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DE LA GÉOGRAPHIE

Les élèves ont un grand besoin de connaître la Géographie pour avoir une idée correcte des divers pays, de leur étendue, de leur climat, de leurs productions, de leurs objets de commerce, de leur forme de gouvernement, de leurs mœurs et de leur religion. Sans cette connaissance ils ne pourront profiter de la plupart de leurs lectures. Il y a trois principales espèces de géographie : la géographie physique, qui décrit la configuration de chaque pays, ses montagnes, ses rivières, son climat, ses productions, la race d'hommes qui l’habitent, etc. ; la géographie politique, qui s'occupe des gouvernements, des mœurs et des religions ; et la géographie historique, qui a pour objet les différents noms que les lieux ont successivement portés, les divers peuples qui les ont habités, les partages que les différentes contrées ont subis, &e. Les deux dernières éprouvent des changements fréquents, et doivent être étudiées surtout dans les écoles modèles et les académies. On s’y servirait avec avantage de la Géographie de feu le Révérend M. Holmes, qui est certainement

la meilleure qui existe pour l'Amérique. Dans les écoles élémentaires on pourrait se contenter de l'Abrégé publié par la Société d'Education du District de Québec. En anglais l'Atlas de Lovell est assez approprié.

Dans nos écoles canadiennes, l’enseignement de la géographie doit commencer (après les Notions préliminaires) par l'Amérique, et particulièrement par le Canada. |

Section: lère.—CARTES GÉOGRAPHIQUES.

Il n’y a guère moyen d'enseigner la Géographie sans cartes. Faute de mieux, on pourrait se servir d’un atlas ; mais, s’il y a beaucoup d'enfants, la chose deviendra bien incommode. Il serait préférable d’avoir des cartes dites murales, destinées à être placées sur un mur.

Pendant, en effet, qu’un élève montre sur une telle carte avec une baguette, tous les autres peuvent suivre.

Placez près de la carte ceux qui ont la vue courte. Expliquez d'avance la leçon, et montrez tous les lieux. Soyez très-soigneux des cartes, et roulez-les avec précaution. Veillez à ce que les enfants ne grattent pas trop et ne percent point la carte avec la baguette, et qu'ils ne s'appuient pas à terre sur celle-ci. Habituezles à montrer correctement les lieux, et non pas

seulement les noms ; à indiquer avec soin, et non vaguement, les bornes des pays, le cours des rivières, etc. ; et à bien connaître les latitudes et les longitudes. Pour les bornes, qu'ils distinguent entre les bornes naturelles et les bornes artificielles ou conventionnelles, et que, pour les montrer, ils suivent les lignes qui les indiquent, et ne montrent pas les pays limitrophes. Pour les rivières, qu'ils en suivent le cours en partant de la source et en allant vers l'embouchure.

Il est aussi très-utile de faire répéter souvent les définitions aux élèves, et de leur faire comprendre l'importance de la géographie.

Apprenez-leur encore à distinguer les diverses sortes de cartes : mappe-monde, cartes générales et cartes particulières.

Dans les écoles ordinaires, bornez-vous à faire réciter sur la carte la lettre même du livre, et à poser quelques questions pour vous assurer que Jes enfants comprennent ce qu'ils disent. Dans les plus hautes écoles, le maître pourra laisser l'élève à lui-même, pendant que celui-ci dira tout ce qu’il connaît d’un pays, en suivant un ordre bien rationnel. Celui-ci serait assez bon : Bornes, divisions, montagnes, volcans, rivières, lacs, presqu'iles, baies, îles, capitale, principales villes, climat, sol, productions, objets de commerce, gouvernement, population et religion.

Pour les élèves les plus avancés, les cartes muelles sont préférables : ce sont celles où les noms ne sont pas écrits, ou ne le sont qu'en abrégé ou en caractères trop fins pour être lus d’un peu loin.

Il faut encore exercer les élèves à réfléchir et à raisonner en Géographie. Ainsi, vous ferez bien de leur demander la route à suivre pour aller de tel lieu à tel autre, les divers objets d'échange entre certains pays (ce qu'ils peuvent connaître jusqu’à un certain point par la zône où ils sont situés) ; la position des montagnes d’après le cours des rivières ; le climat et la fertilité du sol, d’après la latitude, les cours d’eau, la proximité de la mer, et la configuration physique de la contrée, etc.

