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en demander compte, ce que l’on appelle lecture raisonnée. Ce compte-rendu consiste, pour les plus petits, à donner la signification des mots qu'ils épellent, et, pour les autres, soit le sens d’une phrase particulière, soit le résumé de tout un paragraphe ou de tout un chapitre. IL est bon, dans ce dernier cas, de les empêcher de s’attacher au mot-à-mot. :
Ceux qui savent bien lire à haute voix sont extréèmementrares. Quand vous serez appelés à le faire, évitez de mettre votre livre devant la bouche, et de tenir la tête trop basse ; parlez assez haut pour être entendu des parties les plus éloignées dela chambre ; prenez un ton naturel, à peu près celui de la conversation, mais que les inflexions soient un peu moins marquées ; enfin élevez la voix et appuyez sur les mots les plus saillants de chaque phrase.
Section Ge.—DES LIVRES DE LEOTURE DANS LES ÉCOLES.
1° Faut-il que les enfants changent fréquemment de livres de lecture ? —Répondons à cette question commesuit : pas assez rarement pour qu'ils aient la facilité d'apprendre le livre parcœur, comme cela arrive quelquefois ; pas assez souvent pour que les parents aient droit dese plaindre. Règle générale, ne changeons les élèves de livre que lorsqu'ils lisent très-bien dans celui qu’ils ont entre les mains, et faisons-leur envisager ce
changement comme une récompense. Alors, au lieu de le redouter, ils le hâteront de leurs vœux.
20 Quels livres faut-il adopter pour la lecture dans les écoles ?—En attendant que le Conseil de l’Instruction Publique ait approuvé une série de livres de lecture pour nos écoles, nommons les suivants : d’abord un syllabaire ; puis le petit et le grand catéchisme, d’après le mandement de nos Seigneurs Evêques. Quant aux autres, à part la Nouvelle Méthode qui est graduée et qui indique les liaisons à faire, il y a peu à choisir. Le Nouveau Traité des Devoirs du Chrétien, les Instructions pour les jeunes gens, le Psaultier de David, la Doctrine chrétienne par Lhomond, la Morale en action, l'abrègé de l'Histoire du Canada, la Géographie, &e. sont les plus répandus. Tous ces livres, et beaucoup d’autres, suflisent à cette fin, lorsqu'un bon maître surveille la lecture.
Pour le latin, qu’il est important d'apprendre à lire à cause des prières de la liturgie, on peut choisir un Psautier ou un Office de la Vierge.
. Quand on veut faire lire l'écriture aux enfants, on peut leur faire acheter un Manuscrit lithographié, ou les obliger à échanger leurs cahiers, ou encore leur donner à déchiffrer des lettres de différentes personnes, qui ne contiennent rien de privé.
Les élèves doivent s’habituer à avoirun grand soin de leurs livres ; les tenir des deux mains, ou avec une seule main, mais sans laisser pendre l’un des côtés du livre ; n’en pas rouler les coins; ne pas les tourner à l'envers; ne point plier les pages, mais placer un signet de papier; ne pas s'appuyer dessus en récitant leurs leçons, &c.
Section G6e.—TEMPS À CONSAORER À LA LEOTURE.
C'est l'avancement de chaque classe qui détermine le temps pendant lequel elle doit lire. Pour les plus jeunes enfants, la lecture est un des exercices les plus importants; par conséquent, il faut les faire lire matin et soir, à plusieurs reprises. Les autres lisent moins fréquemment, maïs personne, même parmi les plus avancés, ne doit passer une semaine sans lire deux ou trois fois pendant au moins une demiheure.
DE L’INSTRUOTION RELIGIEUSE.
Voici ce que prescrivent Nos Seigneurs les Evêques de la Province de Québec, dans leur
Mandement du 8 Septembre 1853, au sujet du catéchisme :
les ur du
‘50 Les maîtres et les maîtresses d'écoles le feront en tout temps, deux fois par semaine; et, aussitôt que les enfants seront capables de lire, nous désirons que le petit et le grand ca-
téchisme soient leurs premiers livres d'école. ”’
C'est donc une obligation pour tous les Instituteurs de faire le catéchisme deux fois par semaine dans leurs écoles. Les jours ordinairement choisis sont le mardi et le vendredi, pendant une heure.
Le Catéchisme est une instruction familière sur la Religion par demandes et par réponses.
Pour bien faire le catéchisme, il faut—
19 Y attacher une haute importance. —Convainquez-vous bien, et faites comprendre aux enfants, que la connaissance de la Religion est la première et la plus nécessaire de toutes les connaissances. Durant cet exercice, mettez en pratique les plus puissants moyens d’émulation, afin que les élèves s’y appliquent avec zèle
2° &y préparer soigneusement.—$Si vous avez de l’enseignement religieux l'estime que vous devez en avoir, vous le prouverez par le soin que vous apporterez à vous y préparer.
Etudiez donc toujours d'avance le chapitre que vous devez expliquer; aidez-vous pour cela de quelque auteur approuvé, comme Couturier, Collot, Guillois, Gaume, etc., la Doctrine chrétienne
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de Lhomond, le Nouveau Traité des Devoirs du Chrétien, lea Instructions pour les jeunes gens, etc.
Mais comprenez bien qu'il ne vous appartient pas d'entrer dans de longs développements sur la doctrine de l'Eglise ; vous n'avez pas mission pour cela, et vous vous exposeriez, faute de science suffisante, à commettre beaucoup d'erreurs. Vous vous bornerez donc à faire bien apprendre et comprendre la lettre du catéchisme aux enfants, et à leur en donner des ‘ applications pratiques.
