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CARACTÈRES DES ALLIAGES

500. H^ropriétés physiques. Densité. — Si l’on calcule la densité d’un alliage par la règle ordinaire des mélanges, en supposant, par conséquent, le volume du composé égal à la somme des volumes des composants on arrive rarement à trouver la densité véritable; le nombre

1 La formule qui donne la densité des alliages binaires est A — dans laquelle

IVi-P/jü

P et P sont le poids des métaux constituants, üet d leurs densités ; A représente alors la densité moyenne, en admettant qu’il n’y ait pas de variation de volume.

UV. II. CIIAP. l. METAUX ET ALLIAGES.

calcule est tantôt supérieur, tanlôL inférieur au nombre réel. Ainsi les alliages monétaires d’or et d’argent sont plus légers que ne l’indique la densité moyenne calculée ; c’est le contraire pour le laiton et l’alliage des caractères d’imprimerie (plomb et antimoine). La combinaison a donc été suivie d’une dilatation pour les premiers, d’une contraction de la matière pour les derniers.

501. Couleur. — Elle est généralement grisâtre ; toutefois, quand il y a un métal coloré en quantité suffisante, l’alliage est coloré. Exemples: alliage monétaire d’or, laiton ou cuivre jaune.

502. Dureté, ductilité et ténacité. — Les alliages sont pour la plupart plus durs, plus aigres, et ont ordinairement moins de ductilité et de ténacité que le plus ductile et le plus tenace des métaux constituants. Le bronze d’aluminium (aluminium et cuivre) offre une exception remarquable : il est beaucoup plus tenace que les deux métaux qui le constituent.

503. Fusibilité. — Elle est toujours plus grande que celle du métal le moins fusible entrant dans la composition de l’alliage ; elle peut même

’ être plus grande que celle de tous les métaux qui le constituent. En voici quelques exemples :

L’alliage formé de. . . .

Plomb

Étain

Plomb

Étain

Plomb

Étain

Plomb

Étain

Bismuth. .. .

Plomb

Étain

Bismuth. . . .

Plomb

Étain

fond à...

fond à., .

fond à. . .

fond à. . .

fond à. . .

fond à. . .

L’alliage de plomb et d’argent, contenant peu de ce dernier, est plus fusible que le plomb ; enfin le potassium et le sodium donnent un alliage liquide à la température ordinaire.

504. Liquation. — Les alliages, chauffés graduellement vers leur point de liquéfaction, éprouvent souvent un phénomène particulier, connu sous le nom de liquation. Les métaux qui composent Ualliage s’unissent alors en proportions telles, qu’il en résulte une combinaison fusible à la température où la masse se trouve chauffée, cette combinaison s écoule en laissant une carcasse métallique formée par une matière moins fusible que l’alliage primitif. En voici un exemple : on avait pensé, autielois,

prévenir les accidents produits par l’explosion des machines à \apeui.

CHIMIE INORGANIQUE

en faisant communiquer avec la chaudière un large tuyau fermé par une rondelle d’alliage fusible, fondant à une température déterminée, infé.rieure de 10° à celle qui correspondait à la tension maximum que la vapeur devait atteindre, mais on a dû bientôt y renoncer. Il arrivait, en effet, que la vapeur, sans cependant posséder la température de fusion de la plaque, y déterminait, au bout de quelque temps, une liquation qui la transformait en un crible, à travers lequel la vapeur s’échappait, en causant aux industriels un chômage d’autant plus fâcheux qu’ils ne l’avaient provoqué par aucune imprudence.

Le traitement des cuivres argentifères, pour l’extraction de l’argent, repose également sur le phénomène de la liquation.

505. Décomposition des alliag^es. — Quand l’alliage contient un métal volatil, comme le zinc, la chaleur peut le décomposer, mais il faut une température bien plus élevée que celle de la volatilisation du zinc pour arriver à chasser de l’alliage les dernières traces de ce métal.

506. Trempe. — L’alliage de 94 parties de cuivre et de 6 parties d’étain constitue un bronze tellement cassant, qu’on peut le pulvériser sous le marteau, lorsqu’il a été refroidi lentement; mais si, au contraire, on le refroidit brusquement, en le trempant dans l’eau froide, il devient malléable et peut se façonner sous le marteau. On doit à Darcetla découverte de celte propriété singulière et tout opposée à celle de l’acier; on s’est expliqué alors comment les tamtams, si sonores et si cassants, des Chinois, ont pu être travaillés.

507. Propriétés cliîmiques. Action de l’oxygène. — L’action de l’oxygène est souvent moindre sur les alliages que sur les métaux qui les constituent. Exemple : l’alliage de fer et d’aluminium FeAl^, qui est aussi inoxydable que l’aluminium. Il est facile de prévoir des exceptions à cette règle ; il est bien évident que les alliages formés par deux métaux pouvant donner, l’un, un oxyde acide, l’autre, un oxyde basique, s’oxyderont avec facilité, par suite de la tendance des éléments à former un sel en présence de l’oxygène. Exemples: alliages d’étain et de plomb, d’antimoine et de potassium. Ces alliages, légèrement chauffés, brûlent avec une vive incandescence.

508. Action des acides et de l’eau. — On ne peut rien dire de bien général sur cette action. Toutefois, si l’on combine un métal attaqué par un acide avec un métal inattaquable, l’alliage pourra être très-difficilement ou nullement attaqué, si la proportion du dernier est prépondérante. Ainsi, les alliages d’or qui ne contiennent qu’un peu d’argent ne cèdent que très-difficilement ce métal â l’acide azotique. Il n’en est plus de même lorsque la proportion d’argent est considérable ; on peut, dans ce cas, enlever tout l’argent et laisser l’or â l’état de liberté. Il peut même arriver que le métal inattaquable se dissolve, quand la proportion du

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