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CHARBONS NATURELS

378. Diamant. — Le diamant est du carbone pur et cristallisé; Lavoisier est le premier chimiste qui ait démontré l’existence du charbon dans le diamant en en faisant brûler dans un ballon contenant de l’oxygène, à l’aide de fortes lentilles qui permettaient de concentrer sur le diamant assez de chaleur pour le porter à l’incandescence. Plus tard, Davy mit en évidence sa véritable nature, en démontrant que, dans l’oxygène, le diamant donne en brûlant, comme le carbone le plus pur, un volume d’acide carbonique égal au volume d’oxygène disparu.

Le diamant a pour densité 3,48 ; ses cristaux appartiennent au système régulier; d’ordinaire ce sont des octaèdres modifiés par des faces secondaires; aussi le trouve-t-on sous forme de cristaux à 24 ou 48 faces. Ils sont parfois incolores, mais le plus souvent colorés en jaune, en rose ou i en vert; il en est môme de noirs, mais alors ils sont opaques. L’éclat du i diamant est remarquable; il est très-réfringent, et son pouvoir dispersif i considérable lui permet de produire ces jeux de lumière qui lui donnent i tant de prix. C’est le plus dur de tous les corps.

Le diamant soumis à l’action d’une chaleur très-intense .se transforme

en graphite. On le démontre en plaçant un petit diamant dans un arc voltaïque produit par une pile puissante; on le voit gonfler rapidement ' et se changer en un charbon noir avec lequel on peut noircir du papier sans le déchirer.

MV. I. CHAl‘. xm. CA K BON K.

379. Taille tiu diamant. — Los cliamanls qui servent pour la parure n’ont pas la forme des cristaux naturels, ils sont taillés de manière h produire le pins d’effet possible lorsqu’ils sont exposés h. la lumière, il n’est pas inutile d’indiquer rapidement comment se pratique cette taille. On commence d’abord par dégrossir le diamant, en lui enlevant, par éclats la plus grande partie de ce que le travail doit supprimer. Cette opération Irès-délicate repose sur la propriété que le diamant a d’ùlre clivahle, suivant des directions qui sont parallèles aux faces de l’octaèdre'; quand le dégrossissage est terminé, il ne reste plus qu’à user le diamant sur des meules d’acier recouvertes d’égrisée ou de poudre de diamant délayée dans un peu d’huile. Pour obtenir cette poudre, on pulvérise dans un mortier les diamants noirs qui sont les plus durs, et les fragments de diamants provenant du premier travail.

380. Prix du diamant. — Le prix du diamant est très-élevé; quand il est propre à la taille, il se vend 48 francs le carat (O^^SIS), et 36 francs seulement quand il y est impropre. Le prix augmente comme le carré du nombie des carats; par conséquent un diamant du poids de 2 carats vaut 4X48=192. Si l’on remarque que la taille enlève à peu près la moitié du poids des diamants, on verra qu’un diamant taillé du poids de 1 carat a nécessairement une valeur d’environ 192 francs, puisqu’il faut tenir compte du prix de la taille.

Voici un tableau qui contient quelques nombres relatifs au prix des diamants taillés; il est bien entendu toutefois qu’il ne s’agit que de diamants d’une transparence et d’une taille parfaites.

Poids du diamant. . p^ix du carat.

l/iO de carat loü à 126 francs le carat,

1/2 carat jgO à 192 francs,

' 200 à 260 francs.

Au-dessus de 1 carat jusqu’à 100 carats, le prix varie proportionnellement au carré du nombre de carats. Cependant, quand il s’agit d’un diamant de poids considérable, le prix ne dépend plus que de sa beauté, et peut atteindre un chiffre plus élevé que celui qui résulte de cette règle. (• fféç,ent, qui pèse actuellement 137 carats, est estimé environ à nii ions de francs, tandis que son prix, calculé d’après la règle précédente, est de 3,750,000 francs.

Les plus beaux diamants connus sont :

Le Régent, appartenant à la France, qui pèse 137 carats. Avant la

pesait 410; il fut acheté sous la régence, au prix de '5,500,000 francs ;

c/zWy/c quand on peut le diviser en lames parallt^les entre

ClilMllï INOHGAiMUUK,

Le Kühi-Noor, appartenant à l’Angleterre, qui pèse 103 carats;

L’Étoile du Sud, du poids de 125 carats, qui figurait à l’Exposition universelle de 1855.

Les deux premiers viennent de l’Inde, où l’on a trouvé les plus gros diamants connus; l’Étoile du Sud vient du Brésil, où l’on n’avait rencontré jusqu’ici que des diamants beaucoup plus petits. Citons encore le diamant du rajah de Bornéo, le plus gros des diamants connus, il pèse 300 carats; le diamant de l’empereur du Mogol, qui pèse 279 carats; celui de Russie, pesant 193 carats ; et le diamant du grand-duc de Toscane, du poids de 139 carats 1/2.

381. État naturel et usage. — Le diamant se trouve disséminé dans des sables d’alluvion qu’on n’a rencontrés jusqu’ici que dans l’Inde (Golconde), dans l’île de Bornéo et au Brésil. Ou les en extrait par des lavages et des triages prolongés qui sont fort coûteux, puisque le prix d’extraction peut être calculé, terme moyen, à 38 francs le carat.

