LIV. II. ClIAP. II. OXYDES METAEUQE ES
525. Action de l’électricité. — On peut décomposer tous les oxydes métalliques en métal et oxygène par une pile suffisamment énergique ; il tant en excepter toutefois l’alumine et quelques oxydes analogues peu importants.
526. Caractères chimiques. — Action de Poxygfène. — Un métal chauffé directement à l’a-ir donne un oxyde qui est en général le plus stable de la série des composés qu’il peut former avec l’oxygène; il est alors évident que tout oxyde inférieur à ce terme, chauffé à l’air, devra s’y transformer en absorbant de l’oxygène.
Exemples : Le fer, en brûlant dans l’oxygène, donne l’oxyde FeW ; si donc on chauffe suffisamment à l’air le protoxyde de fer FeO, il y brûlera avec vivacité et se transformera en Fe^OL
Il en est de même des protoxydes de manganèse et d’étain qui se transformeront, l’un, en oxyde rouge de manganèse Mn^O^ ; l’autre, en acide stannique SnO^.
On peut, dans quelques cas, suroxyder, sous l’influence de l’oxygène ou de l’air, l’oxyde le plus stable d’une série, pourvu qu’on ne dépasse pas certaines limites de température. Nous en citerons deux exemples remarquables.
La baryte chauffée à l’air se transforme au rouge en bioxyde de barium, qu’une température plus élevée peut décomposer ; le protoxyde de plomb (massicot), PbO, se transforme en minium, 2PbO,PbO^, quand on le chauffe à l’air, à une température peu élevée.
L’oxygène peut également agir à froid sur les oxydes hydratés. Il est impossible, en effet, d’obtenir l’hydrate de protoxyde de fer pur en précipitant un sel de fer au minimum par un alcali; le précipité blanc de protoxyde de fer hydraté, qui apparaît d’abord, s’altère rapidement au contact de l’air. Il passe d’abord au noir, puis prend la teinte de rouille caractéristique du sesquioxyde de fer hydraté, dans lequel il se transforme.
527. Action du soufre. — 1° Par voie sèche. — Tous les oxydes métalliques sont décomposés à chaud par le soufre, excepté l’alumine et le sesquioxyde de chrome ; mais les produits varient avec la nature de l’oxyde.
Avec la potasse, la baryte et les oxydes analogues, il se produit un sulfure et un sulfate; la formule suivante rend compte de la réaction :
4BaO -h 4S = 3BaS + Ba0,S03.
Avec les autres métaux communs, qui ne donnent pas de sulfates indécomposables par la chaleur, il se produit un sulfure et de l’acide sulfureux. (Exemple : oxyde de cuivre et soufre, 3CuO -j- =
CHIMIE INORGANIQUE
11 n‘y a qu’une exception, pour l’oxyde de plomb, parce que le sulfate de plomb est indécomposable par la chaleur.
Celte réaction suppose que le soufre est en excès ; mais elle pourrait singulièrement se modifier, si la proportion de l’oxyde était prédominante. Supposons, en effet, que l’on fasse agir 4 équivalents d’oxyde de plomb sur 1 équivalent de soufre, il se produira alors du sulfate de plomb et du plomb métallique :
S + 4Pb0 = Pb0,S03 4-3Pb.
Avec 2 équivalents d’oxyde de plomb et 1 équivalent de soufre, on obtiendrait de l’acide sulfureux et du plomb métallique, d’après la formule
2PbO + S = 2Pb + SO^.
Celte réaction est nécessaire, car si l’on admettait, pour un instant, la production de sulfure de plomb, il faudrait nécessairement supposer la formation de sulfate de plomb ou n’employer qu’une portion de l’oxyde de plomb, mais alors le sulfate de plomb ou l’oxyde réagirait sur le sulfure, pour le transformer en acide sulfureux, en donnant du plomb métallique. Les deux formules suivantes représentent ces réactions :
PbS + 2PbO = 3Pb + SQ2
PbS + Pb0,S03 = 2Pb + 2S02.
2° Action du soufre par voie humide. — Si l’on fait bouillir de la fleur de soufre dans une dissolution alcaline de potasse ou dans de l’eau de baryte, on obtient un mélange de polysulfure et d’iiyposulfite :