CLASSIFICATION DES OXYDES
On a divisé les oxydes métalliques en cinq classes bien définies. On
compte en effet :
1" Des oxydes basiques;
2° — indifférents;
3° — acides;
4° — singuliers ;
5° — salins.
534. Oxydes basiques. — Les oxydes basiques, qui forment la classe d’oxydes la plus nombreuse, possèdent la propriété de s’unir aux acides pour former de véritables sels; ils peuvent eux-mêmes se subdi\isei en plusieurs groupes, qui sont :
I^Les bases alcalines^ caractérisées par leur extrême solubilité et eur réaction énergique sur la teinture de tournesol rougie par les acides, e
1 Aux températures excessives que l’on peut obtenir à l’aide du chalumeau à gène et oxygène, la chaux, la strontiane et la baryte sont même réduites par e en donnant du calcium, du strontium ou du barium, qui brûlent en aiiivan au de l’air et reproduisent la chaux, la strontiane et la baryte.
CHIMIE INORGANIQUE
sont des causliqiies violents. Ils forment avec Teau des hydrates indécomposables par la chaleur. Ce groupe contient la potasse, la soude, la lithine.
2® Les bases alcalino-terreuses. — Elles sont beaucoup moins solubles dans l’eau que les précédentes, et forment des hydrates que la chaleur peut décomposer, l’hydrate de baryte excepté; leur réaction alcaline sur le papier de tournesol rougi est également prononcée. Ce groupe comprend la baryte, la strontiane, la chaux.
3° Les bases terreuses. — La solubilité des composés dans l’eau est à peu près nulle, ils tirent leurs noms de l’apparence qu’ils présentent lorsqu’ils sont isolés; ils ressemblent alors h. une argile blanche et happent comme elle à la langue quand ils sont desséchés. Ce groupe comprend la magnésie, la glucine, et beaucoup d’autres oxydes de métaux rares et peu connus.
4° Les bases métalliques. — On désigne sous ce nom les oxydes salilîables des métaux proprement dits, fer, cuivre, mercure, plomb, etc.
535. Oxydes indifférents. — On appelle oxydes indifférents des oxydes qui, tantôt s’unissentauxacides, tantôt s’unissent aux bases, pour former des sels.
L’alumine, l’oxyde de zinc, le sesquioxyde de chrome sont dans ce cas. On sait que l’alumine forme avec l’acide sulfurique un sel connu sous le nom de sulfate d’alumine; elle peut également former des combinaisons bien définies avec la potasse, la soude, la baryte, la magnésie, dans lesquelles elle joue évidemment le rôle d’acide.
536. Oxydes acides. — Ce soiit des Composés doués de la réaction acide au papier de tournesol, quand ils sont solubles, et, dans tous les cas, pouvant toujours s’unir aux bases pour former des sels.
Ce groupe comprend un grand nombre de corps, nous en citerons quelques-uns seulement :
Acide chromique, acide stannique (bioxyde d’étain), acide osmique, acide plombique (bioxyde de plomb).
537. Oxydes sing^uiiers. — Ces Composés ne se combinent jamais avec les acides ni avec les bases; ordinairement ils se transforment en bases quand on leur enlève de l’oxygène, et en acides quand on leur en ajoute.
Exemples : bioxyde de manganèse, bioxyde de barium. Ces deux oxydes, traités par l’acide sulfurique, dégagent de l’oxygène et donnent alors des sulfates de baryte et de manganèse. Le bioxyde de manganèse, chauflé avec de la potasse et de l’azotate de potasse (qui peut fournir de l’oxygène), se transforme en acide manganique (MnO^). C’est de cette manière que l’on obtient le manganate vert de potasse.
538. Oxydes suliiis. — On peut les considérer comme des sels dans lesquels un oxyde métallique joue le rôle d’acide, et un autre oxyde