Section 2ème.—GLOBE TERRESTRE.

Si l’instituteur peut se procurer un globe terrestre, il y trouvera un grand avantage pour faire comprendre aux élèves la forme de la terre, les latitudes et les longitudes, les zônes, etc. Il pourra même exercer les plus capables à résoudre beaucoup de problèmes intéressants sur l'usage de ce globe, par exemple :—trouver l'heure du lever et du coucher du soleil pour un lieu et un jour donnés ; la longueur du plus

long jour et du plus court pour un lieu particulier ; la différence d'heures entre deux lieux, etc.

Cet instrument a besoin d’être manié avec précaution,

Section 3ème.—DESSIN DES CARTES.

C’est un art aussi utile qu’agréable de savoir dessiner une carte géographique. Pour commencer, les élèves les plus avancés et les plus adroïts peuvent être exercés à copier une carte. Ils tracent d’abord les degrés de latitude et de longitude, au moyen de parallèles et de méridiens, soit avec un compas, soit aver une règle pliante ; ils décrivent ensuite, dans ch ique compartiment, le contour des pays, en sui ant le modèle. Ils pourront plus tard être acc utumés à réduire les cartes, en augmentant ou

diminuant l'échelle. Enfin, s'ils vienner à

possédersuffisamment la Géographie, ils dev ont être appelés à tracer les cartes par cœur.

Qu'ils évitent d'y mettre des couleurs, s'ils ne savent pas bien les appliquer. ee Quant aux différentes espèces de projections, c'est un sujut trop difficile pour la généralité des élèves. fs

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e ARTICLE 9e, DE L’HISTOIRE.

Il est facile de faire comprendre aux élèves combien il est instructif et intéressant tout ensemble d'étudier ce qui s’est passé sur ce globe avant nous, les mœurs, les coutumes, les actions des différents peuples qui l’ont habité, les progrès des arts et des lettres, l’état politique et religieux, les succès et les revers de ces diverses nations.

Maïs pour que les écoliers le fassent avec fruit, le maître ne doit pas se contenter de leur faire

“apprendre par cœur et mot-à-mot une leçon

d'Histoire, comme malheureusement la chose se pratique trop communément ; il doit chercher à exercer, dans l'étude de cette branche, au moins autant leur intelligence que leur mémoire. Il les habituera donc à en rendre aussi compte à leur manière. Les phrases seront sans doute moins correctes, l’expression moins châtiée ; mais en revanche les choses se graveront mieux dans leur esprit. Nous ne rejetons pas la récitation littérale, que l’on nous comprenne bien ; mais nous désirons que l’on aille au delà, et que l’on fasse réfléchir les enfants sur l'Histoire.

Faites toujours marcher de pair l'Histoire et | la Géographie ; elle se prêteront un mutuel

secours. Obligez donc les élèves à indiquer sur la carte tous les lieux mentionnés dans la leçon. Ajoutez-y la Chronologie, ou science des dates. Mais prenez garde de mettre de la confusion dans leurs notions historiques ; guidez-les au contraire au milieu de ce labyrinthe d’événements et de dates à retenir, en les accoutumant à distinguer les faits principaux des faits secondaires, et en leur donnant une idée claire des époques les plus importantes.

Comme desleçons détachées d'Histoirepeuvent empêcher les élèves d'y mettre de l’ensemble, faites leur faire des récapitulations fréquentes, et même des résumés écrits, s'ils en sont capables, afin qu’ils lient mieux les faits les uns aux autres.

Le choix des auteurs est important et extrêmement difficile. Beaucoup d’historiens ont écrit dans un mauvais esprit et dénaturé l’histoire par leurs fausses appréciations ; d’autres, dans leurs ramans prétendus historiques, la défigurent de manière à la rendre méconnaïssable. (Ce choix demande donc un grand soin. La loi divine, aussi bien que la loi civile, réserve les droits du curé sur le choix de tout livre qui intéresse la foi ou les mœurs.

Section lère.—HISTOIRE SAINTE.

Il serait honteux pour des jeunes gens possédant une certaine instruction, d'ignorer l’histoire de la religion ; il serait plus qu’étrange qu’ils apprissent l’histoire profane et négligeassent l’histoire sacrée. Il est impossible de bien comprendre le catéchisme sans étudier en même temps l'Histoire Sainte ; cette étude ne devrait donc être omise dans aucune école.

