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DE LA LITTÉRATURE

Quels que soient les avantages et les charmes des études littéraires, il est de toute impossibilité

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de s’en occuper d’une manière suivie dans les écoles. Les élèves qui les fréquentent ne les requièrent ni par le temps qu'ils pourraient y consacrer, ni par leur avancement dans les connaissances préparatoires, ni par la maturité de

leur esprit, ni enfin par le genre de vie auquel

ils se destinent. Ces études littéraires proprement dites doivent donc être laissées à ceux qui suivent un cours classique complet.

Cependant tout le monde a besoin de quelques légères notions de style, ne serait-ce que pour écrire parfois des lettres d'affaire ou d'amitié.

Dans les écoles élémentaires, il est donc bon d’accoutumer les plus avancés des enfants à écrire quelques lettres, en leur donnant des sujets simples et pratiques à traiter, par exemple : une lettre de bonne année, une lettre à leurs parents pour leur annoncer un succès en classe, un examen, etc., une lettre de remercîment, une lettre adressée à un ami éloigné, etc.

Dans les écoles modèles, on pourrait proposer des sujets un peu plus difficiles, comme une lettre de condoléance, de félicitation, de reproche, d’excuse, de demande, etc. On pourrait même ajouter de petites narrations badines ou touchantes.

Enfin, dans les académies, il serait désirable de joindre à ces exercices des descriptions assez

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faciles de certains lieux, de certains édifices, de certains spectacles.

Quant aux principes de style, il est mieux de les inculquer à ces jeunes élèves, plutôt en leur faisant des remarques sur leurs faibles essais et sur leurs lectures, qu’en développant longuement les préceptes mêmes de la Littérature.

Un autre bon moyen de les former à la composition, est la rédaction de leurs cahiers de notes, pourvu que l’instituteur ait soin de les examiner et de les critiquer.

Des lectures à haute voix, accompagnées d'observations claires et sans prétention, peuvent

. également contribuer à les former un tant soit

peu à l’art d'écrire.

À propos de lectures, vous ne sauriez trop leur recommander de choisir de bons ouvrages (et vous pourrez leur en indiquer quelques-uns vous-même), et de rejeter les livres frivoles ou mauvais. Tout en leur inspirant le goût de la lecture, vous les prémunirez donc contre les écueils qu'ils y rencontreront si fréquemment, surtout de nos jours.

La bibliothèque paroissiale, s’il en existe une dans le lieu où vous enseignez, pourra vous fournir les livres nécessaires, et servir à faire aimer les bonnes lectures aux élèves, (a).

(a) Ordonnances Synodales, page 112.

: Quant à l’Art Epistolaire, ne négligez pas de faire connaître aux enfants le cérémonial des lettres : ceci est bien plus important qu'on ne croirait à première vue. Un homme est souvent jugé par la façon dont il & commencé et fini, daté et plié, cacheté et adressé une lettre ; s’il l'a fait contrairement aux usages, il passera pour n’avoir pas de savoir-vivre, et pour être impropre aux affaires. La qualité et la grandeur du papier, le genre d’enveloppe, la matière employée pour cacheter: voilà encore autant de points à expliquer, sans compter les égards dus à telle et telle personne, ‘les cas ôù il faut affranchir une lettre, etc. |

ARTICLE lle.

DE L'AGRIOULTURE.

Notre population est surtout agricole ; la plupart des instituteurs sont destinés à instruire des enfants de cultivateurs : il est donc important qu'ils aient certaines connaissances en Agriculture, afin de les communiquer à leurs élèves. -

Ce serait rendre un service éminent au pays, que d'inspirer aux jeunes gens de la campagnel'estime et le goût de l’état de leurs pères, et de leur faire sentir combien il est honorable et

Lajoie, dans le ‘“ Foyer Canadien.”

heureux, Oui, détournons-les de l’envie d’abandonner le séjour paisible et moral des champs pour les dangers et les séductions des villes ; encourageons-les à embrasser vaillamment la vie de laboureurs, et à ouvrir, s’il le faut, de nouvelles terres ; enfin, prêchons-leur sur tous les tons l'importance vilale pour les Canadiens- Français de s'emparer des terres vacantes et d'y fonder de nouvelles paroisses. Faisons leur envisager cette colonisation de nos terres incultes comme une entreprise patriotique, comme une question de vie ou de mort pour notre race.

