‹ Cours de pédagogie ou Principes d'éduction [microforme]Chapitre 58 sur 163 · CT, ONE TE TS · texte numérisé non relu

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geux d'exercer, chez les enfants, la mémoire des mots, en leur faisant apprendre des leçons par cœur. Mais pour que ces exercices de mémoire leur soient bien profitables, il faut :

1° Donner des leçons d'une longueur raisonnable.—Trop courtes, elles n’emploieraient pas assez les élèves ; trop longues, elles les fatigueraient, et finiraient par user leur mémoire.

Cette faculté est comme toutes les autres ; elle ne doit pas être mise à des épreuves excessives. Il ne faut donc point exiger des enfants des efforts extraordinaires pour apprendre leurs leçons. Des maîtres sans expérience essaient quelquefois de surcharger ainsi leurs écoliers. C’est très-mal calculé : mieux vaut en donner moins long et que le tout soit bien su.

2° Enseigner aux enfants à apprendre par cœur.— Ceci est généralement trop négligé, et il en résulte que, malgré leur bonne volonté, plusieurs élèves ne parviennent pas à retenir leurs leçons. Qu'ils en lisent attentivement une phrase plusieurs fois de suite ; qu'ils la répètent, le livre fermé, à plusieurs reprises ; qu'ils en fassent autant pour les phrases suivantes, en ayant soin de repasser souvent les premières ; ils apprendront ainsi facilement leurs leçons, et développeront singulièrement leur mémoire.

80 Exiger que les leçons soient soigneusement apprises.—Dans plusieurs écoles, c’est plaisir d’en-

tendre réciter les leçons, tant elles se disent avec exactitude et aplomb. ÆEncouragez vos élèves à faire de même, en notant et récom-.

pensant ceux qui les savent bien et les répètent imperturbablement, et en punissant les autres. Mais ici prenez garde d’être injuste: sans doute, beaucoup d’enfants paresseux s’excusent sur leur mauvaise mémoire ; néanmoins il y a certainement des mémoires tout-à-fait ingrates, et ce défaut naturel ne doit pas être confondu avec la négligence.

40 Permettre aux enfants de repasser leurs leçons, mais non, pour l'ordinaire, de l'apprendre en classe.—Il est très-désirable que les élèves apprennent leurs leçons à la maison ; mais s'ils ne le peuvent absolument pas, par la pauvreté ou la mauvaise volonté des parents, ou à cause de l’exiguité du local, fixez alors un certain temps pendant la classe pour les étudier. Dans tous les cas, permettez-leur de les revoir un peu” avant la récitation, mais défiez-vous de ceux à . qui quelques instants suffisent pour les retenir.

5° Demander les leçons de préférence au commencement de la classe. —Si vous attendez trop, les enfants, occupés d’autres études, seront exposés à les oublier, à les réciter d'une manière moins satisfaisante, ou peut-être à ne les apprendre qu'en classe.

6° Expliquer ordinairement la leçon d'avance. — Ce qui rebute souvent les enfants dans l'étude

de leurs leçons, et ce qui leur rend cette tâche bien difficile, c’est qu’ils ne les comprennent point. Essayez vous-même à apprendre une leçon dans une langue que vous ne possédez pas ; quel ennui cette étude ne vous causerat-elle pas? quelle difficulté n'y rencontrerez vous point? Si, au contraire, vous avez eu le soin d'expliquer clairement d'avance toutes les parties de la leçon suivante, les bons élèves y trouveront facilité et plaisir. Vous ne pouvez vous exempter de cette attention que lorsque la leçon se comprend d’elle-même, et n’a pas besoin d’éclaircissements particuliers.

7° Ne pas vous laisser tromper par les enfants durant la récitation.—Ceux-ci ont mille moyens de vous attraper ; soyez sur vos gardes, et ayez les yeux bien ouverts (Commandezleur surtout de tenir leurs livres fermés, pendant que les leçons 8e récitent, et faites les leur déposer sous votre vue. ÆEmpêchez-les aussi strictement de se souffler les uns aux autres ; quand cette malheureuse habitude s'’introduit dans une école, elle devient un supplice insupportable pour l’instituteur. Que tout enfant surpris à souffler soit donc sévèrement puni; si vous ne pouvez découvrir ceux qui soufilent, menacez toute la classe de quelque châtiment, comme d’être privée d’un congé, d’une fête, etc., ou d'être soumise à une tâche extraordinaire.

Faites aussi quelquefois mettre celui qui récite à part des autres.

8° Ne point dire soi-même les mots aux enfanis.— Le contraire est une coutume blämable, suivie par plusieurs maîtres. Ils disent un mot, l'enfant le dit après eux ; ils disent un autre mot, l'enfant le répète de même, et ainsi de suite. Cependant il n’est pas défendu de suggérer à un élève qui sait bien sa leçon, un mot qui lui manque pour reprendre le fil de la récitation.

99 Ne point faire réciter les leçons trop rapidement.—Quand ce défaut pénètre dans une école, les enfants bredouillent, se répètent, parlent indistinctement et disent leurs leçons comme de vrais perroquets, sans faire la moindre attention au sens.

10° Ne demander la leçon chaque fois qu'à un cerlain nombre d'élèves.—De cette manière on ménage le temps, sans que les enfants apprennent moins bien leurs leçons, pourvu que l’on ait soin de né pas suivre l’ordre d’une liste invariable, et que l’on demande de temps à autre la leçon plusieurs fois de suite au même élève.

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