89 Rendre attrayant l'enseignement de la Rekigion.—Donnez-le avec foi, avec plaisir, avec intérêt ; mêlez-y des anecdotes pieuses et des traits de l'Histoire Sainte, que vous trouverez indiqués ou rapportés dans le Grand Catéchisme même, dans la Morale en action, dans les Devoirs du Chrétien, etc. ; récompensez l'attention et les bonnes réponses ; et vous inspirerez ainsi facilement aux enfants un grand goût pour l'étude de leur Religion.
Nos Seigneurs Evêques ajoutent : ‘ L'abrégé du petit catéchisme préparera les petits enfants à leur première confession ; le petit catéchisme disposera à leur première communion ceux qui auront l’âge de la faire ; le grand catéchisme sera pour ceux qui, l'ayant faite et se préparant à la confirmation, voudront s'instruire à fond des vérités de la religion.”’
s du 1° Aux plus jeunes enfants donc, c’est-à-dire. etc. à ceux de l’âge de 6,6 et 7 ans, l’instituteur let fera étudier l’Abrégé, et il insistera pour qu'ils | abs le sachent parfaitement mot-à-mot, ainsi que | ati. l’Oraison Dominicale, la Salutation Angélique, âte le Symbole des Apôtres et les Actes de Foi, | oup d'Espérance, de Charité et de Contrition. Il fl de devra surtout tenir à ce qu’ils connaissent bien |, | té. les trois principaux mystères, et à ce qu'ils |! des apprennent à se bien confesser. Il ne suffit | pas pour cela de leur dire la manière de le | faire ; il faut leur donner souvent des exercices, | leli- et alors on leur explique la façon d’entrer et de pue se tenir au confessionnal, le moyen d'examiner des ga conscience, de commencer et de finir sa ot confession, le soin de dire le nombre des péchés Et et les circonstances qui en changent l'espèce, etc. | irs | (| et Que l’instituteur se rappelle que tout enfant gi parvenu à l’âge de raison est strictement obligé ur de connaître ces mystères et ces prières, et de se confesser au moins une fois dans.l’année. | | gé 2° Pour les: élèves qui se préparent à la | its première communion, le maître leur fait appren- 16 dre exactement la lettre du Petit Catéchisme, et X la leur développe ; maïs qu’il évite soigneuse- | é- ment de les mettre dans une fausse conscience, se en leur donnant pour graves des fautes lévwèros,
comme un petit mensonge, un petit vol, une petite désotéissance, etc. ; qu'il leur inspire
cependant beaucoup de crainte du péché véniel.
Le bon maître ne borne pas là ses soins ; il
leur inculque une haute idée de la sublime action à laquelle ils se disposent ; il les engage, il les aide à se corriger de leurs défauts ; il leur suggère des pensées pieuses, de courtes et ferventes pratiques de dévotion, et plus le moment de la première communion approche, plus il redouble de zèle et de soin à leur égard.
S’il se rencontre quelque enfant à intelligence bien obtuse, le maître ne doit pas se décider de lui-même à ne lui faire apprendre que l’Abrégé ; mais il doit en parler à M. le curé et suivre sa direction.
Les écoliers qui pensent à faire leur première communion au printemps, doivent, depuis au moins l’automne précédent, y être préparés spécialement par une leçon de catéchisme tous les jours, matin et soir. |
C’est un bien mauvais service à rendre à un enfant que de chercher à le faire commun:?r très-jeune, par exemple, à 8 ans (même une fille), sous prétexte qu'il est précoce, qu'il sait tout son catéchisme par cœur, qu'il le comprend bien, qu'il est pieux et sage, etc. Cet enfant regrettera toujours de n'avoir pas communié un peu plus tard, alors qu'il aurait mieux senti
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toute l'importance de la grande action qu'il faisait. (a)
8° Quant aux élèves qui ont communié, l'instituteur devra leur faire étudier le Grand Catéchisme, et surtout le chapitre que M. le curé leur aura donné à apprendre pour le dimanche suivant, afin qu’ils soient en état de le bien réciter et de mieux comprendre les explications du pasteur.
Nos Seigneurs Evêques font, à cette occasion, la remarque suivante : ‘ Cette étude constante du grand catéchisme, jointe aux explications suivies que les pasteurs en donnent tous les dimanches et les fêtes de l’année, est ce qu’on appelle le catéchisme de persévérance, qui a produit de si heureux fruits de salut, partout où il a été introduit, et que pour cela nous aimons à voir s'établir dans notre province.”
Il est grandement. désirable que les instituteurs et les institutrices assistent régulièrement au catéchisme du curé, 1° afin de donner bon exemple au reste de la paroisse ; 2° pour apprendre à le mieux faire ; 3° pour voir si les enfants de leurs écoles y sont assidus et attentifs, et s'ils y répondent bien ; 4° pour insister, dans le cours de la semaine suivante, sur les expli-
(a) Voir Ordonnances Synodales, p. 30, et Second Concile de
ébec, p. 70.
cations du pasteur, et s'assurer que les enfants les ont bien saisies.
Rien ne peut être plus honorable pour un maître que si ses élèves se distinguent, par leurs réponses modestes et exactes, au milieu des autres enfants du catéchisme, et si ceux qu'il prépare à la première communion, sont généralement admis à la faire.
ARTICLE 3e.