LIV. 111. ClIAP. 111. PLATRE
combinaison, l’autre s’évapore peu à peu etjaisse une pierre douce d’une certaine dureté. La bouillie de plâtre et d eau (plûtie ^Aclié) peut faci" lement être versée dans des moules dont elle remplit facilement toutes les cavités, elle se solidifie bientôt, et, comme par une circonstance heureuse, elle gonfle en se solidifiant, elle prend avec une extrême fidélité tous les détails du moule. On emploie également le plâtre pour recouvrir les murs, les cloisons intérieures et les plafonds des appartements, parce qu’il constitue d’abord une matière assez molle pour être facilement façonnée de manière à donner des moulures, des ornements de toute espèce, des surfaces planes et polies, et qu’en durcissant ensuite, il constitue une véritable pierre légère, en conservant la forme qu’on lui a donnée. La quantité de plâtre employée à ces divers usages est très-considérable.
789. Cuisson .lu plâtre. - Le plâtre employé dans les constructions est fabriqué avec la pierre k plâtre, qui contient 10 à 11 pour 100 de matières inertes.
On forme avec de grosses pierres k plâtre une série de petites voûtes que l’on recouvre de la masse de plâtre k cuire, en mettant en bas les morceaux les plus gros {fig. Ut). Ou allume sous les voûtes un feu de
Fig. 141.
fagots OU de broussailles, et la flamme qui traverse toute la masse éleve peu k peu sa température. Il est important de ne pas trop échau ei^^a partie inférieure, car le plâtre trop cuit ne prendrait pins 1 eau. n i connaît d’ailleurs, k l’aspect de la matière, quand le plâUe es corn
CHIMIE INORGANIQUE
blement cuit, on démolit le tas, et l’on pulvérise la matière que l’on passe ensuite au -crible. On conserve le plâtre à l’abri du contact de l’air, car il en attire peu à peu l’humidité et perd la propriété de durcir quand on le mélange avec l’eau. On dit alors que le plâtre est éventé.
Le plâtre destiné au moulage des objets d’art doit être plus pur et cuit avec un soin tout particulier ; on doit, en effet, le mettre en bouillie assez liquide pour qu’il soit facilement coulé; il faut donc qu’il puisse absorber la plus grande quantité d’eau possible; il importe dès lors qu’il ne contienne pas de matière inerte ou de plâtre trop cuit, qui se comporterait comme une matière inerte. On le prépare avec des cristaux en fer de lance que l’on calcine dans des fours de boulanger.
790. Plâtre aluné. — Si l’on plonge du plâtre bien cuit dans de l’eau tenant en dissolution tO pour 100 d’alun, et qu’on le cuise de nouveau à une température plus élevée, on obtient une matière qui fait prise ou qui se solidiüe moins vite que le plâtre ordinaire, mais qui devient beaucoup plus dure. Cette matière est susceptible d’un beau poli, et résiste parfaitement aux intempéries de l’air; on la colore avec divers oxydes pour lui donner l’aspect du marbre, mais on la distingue facilement de celui-ci au moyen du toucher; elle ne fait pas éprouver à la main la sensation de froid particulière au marbre. On obtient également le plâtre aluné en cuisant un mélange intime de pierre à plâtre et d’alun.
791. Stuc. — On gâche du plâtre avec une dissolution de colle forte, sa prise se fait beaucoup moins vite, mais il prend plus de dureté et peut se polir. On peut colorer, ce stuc avec divers oxydes métalliques et imiter les marbres en opérant convenablement des mélanges de stuc diversement colorés; on applique la matière ainsi préparée sur les objets que l’on veut recouvrir, et quand elle a pris une consistance convenable, on frotte sa surface mouillée, avec de la pierre ponce, pour la rendre plane. On y passe ensuite, avec un pinceau, une couche mince de plâtre gâché dans de la gélatine, et quand elle a séché, on la polit avec du tripoli délayé dans de l’huile. Ce stuc ne résiste pas aux intempéries, mais il est employé avec avantage dans l’intérieur des appartements.
Enfin, on fait encore un usage assez considérable du plâtre en agriculture, pour amender les terres destinées à être converties en prairies artificielles.
Phosphate de chaux.
792. La chaux forme avec l’acide phosphorique plusieurs combinaisons; la plus importante a pour formule 3CaO,PhO^; elle est connue sous le nom impropre de phosphate Iribasique de chaux.
Ce corps constitue les quatre cinquièmes environ de la cendre d’os; on le trouve, sous forme de nodules ou de rognons, dans les terrains de