Sachons leur-faire aimer les mœurs si douces de l’homme des champs ; ses travaux, qui se succèdent avec les saisons; la nourriture, l’habillement, la satisfaction de tous leurs besoins, qu'ils peuvent trouver si aisément dans la maison paternelle, plutôt que de recourir aux importations souvent ruineuses. Que nos élèves aient donc le luxe en horreur, qu'ils le regardent comme un des grands ennemis de la prospérité de notre peuple. (a)

Mais vous ne vous contenterez pas de donner aux jeunes gens dont vous serez chargé, le goût de l'Agriculture ; voas leur en ferez aussi conuaître les principes fondamentaux, vous leur donnerez des conseils salutaires, voustravaillerez

(a) Lisez sur ce sujet ‘ Jean Rivard,” publié par M. Gérin-

à déraciner chez eux des préjugés nuisibles au progrès. En leur développant ces principes, en leur donnant ces idées d’une culture améliorée, gardez-vous bien cependant de leur laisser croire que ces enseignements viennent de vous ; ils les recevraient avec défiance, et ils auraient raison. Mais donnez-les comme le fruit de l’expérience des plus habiles cultivateurs ; faites leur comprendre que, si la prudence conseille de ne pas adopter sans examen toutes les innovations, le bon sens veut de même que l'on ne s'attache pas aveuglément à la routine, uniquement parce que c'était la coutume de nos pères, et qu’on ne rejette pas lesaméliorations réelles que le temps a amenées dans la culture de la terre.

Appuyez particulièrement sur les labours profonds, sur la nécessité des engrais, sur les avantages de la rotation des récoltes, sur l’assainissement du sol, sur l'utilité de connaître les diverses espèces de terrains, sur les amendements, etc. Surtout ne paraïissez pas vouloir critiquer la conduite des parents de vos élèves ; mais dites tout cela sous forme de conseils, et citez des exemples à l'appui de vos avancés.

Vous ferez encore bien d'introduire, s'il y a moyen, parmi les livres de lecture, quelque ouvrage élémentaire sur l’Agricalture. (a)

ARTICLE 12e.

DES CONNAISSANOES USUELLES.

C'est rendre un grand service aux enfants, que de leur inculquer des connaissances sur les choses usuelles. On peut y parvenir en donnant des explications sur ces choses, 1° lorsque le nom s’en rencontre dans les livres de lecture, dans la géographie, l'histoire, etc.; 2° dans les promenades que l'instituteur peut faire quelque. fois avec eux. De cette manière, ces promenades, tout en restant une récréation et un délassement, deviennent une source d'instruction etune mine inépuisable de connaissances.

On peut leur expliquer ainsi les procédés des arts et des sciences, les merveilles de l’industrie, ainsi qu'une foule de choses qu’ils auront à mettre en pratique tous les jours. Il faut, bien entendu, proportionner ces détails à l’âge et à l'avancement des élèves, et ne pas viser à

(a) N y a plusieurs ouvrages de ce genre. Nous avons nousmême publié, en français et en anglais, des Réponses sur Agriculture, qui ont été approuvées par le Conseil de l'Instruction Publique. Elles se vendent $ 0. 25.

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en faire des encyclopédies vivantes, ce qui est un des travers du siècle.

ARPICLE 14e, DES LEÇONS DE CHOSES.

On entend par Leçons de choses des détails donnés par l’instituteur sur différents objets et entremélés de questions adressées aux élèves. Ces leçons peuvent se faire principalement sur les objets les plus ordinaires dans une école, . dans une maison quelconque, ‘dans les travaux de l’agriculture, aussi bien que sur des êtres appartenant aux différents règnes de la nature, tels qu'animaux, plantes, minéraux, etc.

Voici quelques sujets de leçons de choses :

Une plume. Un livre. Du pain.

Un crayon. Du papier. La pluie.

Un encrier. Un canif. La neige.

Une table. Une pendule. Le tonnerre.

Une chaise. Unecloche, La chaleur.

De l'encre. La reliure. Du verre, De lacraie. Le blé. Du linge.

