habitudes de savoir-vivre qui les feront estimer et rechercher de tout le monde.