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LIV. III. CHAP. I. AZOTATE DE POTASSE

Le sulfate de soude se combine avec l’acide sulfurique et forme un bisulfate qui cristallise dans une liqueur acide avec la composition représentée par la formule

NaO, HO, 2803,2110.

Ce sel, chauffé avec précaution, fond d’abord dans son eau de cristallisation, puis perd facilement 2 équivalents d’eau. Si l’on continue à le chauffer, on lui fait perdre le dernier équivalent d’eau, et l’on obtient le bisulfate anhydre :

Na0,2S03,

qui abandonne, à une température plus élevée, la moitié de son acide sulfurique à l’état anhydre (221).

Azotate de soude, NaO,AzO^.

715. Propriétés et usages. — L’azotate de soude cristallise en rhomboèdres qui diffèrent peu du cube; aussi l’avait-on appelé d’abord nitre cubique. Sa saveur est fraîche et piquante; il se dissout dans 3 parties d’eau froide à 16“, et dans moins de son poids à lOOL 11 est fusible audessous du rouge, sans décomposition ; mais, au rouge, il se décompose comme l’azotate de potasse (716), avec lequel il a les plus grandes ressemblances.

Purifié, il remplace l’azotate de potasse, dans la fabrication de l’acide azotique, à cause de son prix peu élevé et de son léger équivalent (139) ; mais il ne peut malheureusement servir pour la fabrication de la poudre, parce qu’il attire facilementl’humidité de l’air; il est môme déliquescent dans une atmosphère très-humide. Mais on peut facilement le transformer en azotate de potasse. Si l’on évapore le mélange de deux dissolutions concentrées d’azotate de soude et de chlorure de potassium, il se dépose à chaud du sel marin, et il reste une liqueur riche en azotate de potasse, qui laisse déposer ce sel par refroidissement (593).

L’azotate de soude est abondant dans la nature ; nous avons dit (657) qu’on le trouvait au Pérou en bancs d’une étendue considérable; il est mélangé en moyenne, à environ 30 pour 100 de matières terreuses, dont on le sépare en le dissolvant dans l’eau.

Azotate de potasse, KO,AzO^.

716. Propriétés. — On le Connaît dans l’industrie sous les noms de nitre, de salpêtre. Il cristallise en prismes réguliers à six pans, ordinairement striés et creux ; sa saveur est fraîche et très-salée. Il fond au rouge et se décompose à une température plus élevée, en dégageant de l’oxygène; il

CHIMIE INORGANIQUE

se transforme alors en azotile, que l’on peut séparer de l’azotate non décomposé par l’alcool concentré qui dissout seulement l’azotite. Il active au rouge la combuslion du charbon, du soufre, du phosphore, du fer, du zinc et de beaucoup d’autres métaux ; il agit dans la plupart des cas par son oxygène et par son alcali.

Sa solubilité croît rapidement avec la température, comme le montre le tableau suivant :

État naturel. — Le salpêtre est abondant dans la nature. On le trouve j effleuri à la surface du sol de certains pays, pendant la saison sèche, principalement au Bengale, en Égypte, à Geylan et dans les parties chaudes de l’Amérique. Les murs de nos cours, de nos caves, se recouvrent aussi de salpêtre; il existe également en proportion notable dans les plâtras pro- j venant des démolitions des parties inférieures, plus humides, des vieux bâtiments. Enfin on le produit artificiellement dans plusieurs contrées du nord de l’Europe. On mélange des terres meubles, contenant de la potasse et de la chaux, avec des matières organiques en voie de décomposition, ordinairement du fumier. On construit avec ce mélange, qui doit être perméable à l’air, des murs étroits soumis à l’action des vents et garantis de l’eau du ciel par un toit ; on les humecte avec de l’urine, afin de remplacer l’eau que l’évaporation incessante enlève. Au bout de plusieurs années, les azotates formés viennent s’effleurir sur la face du mur la plus exposée à l’action desséchante du vent; on enlève ces portions de mur, et on les lessive pour en retirer le nilre.

717. Théorie de la nitrirication. — Les chimistes admettent que sous l’influence de l’oxygène de l’air et des corps poreux le carbonate d’ammoniaque peut se transformer en acide azotique qui se combine avec les bases terreuses en présence desquelles s’eflèctue le phénomène. Les expériences de M. Kuhlmann, sur latransformalion de l’ammoniaque en acide azotique (146) par l’oxygène en présence de la mousse de platine, ne laissent aucun doute sur la possibilité d’une telle transformation. On peut même admettre, d’après des expériences de M. Gloez et celles de M. P. Thénard, que l’oxydation directe desmatières azotées puisse produire ce phénomène.

Températures.

Quantités de sel dissoutes dans 100 parties d’eau.

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