La meilleure manière de la rendre attrayante aux enfunts est de se servir de tableaux représentant les différentes scènes de 11 Bible, et de leur faire de nombreuses questions sur ces gravures. Avec les plus jeunes élèves, on devrait même se borner à ce procédé jusqu’à ce qu'ils lisent bien couramment. Ensuite tout en expliquant les gravures à leur manière, ils réciteront la lettre de l’histoire, aussitôt qn'ils en seront capables. Les plus avancés devront voir non-, seulement l'Ancien Testament, maïs aussi le Nouveau. A propos de chaque fait, exprimez quelques réflexions morales, qui produiront sur eux d'autant plus d’impressions, que vous semblerez moins vouloir leur donner une leçon.

Lorsque les élèves de votre première classe posséderont bien toutel’Histoire Sainte, vos pourrez avec avantage leur demander ce qu'ils savent

de tel ou tel personnage, de tel ou tel événement.

Si vous y mettez tant soit peu de bonne volonté et d'adresse, les enfants ne manqueront pas de concevoir pour cette étude si attachante un goût considérable.

Dans les écoles modèles, on pourrait encore enseigner l’histoire de l'Eglise.

Section 2ème.—HISTOIRE DU CANADA.

C'estune chose surprenante, et c’est cependant un fait, qu’on ne s'occupe sérieusement parmi nous de l’histoire du Canada que depuis une vingtaine d'années (1864). Auparavant, un petit nombre d'amateurs seuls l’étudiaient ; mais il n’en était guère question ni dans les collèges ni dans les écoles. Tout au plus, dans les premiers, lisaïit-on une fois le P. de Charlevoix. Heureusement les choses fsout bien . Changées, et on comprend. généralement au- . jourd’hui l'importance de connaître l’histoire du pays Quoiqu'elle n’embrasse qu'une période relativement restreinte, elles présente néanmoins des faits du plus vif intérêt, les scènes les plus émouvantes et les plus glorieuses pour notre peuple. Les instituteurs doivent donc se faire un devoir patriotique de l’enseigner dans leurs écoles à tous les enfants au moins

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qui savent l'Histoire. Sainte. Bi les circonstances ne permettent pas de l’enseigner au long, il serait cependant à propos d’en exposer de vive voix les époquesles plus saïllantes. Ne l’oublions pas, ce ne sont point des mois, maïs des fais que les enfants doivent retenir.

Vous parviendrez facilement à ce résultat, en employant uu bon tableau des principaux événements de l’histoire du Canada. (a) Servezvous-en de deux manières: mentionnez les faits et demandez les dates ; ou bien, citez les dates, et faites rapporter les faits correspondants.

L'histoire du Canada peut s’apprendre par deux fois : la première, en abrégé et en ne s’attachant qu'aux événements principaux ; la seconde, d’une façon plus détaillée et plus approfondie. Le premier procédé convient aux écoles élémentaires ; le second, à celles d’un degré supérieur.

Section 3ème.—HISTOIRE DES PAYS ÉTRANGERS.

IL nous est impossible de ne pas regarder comme un abus l’enseignement de l’histoire des pays érangers dans les écoles élémentaires.

Certainement on devrait s’y contenter de celles

(a) Nous en avons publié un, en 1860, aussi soigné qu'il nous été possible. Il se vend 8 sous.

de la Religion et de la patrie : elles suffisent au temps que les élèves peuvent,y consacrer et à leurs besoïns futurs.

Ce sont donc seulement les élèves des académies, et ceux des écoles modèles qui pourraient apprendre, d'une manière abrégée, l'histoire de France, l’histoire d'Angleterre et celle des Etats- Unis, à condition toutefois qu'ils sachent trèsbien l’histoire de notre pays. Les premiers, s'ils restaient assez de temps à la classe, pourraient même voir un peu d'histoire générale.

Maïs, nous aimons à le répéter, il faut, en enseignant l'ITistoire, exercer en même temps l'intelligence et la mémoire des jeunes gens. À cet effet, la méthode orale conviendrait bien, pourvu qu'on les obligeât à rédiger des cahiers.

Profitons encore des leçons que nous donne si souvent l'Histoire, pour travailler à leur éducation intellectuelle et morale, en rectifiant leurs idées sur certains événements et sur leurs causes, et en sachant en tirer des réflexions salutairs.

ARTICLE 10e.

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