Faisons quelques remarques sur les leçons de choses. 1° Proportionnez les détails à la capacité et à l’âge des élèves ; 2° commencez par donner les explications vous-même, puis

de temps en temps, interrompez-vous pour questionner, tantôt un seul enfant, plus souvent toute la classe ; 8° préparez-vous soigneusement à ces leçons, et ne vous risquez jamais à en faire, sac en avoir étudié le sujet ; 4° suivez-y un ordre déterminé ; par exemple, pour les animaux : le nom, l'espèce, la grosseur, la forme, la couleur, la peau, la chair, le cri, la nourriture, etc. ; 5° réservez ces leçons pour la fin d’une classe, afin de ne pas couper le fil du sujet, et de ne point distraire les élèves ;: 6° présentez-les comme un délassement à la suite d’études plus sérieuses, et une récompense de la sagesse et de l'application ; 7° évitez certains détails inconvenants pour desenfants ; 8° autant que possible, montrez l’objet dont vous parlez, ou ofirez en au moins la représentation : ces tableaux fixent mieux l'attention ; 90 enfin, ne cherchez pas à faire parade de votre savoir, mais seulement à être utile à vos élèves.

Par ces leçons, en effet, vous leur. communiquez, sur une quantité de choses, des notions intéressantes, que vous n’auriez guères l’occasion de leur procurer autrement ; vous leurs faites accepter volontiers beaucoup d'explications qui les fatigueraient et qu'ils ne retiendraient peutêtre pas, si vous les présentiez sous forme didactique ; et vous brisez ainsi la monotonie des matières ordinaires de la classe, par un exercice

qu’ils viendront à regarder comme une vraie récréation,

ARTICLE l4e.

DES SOIENCES NATURELLES.

Il ést aisé de comprendre qu'il ne s’agit nullement dans les écoles d’un cours régulier des Sciences naturelles. Tout ce qu'il est bon de faire à cet égard dans celles d’un degré supérieur, c’est de fournir aux élèves quelques principes d’une utilité pratique, sans entrer aucunement dans l'exposition des différentes hypothèses ou dans de longues démonstrations:

Section 1ère—PHYSIQUE ET CHIMIE:

De légères notions de Physique et de Chimie sont utiles dans une foule de circonstances.

Nous vous engageons à appuyer surtout sur les points suivants :

1° Æn Physique.—Propriétés de: la matière ;

pesanteur et chute des: corps ; balances ; capil-

larité ; pression atmosphérique ; aérostats ; pompes ; son ; thermomètres ;: corps, bons et mauvais conducteurs de la chaleur ; modes de chauffage ; machines à vapeur ; lumière ; léntilles ; microscopes; lunettes terrestres et cé-

lestes ; arc-en-ciel ; aimants: paratonnerres ; piles galvaniques ; télégraphe électrique ; phénomènes atmosphériques.

2° En Chimie.—Cohésion et affinité ; corps simples, corps composés ; métaux et métalloïdes ; composition de l’eau ; composition de l'air; combustion, flamme ; gaz d'éclairage ; allumettes phosphoriques ; chaux ; chlore ; soufre ; carbone ; soude ; potasse ; alumine ; silice.

Mais, encore une fois, de grâce, pas de prétentions scientifiques !

N'ayant pas d'instruments à votre disposition, il vous sera avantageux d’en fabriquer vousmême quelques-uns d’une construction simple et peu coûteuse. Ce sera une source d’amusement pour vous et pour vos étoliers.

Section Zème.—ASTRONOMIE.

Il est hors de question d'introduire l’Astronomie proprement dite parmi les branches d’enseignément dans les écoles. Tout au plus peuton parler de Cosmographie dans les plus élevées. Un globe céleste etune sphère armillaire seraient bien désirables à cette fin.

On pourrait donc, maïs d’une manière tout-àfait élémentaire, expliquer aux élèves les plus

forts le système solaire ; leur parler du soleil, des planètes et des comètes, des marées et des éclipses ; leur apprendre à distinguer les principales constellations, et leur donner à résoudre quelques problèmes sur le globe céleste.

Il ne faudrait pas manquer l'occasion de leur faire remarquer la puissance et la sagesse infinies du Créateur dans l’admirable organisation de l’univers.

Section 3ème.—HISTOIRE NATURELLE.

L'Histoire Naturelle présente un champ immense à celui qui veut le parcourir en entier. Bien peu de personnes en ont le goût et le loisir. Cependant il est certaine connaissance des merveilles de la nature utile, nous dirions presque indispensable, à tout homme capable d’observation et de rédexoin, et particulièrement aux agriculteurs. Les leçons de choses fourniraient un moyen tort naturel de donner cette connaissance aux élèves des écoles, et d'exciter chez eux un vif intérêt pour cette étude. Il nous semble que l’on pourrait s'attacher surtout aux points qui suivent :

Règne animal.—Quelques notions d'anatomie et de physiologie ; grandes divisions, principales subdivisions ; quelques détails sur les mœurs des animaux les plus connus, mammifères, oiseaux,

poissons, reptiles. En tont cela, il faut benucoup de réserve sur certaines choses avec les enfants.

