LIV. 111. CHAP. 1. SOUDK AHTIFICI liLLE
chimiques et préparèrent les immenses progrès qu’ils ont faits de nos jours. Le soufre, extrait jusqu’alors des solfatares de la Sicile, fut retiré des pyrites; l’alun de Rome, remplacé par celui qu’on retira des schistes pyriteux; le salpêtre, qui nous venait de l’Inde, fut préparé au moyen des azotates produits dans les vieilles murailles et dans le sol des écuries; enfin la soude, presque exclusivement empruntée à l’Espagne, fut retirée du sel marin par un procédé resté intact jusqu’ici, au milieu des transformations qu’a subies depuis l’industrie, sous l’influence des progrès scientifiques.
C’esl au médecin français Leblanc qu’est due cette importante découverte; c’est par son procédé que la France prépare annuellement 90 millions de kilogrammes de soude brute, et l’Angleterre plus de 150 millions de kilogrammes.
Ce procédé consiste à transformer d’abord le chlorure de sodium en sulfa-te de soude par l’acide sulfurique (298 et 305), puis à décomposer le sulfate de soude, à une température élevée, par un mélange de carbonate de chaux et de charbon. De l’action mutuelle de ces corps résultent de l’oxyde de carbone qui se dégage, un oxysulfure de calcium et du carbonate de soude que l’eau séparé facilement de 1 oxysulfure, qui y est insoluble.
Les remarques suivantes feront comprendre la théorie de cette fabrication. Si l’on fond ensemble 1 équivalent de sulfate de soude et 1 équivalent de carbonate de chaux, il y a double décomposition, il se produit du sulfate de chaux et du carbonate de soude que l’on ne peut séparer. Si l’on essaye, en effet, de reprendre la masse par l’eau, les deux sels en dissolution réagissent l’un sur l’autre et forment du carbonate insoluble et du sulfate de soude (595) :
Ca0,S03 | Na0,C02 = CaO^CO^ Na0,S03 ;
i de sorte qu’on revient au point de départ. Si l’on ajoute au mélange de 1 équivalent de sulfate de soude et de 1 équivalent de carbonale de chaux, 4 équivalents de charbon, il se produit du sulfure de calcium et du carbonate de soude, le sulfate de chaux étant réduit par le charbon :
Na0,S03 H- Ca0,C02 + 40 = CaS Na0,C02 + 4CO.
Mais la masse, reprise par l’eau, qui dissout un peu de sulfure de calcium, doit nécessairement donner du sulfure de sodium par suite de 1 action mutuelle du carbonate de soude et du sulfure de calcium, déteimi née par l’insolubilité du carbonate de chaux :
Na0,S03 -f- CaS = NaS -h CaO,CO-^.
On n’obtient donc ainsi que du carbonale de soude ti’ès-impui .
CHIMIL: INOHliAMIQUK.
Il est donc indispensable d’ajouter une plus grande quantité de carl)oiiate de chaux, afin qu’il puisse se former de l’oxysolfure de calcium insoluble; dans ces conditions, le carbonate de soude produit se dissoudra seul. On admet que la formule suivante représente la réaction :
2(Na0,S03) -f- 3(Ca0,C02) + 9C =- 2(Na0,C03) -j- C2CaS,CaO) -f 9CO.
Elle conduit au dosage suivant :
Sulfate de soude
f Sulfate de soude
Carbonate de chaux. .
137 l ou sensiblement :
< Carbonate de chaux. .
Carbone
\ Charbon
peu différent de celui que Leblanc, à la suite d’expériences multipliées, avait été conduit à adopter. Voici en effet les nombres de ce chimiste :
Sulfate de soucie i
Carbonate de chaux. i
Charbon o,5
La seule différence consiste dans l’excès de charbon employé par Leblanc; cet excès est nécessaire, car une partie du carbone est brûlée par l’air dans les fourneaux, et d’ailleurs un excès de ce corps n’est jamais nuisible.
Le mélange est introduit par deux ouvertures dans un four ellip-
Fig. 132.
Fig. 133.
tique chauffé h la flamme, sur une sole S construi laircs {ftg. 13:2 el 133). La température de la masse
te en briques réfraes’écliaullé peu à peu.