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LIV. III. CHAP. I. CARBONATES DE POTASSE

tement ou traitant les carbonates par la chaux sont employées dans l’industrie, les premières pour la fabrication des savons durs, les secondes pour celle des savons mous. G est lè. un usa^e extrômement important.

POTASSES ET SOUDES.

70o. Origine et extraction île la potasse. — On désigne, dans le commerce, sous le nom de potasses et de soudes des carbonates de potasse et de soude plus ou moins purs, cjue l’on obtient par 1 incinération des plantes.

On extrait la potasse des plantes ligneuses qui croissent dans les terres. Les carbonates alcalins n’y préexistent pas, la potasse y est combinée à des acides organiques qui se détruisent quand on brûle les végétaux, en

se transformant en acide carbonique.

La préparation des potasses est tres-simple. On entasse dans une grande fosse les arbres et les plantes que l’on veut incinérer, on met le feu et on laisse le tout brûler. La cendre est lessivée, c’est-à-dire lavée avec de l’eau, qui dissout les sels solubles et laisse à l’état insoluble la silice, les oxydes de fer et les matières terreuses. Cette lessive, évaporée à siccité, donne le salin, qu’on doit ensuite chauffer au rouge dans un four à réverbère, afin de détruire toutes les matières organiques qu il pourrait encore renfermer. Le produit ainsi obtenu est la potasse brute, qui porte le nom de potasse d' Amérique, de Dantzick, de Russie, suivant sa provenance.

On raffine ces potasses en les dissolvant dans l’eau et en concentrant la dissolution fcomrne le carbonate de potasse est très-soluble, il reste dans la liqueur, tandis que les sels étrangers, sulfate de potasse, chlorure de potassium, etc., cristallisent les premiers. En décantant la liqueur et évaporant à sicci té, on obtient un produit beaucoup moins impur que le salin, mais qui contient toujours du carbonate de soude.

706. Préparation du carbonate de potasse pur. — On obtient 1111 carbonate plus pur en calcinant dans un creuset de fer du bilartrate de potasse pur (crème de tartre purifiée) ; il reste un mélange de carbonate de potasse et de charbon divisé que l’on connaît dans les laboratoires, sous le nom de flux noir, et dont on retire le carbonate par des lavages. Le plus souvent on emploie le procédé suivant, qui est plus économique : On pulvérise ensemble, dans un mortier de fer, 2 parties d azotate de potasse et 1 partie de bitartrate de potasse, on projette le mélange dans une bassine de fonte rouge, où il prend feu. L’oxygène de l’acide azotique réagit sur l’acide tartrique, matière composée de charbon, d hydiogène et d’oxygène; il se dégage alors de l’azote, de l’eau et de 1 acide cai boni que, et il se forme en même temps du carbonate de potasse .

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CHIMIE INORGANIQUE

La inalière fondue que l’on oblient ainsi {(lux blanc) est du carbonate de potasse à peu près pur ; toutefois, elle contient de l’azotile de potasse, si le salpêtre est en excès, et du cyanure de potassium, quand le tarlrale domine, parce qu’alors il reste une certaine quantité de charbon sur le- (juel l’azote peut réagir en présence du carbonate de potasse pour former du cyanure.

Il n’est pas difficile, toutefois, de purifier le carbonate de potasse en transformant d’abord ce sel en bicarbonate cristallisé, que l’on calcine légèrement ensuite pour chasser l’excès d’acide carbonique. j

Le carbonate de potasse peut en elïet, en s’unissant à l’acide carbonique, donner naissance à un sesquicarbonate et à un bicarbonate bien moins solubles que le carbonaté neutre. Le bicarbonate, KO,HO,2GO^ donne des cristaux transparents, inaltérables à l’air, solubles dans 4 parties d’eau environ. On peut l’obtenir en faisant passer jusqu'à refus un courant d’acide carbonique dans une dissolution froide et concentrée de carbonate neutre; les cristaux se déposent peu à peu, à l’ébullition, ils se transforment dans l’eau en sesquicarbonate ; la dessiccation les transforme en carbonate neutre, h une température peu élevée.

707. Préparation des soudes. — Les soudes du commerce s’extrayaient autrefois exclusivement de plusieurs plantes qui croissent sur le bord de la mer et qui contiennent une notable quantité d’oxalate de soude, que la calcination transforme en carbonate.

Les plantes sont brûlées sur le sol après avoir été séchées; on trouve après l’incinération une masse très-dure, de couleur ardoisée, parce qu’elle contient encore un peu de charbon, ordinairement riche en alcali, mais qui renferme du sel marin, du sulfate de soude, etc. : c’est la soude du commerce. Les soudes d’Espagne sont de beaucoup les plus riches. Ainsi, les soudes d’Alicante, de Garlhagène et de Malaga contiennent 25 à 30 pour 100 de carbonate de soude sec.

La soude de Narbonne, qui est la meilleure des soudes françaises, con- ^

tient seulement 14 pour 100 de soude. Ajoutons que les soudes de Nor- j

mandie, extraites presque toutes des varechs, sont très-pauvres en soude, mais riches en sulfate de potasse et en chlorure de potassium ; elles contiennent en outre de l’iodure et du bromure de potassium. G’est dans les eaux mères de ces soudes que l’iode fut découvert, et nous avons vu (330) comment on en extrait aujourd’hui presque tout le brome et l’iode employés dans le commerce.

708. Préparation de la soude artificielle. — Pendant la Révolution, la France, attaquée de tous côtés par l’Europe coalisée, se trouva privée des produits qu’elle achetait à l’étranger pour les besoins de son indus- Irie et de sa défense. Les chimistes de l’époque improvisèrent alors avec des éléments tirés du sol, des procédés qui changèrent la face des arts

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