LIV. i. CHAP. XIII. CAHBÛNb
tellemeiU dur, qu’on ne peut l’entamer; mais, quand sa texture est régulière, il se travaille avec assez de facilité pour qu’on en puisse faire des prismes et des cylindres employés comme pôles positifs dans les piles de Bunsen; il peut également servir à façonner des tubes, des creusets et d’autres vases de chimie absolument infusibles et peu attaquables par la plupart des agents connus.
Ce charbon bride difficilement; mais, à une température élevée, il devient un combustible excellent, puisqu’il ne contient qu’une quantité insigniliante de cendres.
387. Charbon de bois. — Le bois contient une grande quantité de carbone unie à de l’hydrogène et à de l’oxygène dans des proportions convenables pour former de l’eau. Il renferme en outre des matières minérales qui se trouvent à l’état de c.endre quand on le brûle, et une quantité d’eau plus ou moins considérable, qu’on peut lui enlever en le desséchant dans un four. La composition du bois séché à l’air est à peu près la sui-
vante :
Carbone 38,5
Eau combinée 35,5
Cendre 1,0
Eau libre 25,0
I Si l’on calcine du boisa l’abri du contact de l’air, les éléments volatils,
1 hydrogène et oxygène, tendent à se dégager à l’état d’eau, et le carbone qui est fixe restera. Gomme le bois se décompose sans fondre, le charbon produit conservera la forme du végétal dont il provient. Toutefois, la décomposition est loin d’être aussi simple que nous l’avons supposé; une ’ partie du carbone forme avec l’oxygène et l’hydrogène des produits vo- : lalüs, parmi lesquels nous trouvons du vinaigre, des goudrons, de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène carboné; aussi le rendement en charbon, au lieu de s’élever à 38,5 pour 100, ne dépasse-t-il jamais 27 à 28 pour 100 dans les opérations les mieux conduites. 11 est bien évident que le charbon de bois renfermera toute la cendre dubois; de plus, on sait, depuis Lavoisier, qu’il contient toujours une certaine quantité d’hydrogène, qui lui donne de la combustibilité. Une calcination prolongée à une haute température peut lui enlever cet hydrogène.
Nous indiquerons maintenant les deux procédés qui sont employés pour la fabrication du charbon de bois.
U Procédé des meules. — On dispose sur une surface bien plane, autour de quelques bûches placées verticalement, des lits formés par des morceaux de bois de 30 centimètres de hauteur, que l’on place verlicalc- ***ent, Cl) les sei rant le plus possible les uns conli'c les antres. Le dia-
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inèlre de chaque lil va endiminiianl ; on donne ainsi à la meule la lornie d’un cône arrondi à sa parlie supérieure, dont la hauteur est de ^
3 mètres. On recouvre la meule d’une couche de menus végétaux, de' mousses ou feuilles, et ensuiîe d’une couche de terre ou de gazon, eni ménageant des ouvertures (évents) à la partie inférieure.
On retire les bûches du milieu, et l’on obtient ainsi une cheminée cen-trale qui communique avec les évents placés à la partie inférieure; oni remplit cette cheminée de petit bois enflammé qui met le feu à la masse. . Quand la combustion est suffisamment établie à l’intérieur, on bouche lai| cheminée, que l’on a toujours eu soin de remplir de combustible, puis> on perce, à partir du sommet, des évents qui donnent issue aux produitS'^|
Fig. 99.
de ta carbonisation. La fumée qui se dégage est d’abord noire, mais ellc^ devient bientôt transparente et d’un bleu clair ; la carbonisation est alors j achevée dans le voisinage des évents ; on bouche ceux-ci et on en ouvres de nouveaux, à 20 ou 30 centimètres au-dessous, et ainsi de suite. Quand^ on est arrivé à la partie inférieure, il faut boucher toutes les ouvertures,?, recouvrir la meule d’une couche de terre humide et laisser refroidirii pendant 24 heures. Au bout de ce temps, on enlève la terre, et lel< charbon produit est séparé des parties mal carbonisées que l’on con-it naît sous le nom de fumerons. Le charbon bien cuit se reconnaît auxii caractères suivants : il est dur , compacte , sonore , et sa cassure ests