LIV. I!l. CllAP; in. CARBONATE DE CllAEX
le temps rejoiiulre le premier et consliluer avec lui une colonne conlinue,
rétrécie vers son milieu. -i ' r» •
Certaines eaux potables, telles que les eaux d Arcucl près Pans
laissent déposer dans leurs tuyaux de eondmie, en les obstruant un dépôt très-cohérent de carbonate de chaux. Dans ce cas le dépôt de car- Kuate n’est pas seulement dû h ce fait que l’eau, ayant le contact de 1 mr, doit V dégager une portion de son acid| carbonique dissous; le mouvement dû liquide, les chocs qu’il éprouve contre les coudes des tuyaux, facilitent le dégagement du gaz; mais ce qui parait surtout de eiminei ce dépôt ce sont les actions électriques qui se produisent dans le tuyau, soit à caûse des soudures, soit lY cause de l’hétérogénéité du métal. Les expériences de Davy sur la- préservation du cuivre dans 1 eau de mei nous montrent clairement toute l’influence de cette cause Aussi
a-t-on employé avec succès des tuyaux recouverts intérieurement d un enduit imperméable et mauvais conducteur, pour conduire des eaux
Quelles que soient les circonstances qui déterminent la production de ces divers dépôts calcaires, on obtient toujours une matière otlrant 1 apparence cristalline ; les colonnes formées par la réunion des stalactites des stalagmites sont môme transparentes.
Les eaux des fleuves, chargées de carbonate de f
constamment à la mer et y apportent, comme nous l’avons déjà dit (409), le calcaire nécessaire à la production des tests et des coquilles des innombrables animaux qui y vivent. La partie minérale des coquilles es formée de carbonate de chaux à peu près pur; en s accumulant et par suite de la décomposition de leur matière organique, elles forment des dépôts calcaires qui diffèrent essentiellement de ceux que nous venons d’indiquer, parce que la matière qui les constitue, ayant etc sécrétée au milieu de tissus organiques, est complètement amorphe.
La coquille des œufs des oiseaux contient également du carbonate e chaux amorphe 'de même origine ; les os des animaux en contiennent, mais mélangé avec une forte proportion de phosphate de chaux.
Nous avons déjà dit que le carbonate de chaux se décomposait sans se fondre, quand on le chauffe à l’air; mais si l’on chaune ce carbonate dans un canon de fusil hermétiquement fermé, le carbonate fond , rouge et, en se refrôidissanl, prend la texture cristalline du
784. lùat naturel. - T Carbonate de ehanx criüolh^e. - On 1 a d hord trouvé en Islande, sous forme de rhomboèdres transparents et sou^ vent très-volumineux, qui portent le nom de ^>ath P'""
trouva ce carbonate dans plusieurs localités, et .^,,3 r;4,e,
sous une forme incompatible avec la ’ ,‘;^Û''Û,sr droit à base
Varrayonite, cristallise, en effet, dans le système 1
CHIMIE INORGANIQUE
reclangle. Celle différence de cristallisaiion'a donné un grande célébrité à 1 arragonite, parce qu’elle a offert la première exception aux lois établies par Haüy entre la forme cristalline et la composition.
Le spath d’Islande a pour densité 2,7, l’arragonile 2,928. On peut facilement reproduire à volonté le carbonate de chaux cristallisé sous l’une ou sous l’autre forme. Lorsqu’on mélange du chlorure de calcium avec une dissolution de carbonate de soude, il se forme un précipité volumineux qui se transforme peu à peu en petits cristaux rhomboédriques. En faisant bouillir un sel de chaux avec une solution de carbonate d’ammoniaque, on obtient immédiatement des cristaux d’arragonite. Nous avons vu que l’évaporation du bicarbonate de chaux donne les deux espèces de cristaux, suivant la température où elle a lieu. Ajoutons encore que les cristaux d’arragonite se transforment en une multitude de petits rhomboèdres, quand on les chauffe au-dessous du rouge.
785. Autres variétés. — Les marbres sont des variétés de carbonate de chaux diversement colorées par. des oxydes métalliques, ou colorées en noir par des matières organiques carbonées ; leur texture est toujours cristalline, souvent saccharoïde; les géologues ont été conduits à admettre que ces matières sont le résultat de la transformation des calcaires sous l’influence d’une température élevée. On sait par quelle expérience J. Hall a appuyé cette hypothèse.
\Jalbatre calcaire est une variété translucide de carbonate de chaux, de structure évidemment cristalline et assez analogue à celle des stalactites.
Le calcaire jurassique et le calcaire grossier des environs de Paris, ou pierre à bâtir, contiennent souvent des géodes remplies de cristaux de carbonate de chaux, qui se rapportent au système rhomboédrique ; ces calcaires ont été formés dans des mers contenant en dissolution du carbonate de chaux qui s’est déposé plus ou moins lentement, en emprisonnant dans son intérieur les coquilles d’animaux que l’on y trouve à l’état fossile.
La craie est, au contraire, formée de petits grains absolument amorphes, paice qu elle résulte de l’agglomération de déhris d’aninjaux â coquilles de grandeur microscopique; elle est donc analogue aux dépôts actuels qui constituent les îles madréporiques.
On sait tout le parti que 1 on, lire, dans l’art des constructions, de l’emploi de ces di\ei ses variétés de carbonate de chaux; ils consliluenl, dans nos pays du moins, à peu près les seuls matériaux de nos maisons et de nos édifices. Il est donc inutile d insister sur leur importance