Règne végétal.—Parties constitutives d’une plante; organes et vie ; nourriture; divisions et subdivisions; soins à donner aux arbres, art de les planter et de les greffer ; herborisation, Ici encore, grande réserve.

Règne minéral.—Métaux les plus communs ; métallurgie ; cristaux ; quelques notions de géologie.

Il serait intéressant pour le maître et ses écoliers de préparer un herbier et de faire une petite collection de minéraux.

ARTICLE 16e.

\ fr DE LA MUSIQUE.

La Musique est un art toujours agréable, bien souvent utile. ÆElle. peut s'enseigner avantageusement dans les écoler. lorsqu'elle. demeure

restreinte dans de justes et raisonnables limites.

… Musique instrumentale. —Les circonstances où8e trouvent la plupart des enfants qui fréquentent les écoles, rendent inopportun l enseignement de la musique instrumentale. Nous le répétons ici : c'est nuire aux enfants, c'est travuiller à leur malheur, que de leur faire contracter des goûts

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qu'ils ne sont pas à même de satisfaire par la suite. Seulement, si uninstituteur ou une institutrice se trouvent en état de donner des Jeçons de piano, de violon, de flûte ou de clarinette, et s’il se rencontre quelques enfants dont les parents plus à l’aise désirent leur faire étudier ces instruments, peut-être pourront-ils leur donner quelques leçons privées.

Musique vocale.—Il n’en est pas de même de la musique vocale ; nous engageons fortement tous les instituteurs à l’introduire dans le progreiume régulier de leurs écoles, en faveur de tous les enfants qui ont de la voix. Qu'ils les habituent à chanter des cantiques, soit à l’unisson, soit en parties ; qu’ils leur expliquent les principes dela Musique sur le tableau noir; qu'ils apprennent même le plain-chant aux petits garçons, afin de les rendre capables de chanter à l’église.

Pour décider les enfants à chanter des cantiques, il est ‘mieux d'en exercer séparément deux ou trois des plus capables à faire lessolos ; étant bien fermes sur l'air, ils inspireront de la hardiesse aux autres.

C’est un défaut commun d’entonner trop haut ; faites donc sentir aux élèves combien ce

Chant forcé est disgracieux.

ARTICLE 16e, DE L'ECONOMIE DOMESTIQUE.

Tout le monde se plaint avec droit qu'il manque quelque chose d’essentiel dans l’éducation des jeunes filles de nos jours. On leur donne mille connaissances, excepté précisément celles dont elles auraïent le plus besoin : les détails de l'économie domestique. Qu’une de ces jeunes filles se trouve, au bout de quelques années, à la tête d’une maison, elle ne saura comment conduire son ménage, préparer les repas, tailler, coudre ou raccommoder les habits, soigner la basse-cour et la laiterie, veiller surtout. Lors même qu'elle aurait les moyens de se faire servir, ne lui faut-il pas diriger les domestiques, voir à ce que tout soit en ordre, que tout se fasseravec économie, que rien ne 8e perde? Et comment s'occuper de soins si multipliés, quand elle n’y a pas été préparée par une éducation convenable ?

Aussi le public applaudit-il aux établissements qui font des efforts dans ce sens, qui introduisent,

dans leur programme pour les jéunes filles, la

coutr e et toutes les branches de l’économie domestique. Moins de peinture, de broderie, d'ouvrages en laine et en cire, et plus de travaux d’aiguille véritablement pratiques, plus de connaïssances culinaires. Ainsi se formeront

PE Smet RÉ ARS SAR UP ;

‘ des femmes fortes, plus précieuses que les “ pierreries,” dit Salomon au livre des Proverbes. ‘Leurs époux verront les richesses 6 g’accroître dans leur maison. Elles travail-

* 46 leront le lin et la laine ; elles se lèveront la nuit

“ pour distribuer l’ouvrage à chacune de leurs

“servantes. Elles porteront la main à la que-

“ nouille, et leurs doigts tourneront le fuseau. Elles ne craindront pas l'hiver pour leur fa- ‘ mille, parce que tous leurs serviteurs auront ‘ deux vêtements. Les œuvres de leurs mains “ en feront partout l'éloge.” (XXXI, 10 à 81)

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