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LIV. III. CHAP. III. SULFATE DE CHAUX

Sulfate de chaux.

786. État naturel. — H est abondant dans la nature. A l’état anhydre, il constiliie Vanhydrite j à l’élat hydraté, CaO,SO^-j-2HO, il constitue le gypse. On le rencontre dans les terrains qui contiennent du sel gemme, associé à ce minéral; le gypse se trouve surtout dans. les terrains tertiaires inférieurs, au-dessus du calcaire grossier. Les buttes des environs de Paris en contiennent d’énormes quantités.

Le gypse est parfois nettement cristallisé, il constitue le plus souvent de grands cristaux hémilropes, ayant la forme, soit de fer de lance, soit de cristaux lenticulaires aplatis. Mais on le rencontre aussi en cristaux non hémitropes qui appartiennent au cinquième système cristallin. Il est toujours facile à reconnaître à son peu de dureté; c’est, de tous les minéraux cristallisés, le seul que l’on puisse rayer très-facilement avec l’ongle; on peut aussi le cliver avec un instrument tranchant en lamelles extrêmement minces, transparentes et incolores, se brisant avec facilité suivant deux autres directions de clivage qui permettent d’obtenir desfragments de forme rhomboïdale. Ces lames, chauffées à la flamme de l’alcool, s’exfolient, parce que l’eau qu’elles contiennent, en se dégageant, sépare les uns des autres les nombreux feuillets dont elles sont composées. Les feuillets ainsi obtenus sont blancs et opaques. Les eaux salées qui s’évaporent dans les bâtiments de graduation laissent déposer sur les fagots d’épines des cristaux identiques aux cristaux naturels hémitropes.

On connaît aussi, sous le nom d'albâtre^ une variété de sulfate de chaux transparente, quelquefois incolore, mais le plus souvent colorée d’une légère teinte rougeâtre par de l’oxyde de fer hydraté. On distingue facilement celte variété de sulfate de chaux de l’albâtre véritable, qui est un carbonate de cbaux, parce qu’elle est moins dure et qu’elle ne lait pas effervescence avec les acides. La pierre à plâtre est également formée par une agrégation de petits cristaux de gypse, mélangés le plus souvent de matières étrangères (carbonate de chaux, argile, sable).

787. Propriétés. — Le Sulfate de chaux est peu soluble dans l’eau, puisqu’un litre n’en dissout guère que 2 grammes à 2®, 5; mais cette petite quantité suffit pour lui communiquer des propriétés fâcheuses. Nous avons vu, que ces eaux (eaux sélénileuses) étaient indigestes, impropres au savonnage et à la cuisson des aliments (97); elles présentent, en outre, l’inconvénient de donner des incrustations de sullale anlndie très-résistantes dans les chaudières où on les emploie pour produite de la vapeur; à 150° le sulfate de chaux hydraté se transforme en sulfate an hydre à celle température au milieu même de l’eau. C’est sut tout dans es

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chaudières des bâlimenls à vapeur que cet inconvénient est considérable; les dépôts de sulfate de chaux s’y font avec une telle rapidité, que, malgré le soin que l’on prend de ne pas laisser concentrer l’eau dans la chaudière, en enlevant continuellement une partie du liquide qu’elle contient, il arrive que ces incrustations acquièrent une épaisseur de 5 à 6 millimètres au bout de quelques jours. Aussi l’eau s’échauffe-t-elle bientôt moins rapidement, et après trois jours de marche, le nombre de tours des roues du bateau, dans un temps donné, diminue-t-il d’un cinquième environ.

11 est facile d’empêcher ces incrustations dans les chaudières alimentées par l’eau douce, en précipitant l’acide sulfurique par le chlorure de barium; mais ce moyen serait trop dispendieux pour les chaudières de bateaux alimentées par l’eau de mer, dans lesquelles on n’évapore que partiellement l’eau, puisqu’il faut éviter le dépôt des matières salines qui y sont contenues. On se contente le plus souvent de graisser le fond de la chaudière, afin que le dépôt de sulfate de chaux n’y puisse adhérer; il est alors enlevé avec l’eau concentrée qu’on retire de la chaudière, mais malheureusement ce moyen n’empêche les incrustations que pendant quelques jours.

La solubilité du sulfate de chaux hydraté présente une particularité remarquable : elle est moindre à 100° qu’à la température ordinaire, et présente son maximum vers 35°. *

1 litre d’eau à 12° dissout 2e, 33 de sulfate de chaux hydraté.

— à lOQo — 2g, 17 —

Aussi l’eau saturée de sulfate de chaux vers la température de 35° se trouble-t-elle sensiblement quand on la porte à 100°. L’eau qui contient du sel marin dissout bien plus de sulfate de chaux que l’eau pure.

788. Action de la chaleur. Plâtre. — Le gypse chauffé vers 130° perd complètement son eau, mais il peut la reprendre avec facilité et dégage une quantité considérable de chaleur en s’hydratant; c’est ainsi que l’on prépare le plâtre; mais si l’on chauffe trop fortement le gypse, l’hydratation du plâtre ne s’effectue plus qu’avec lenteur, et plus du tout, si l’on avait porté le gypse au rouge. Les propriétés du sulfate de chaux obtenu dans ce dernier cas sont les mêmes que celles de l’anhydrite. Une température plus élevée (rouge vif) fond le sulfate de chaux sans le décomposer.

Le plâtre réduit en poudre fine et mélangé avec de l’eau, de manière à former une pâte liquide, se prend bientôt en une masse solide de sulfate de chaux hydraté, composé de petits cristaux enchevêtrés ou feutrés les uns dans les autres. La majeure partie de l’eau employée entre en

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