CHAPITRE VIII
ÉTAIN, Sn = 59.
Ce métal se trouve dans la nature à l’état d’oxyde facilement réductible par le charbon. Cette propriété explique pourquoi il est connu depuis la plus haute antiquité.
911. Propriétés physiques. — G’estun métal aussi blanc que l’argent, à reflet légèrement jaunâtre. II a une légère odeur, qui s’exalte par le frottement. Sa densité est égale à 7,29. Il est dépourvu d’élasticité et, par conséquent, de sonorité; plusieurs de ses alliages sont, au contraire, remarquables par ces deux propriétés (bronze des canons, des cloches). Il est flexible, et quand on plie une baguette d’étain, elle fait entendre un cri particulier, qui semble annoncer un déchirement dans l’intérieur du métal : c’est le cri de rétain.
L’étain est très-malléable; on peut le réduire en lames très-minces, sans qu’il soit nécessaire de le recuire; le plomb est, avec l’étain, le seul métal possédant cette propriété; tous les autres s'écrouissent par le travail, c’est-à-dire deviennent durs et cassants, et il faut les recuire de
temps en temps pour pouvoir continuer le martelage ou le laminage. L’étain est un peu plus tenace que le plomb (488).
L étain fond à 228^*. C’est donc le plus fusible des métaux communs; aussi peut-on le fondre sur une feuille de papier qu’on place sur une plaque de tôle chauffée doucement avec une lampe à alcool. Il n’est pas volatil. L étain peut cristalliser par un refroidissement lent; mais on obtient plus facilement des cristaux de ce métal en versant avec précaution une couche d eau sur une dissolution concentrée de protochlorure d’étain, et en mettant une lame d’étain dans le liquide; de grands prismes bi niants se déposent sur la lame au point de contact des surfaces des
deux liquides. Une portion de l’étain de la lame se dissout à la place des cristaux.
912. Propriétés chimiques. — L’étain s’altère peu à l’air à la tempéidture ordinaire, mais quand on le chauffe, il s’oxyde avec facilité. Aussi, toutes les fois qu on fond de l’étain, on voit sa surface se recouvrir d’une matière grisâtre, qui est un mélange de protoxyde et de bioxyde susceptible de se transformer en bioxyde par l’action prolongée de l’air. A une haute temperatuie, il peut môme s’enflammer, il brûle alors comme l’antimoine, en donnant de l’acide stannique blanc qui se sublime.