‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 180 sur 537 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

généralités sur les sels.

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sur la conslitution des sels; sous ce nom générique, on comprenait toutes les substances capables de cristalliser dans l’eau ; pour Bergmann, son contemporain, il suffisait que le corps y fût un peu soluble pour être

rangé dans cette classe de corps.

Lavoisier définit le sel la combinaison d’un acide et d’une base.

Par acide, il faut entendre les corps qui rougissent le papier de tournesol (24);’on étend cette désignation à tous ceux qui se comportent, dans leurs 'réactions, comme de véritables acides. Ainsi, le sable (silice) chasse, à une température élevée, l’acide carbonique et l’acide sulfurique de leurs combinaisons, et forme avec leurs bases des composés cristallisables, le silicate de soude, par exemple; celui-ci, à son tour, ü-aité par l’acide sulfurique ou l’acide carbonique, laisse déposer sa silice et régénère du sulfate ou du carbonate de soude. La silice se comporte donc comme un acide; de là le nom d’acide sUicique donné à ce corps.

L’oxyde de zinc ne bleuit pas le tournesol rougi et ne verdit pas le sirop de violettes comme la potasse ou la soude, mais,, comme ces bases, il s’unit à l’acide sulfurique, dont il neutralise presque complètement les propriétés, et produit un corps qui a la composition et les propriétés cbimiques générales des sulfates des bases véritables.

L’oxyde de zinc est donc une base. En résumé, nous donnerons le nom de bases aux corps qui se comportent, vis-à-vis des acides bien caractérisés, acides sulfurique, azotique, etc,, de la môme manière que la notasse, là soude, la chaux, etc. ; nous donnerons, au contraire, le nom d’acides aux corps qui se comportent, vis-à-vis des bases bien caractérisées (potasse, soude, etc.), comme les acides sulfurique, phosphorique.

Cette définition du sel, dans l'idée de Lavoisier, ne s applupiait qu aux substances contenant un acide oxygéné et une base de

savait pas à cette époque que l’arséniate, le tungstate, ®

soude, traités par l’acide sulfhydrique, donnent naissance a des U ^ diüérant seulement du sel primitif par le remplacement par un nombre égal d’équivalents de soufre. Ces nouveaux co ps ont lenl un sulfure d’arsenic, de tungstène ou de molybdène a leaclion

CHIMIE INOHGANIQUE.

acide (siilfacide), qui se trouve combiné au sulfure alcalin de sodium (sulfobase) ; on peut donc leur appliquer la définition de Lavoisier. On leur donne le nom de sels; mais, pour éviter toute confusion, les sels ordinaires sont appelés oxysels, les nouveaux, sulfoscls.

On croyait également, à l’époque de Lavoisier, que le prototype du sel, le sel marin, contenait de l’acide chlorhydrique (qu’on supposait oxygéné) et de la soude, tandis qu’il n’est formé que de chlore et de sodium. Le sel marin et tous les corps de composition analogue (chlorures, bromures, iodures) ne sont donc pas des sels, d’après la définition de Lavoisier, malgré les ressemblances nombreuses qu’ils présentent dans leurs réactions avec les sels proprement dits, lorsqu’ils sont en présence de l’eau.

Nous devons ajouter que la définition de Lavoisier n’est plus admise aujourd’hui par tous les chimistes; nous l’adopterons néanmoins dans cet ouvrage, à raison de sa simplicité. Si elle n’embrasse pas, dans l’état actuel de la science, tous les corps qu’on doit considérer comme des sels, elle donne au moins une idée suffisamment exacte des oxysels, qui sont les plus nombreux et les plus importants de cette classe de corps.

573. IPropriétés physiques. État et densité. — TouS les SCls SOllt solides et plus pesants que l’eau.

574. Couleur. — Leur couleur est variable ; un même sel peut avoir une couleur différente, suivant qu’il est anhydre ou hydraté ; le sulfate de cuivre sec est incolore; mis au contact de l’eau, il reprend sa couleur en s’hydratant. Ampère a fait remarquer que les métaux fusibles donnaient des sels incolores, tandis que les dissolutions des sels des métaux peu fusibles (l’or et le cuivre étant considérés comme les plus fusibles de cette classe) sont colorées. Il est bien entendu que l’on suppose l’acide du sel incolore, car on sait que les acides colorés (acide chromique, manganique, etc.) donnent des sels colorés avec tous les oxydes.

Il est important de connaître la couleur des sels d’un métal, parce que cette couleur, étant indépendante de la nature de l’acide, s’il est incolore, fournit un bon caractère pour reconnaître le métal. Le tableau suivant contient les couleurs des principaux sels colorés.

Les sels de manganèse sont roses,

— de protoxyde de fer vert-bleuâtre,

— de sesquioxyde de fer jaune-rougeâtre,

— de sesquioxyde de chrome, verts d’herbe,

— de cobalt roses ou bleu violacé,

— de cuivre.... bleus ou verts,

— de nickel verts ou blanc- verdâtre,

— d’or jaune d’or,

— de platine jaune-orangé.

575. Saveur. — Les sels insolubles n’ont nalurellement pas de sa-

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