La production du diamant est d’ailleurs restreinte : le Brésil en fournit 5 à 6 kilogrammes par année, sur lesquels il ne faut compter que 200 grammes propres à la taille, et entrant par conséquent dans le commerce de la bijouterie.

Les autres usages du diamant sont malheureusement trop limités. 11 sert à faire les pivots de certaines pièces d’horlogerie, les pointes des outils avec lesquels on perce les rubis et on sculpte les camées, etc., à couper le verre ^ ; sa poudre sert à polir les pierres fines. Son extrême dureté, qui le rend pour ainsi dire inusable, le ferait appliquer dans une foule de circonstances, s’il était plus abondant.

382. ctrapiiite ou plombagine. — Cette variété de carbone, connue aussi sous le nom de mine de plomba se trouve disséminée dans les terrains primitifs, quelquefois sous forme de petites paillettes hexagonales d’un gris métallique; le plus souvent elle forme des masses feuilletées que 1 on peut rayer avec l’ongle, et qui laissent toujours une tache noire sur les doigts^ aussi sert-il à la fabrication des crayons, à noircir les tuyaux de poêle, etc. Mélangé aux corps gras, il donne une matière très -onctueuse (cambouis) que l’on emploie pour graisser les roues des voitures et les engrenages, afin de diminuer les frottements ; il est également employé

1 Ce n’est pas seulement la dureté du diamant qui lui permet de couper le verre, niais c’est surtout la forme arrondie de ses arêtes. Un diamant à arête rectiligne pourrait rayer le verre, mais ne le couperait pas; il produirait Uetlet d’une scie dont les dents ne tout qu’une rainure dans une substance, sans en séparer les parties. Qu’on appuie avec une hache sur un corps, le tranchant n’y pénétrera qu’à la condition d’écarter rime de l’autre les deux parties du corps qui se trouvent de chaque côté du tranchant. C’est ce que tait le diamant à arête courbe. Cela est tellement vrai, qu’avec des corps bien moins durs que le diamant, comme le cristal de roche, l'acier trempé, on peut couper du verre, si on donne à leur arête la forme courbe de la hache.

UV. I. CHAI». XIII. CAHHONIi.

dans la galvanoplastie pour mélalliser les surfaces, à cause de sa grande conductibilité électrique.

La plombagine a pour densité 2,20; sa combustibilité est très-faible ; comme le diamant, il ne brûle dans l’oxygène que lorsqu’il y est fortement chauflé. Il ne contient d’ordinaire que 1 ou 2 pour 100 de matières étrangères.

On produit artificiellement ce corps en mettant de la fonte de fer en fusion en contact avec du charbon ; elle laisse déposer, en se solidifiant, des lames hexagonales de charbon noir parfaitement pur ; on peut obtenir plus facilement ce charbon cristallisé en faisant passer, sur de la fonte portée au rouge dans une petite nacelle de charbon de cornue, des vapeurs de chlorure de carbone. Le chlore s’empare du fer et forme avec lui une matière volatile; le carbone mis en liberté se dissout dans la fonte restante. On voit donc que le fer disparaît peu à peu, tandis que la proportion du carbone dissous augmente ; aussi ne tarde-t-il pas à cristalliser, et si l’opération est suffisamment prolongée, on peut l’obtenir parfaitement isolé, tout le fer ayant été volatilisé (H. Sainte-Claire Deville).

383. Anthracite. — L’anthracite est une variété de carbone beaucoup moins pure que la précédente ; elle contient 90 à 92 pour 100 de carbone pur. C’est un charbon compacte, d’un noir brillant, que l’on ne peut brûler qu’à une température élevée. Quoiqu’il se délite en brûlant, il n’en rend pas moins de grands services, à cause de la grande chaleur qu’il dégage dans sa combustion.

On le trouve abondamment aux Etats-Unis, dans le Massachusetts et dans le Connecticut ; il en existe plusieurs gisements en Angleterre et en France, dans les environs d’Angers.

384. Houille. — A côté de l’anthracite nous placerons la houille, quia une certaine ressemblance d’aspect avec ce corps et dont l’origine est la même. Ces deux combustibles sont tous deux des produits résultant de l’altération de matières ligneuses, dans des circonstances qui ne sont pas bien connues ; mais les débris de végétaux, assez bien conservés pour qu’on ait pu en déterminer la nature, que l’on rencontre fréquemment dans ces dépôts, ne laissent aucun doute sur leur origine. Beaucoup moins riche en carbone que l’anthracite, la houille n’en est pas moins un combustible éminemment précieux.

Disons aussi un mot des lignites, produits de décompositions de végétaux plus récents que ceux qui ont donné la houille, et dans lesquels la forme primitive subsiste parfois tout entière; aussi, certaines variétés provenant de grands arbres, connues sous le nom de jais, ont-elles une dureté suffisante pour qu’on en puisse fabriquer des objets que l’on recherche pour leur belle couleur noire et leur poli.

Il est assez remarquable que le degré de pureté de ces divers char-

bons est d’aulant plus grand qu’ils appartiennent à des époques géologiques plus reculées les combustibles minéraux qui se produisent actuellement autour de nous, comme la tourbe, sont encore plus impurs que les lignites. Leur incombustibilité est ainsi d’autant plus grande qu’ils sont plus purs.

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