LIV. 1. CHAI*. V. PllOSPIIOUK
l’élat de phosphale Iribasique ordinaire. 11 se dégage alors du phosphore en vapeurs et de l’oxyde de carbone :
3(Ca0,Ph05) + lOC = 3Ca0,Ph05 + lOCO + 2Ph.
Celle parlie délicale de l’opéralion s’effeclup dans des cornues en grès ou en lerre réfraclaire, que l’on remplil aux deux liers du mélange. Elles sonl placées sur deux rangs dans un fourneau représenté par la ligure 54; leur col s’engage dans une allonge en cuivre qui entre dans
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la lubulure d’un récipient également en cuivre. Ce récipient est muni, à sa partie supérieure, d’une large ouverture par laquelle on peut introduire le bras pour enlever le phosphore, mais qui est fermée ordinaire- I ment par un couvercle; d’une tubulure latérale qui permet aux gaz dégagés de s’échapper au dehors, et enfin d’un ajutage qui peut servir de trop-plein et permet de régler le niveau dans le récipient, rempli préala- I blenient d’eau jusqu’à cette ouverture.
j On chauffe d’abord lentement les cornues, puis on chaufiè plus forte- I ment, jusqu’à ce que tout dégagement ait cessé. 11 se dégage d’abord de J l’air mêlé de vapeur d’eau (le mélange n’étant pas absolument sec), puis I de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone provenant de la décomposition i de l’eau par le charbon; enfin l’acide commence à se décomposer; il se>
' dégage alors un peu d’hydrogène phosphoré; à ce signe on reconnaît i que 1 opération commence. Elle dure environ soixante heures et donnei phosphore 8 à 9 pour 100 du poids de poudre d’os employé h
152. Puriücatioii du plioNphore. — Le phosphore brut contient du- I charbon et du phosphore légèrement oxydé, dont il faut le débarrasser. .
Le rendement s’élèverait à H pour 100, si une partie des appareils ne se rompait pendant 1 opération. 11 résulte de ce chill're que le phosphate de chaux des os donne bien les deux lieis du phosphore qu’il contient, comme nous l’avons supposé d’après nos lonnules.
chimil: inohgainiuue.
Pour cela, on lait passer le phosphore fondu à travers une peau de chamois; on opère dans des appareils lermés, afin d’éviler les projections si. dangereuses de phosphore qui pourraient se produire si une peau venaiti à se rompre. Il ne reste plus qu’à mouler le phosphore pour lui donner la forme de bâtons sous laquelle il est livré au commerce.
On faisait autrefois monter le phosphore fondu dans des tubes de verre,, en aspirant l’air a la partie supérieure avec la bouche. On fermait ensuite l’ouverture supérieure du tube avec le doigt, et on le plongeait rapide-ment dans l’eau froide, où le phosphore se solidifiait en prenant un retraiti qui permettait de le retirer facilement. Mais ces operations se font au— jourd’hui dans des appareils où l’on supprime l’aspiration avec la bouche,, qui est toujours dangereuse.
153. Propriétés physiques. — • Le phosphore est un corps solide,, légèrement jaunâtre et transparent lorsqu’il est récemment fondu; il estl alors assez flexible pour que l’on en puisse plier un bâton plusieurs foiss sans le rompre. Quelques traces de soufre le rendent cassant. Il est facilement rayé par l’ongle. Sa densité est de 1,84. Il possède une légère^ odeur d’ail (celle de l’ozone). Dans l’obscurité, il répand, au contact da l’air, une lumière particulière; c’est de cette propriété que lui est venui
son nom.
Il fond à 44“,2 et entre en ébullition à 290^ On peut donc facilement le distiller, à la condition d’opérer dans un appareil distillatoire remplit d’un gaz inerte (hydrogène, acide carbonique). Sa densité de vapeur estl
Le phosphore affecte divers états moléculaires auxquels peuvent cor respondre des propriétés physiques et chimiques très-différentes.
Phosphore cristollisé. — On le dissout dans le sulfure de caibone e. l’on évapore doucement sa dissolution. Il se cristallise en dodécaèdre^' rhomboïdaux. On peut aussi l’obtenir sous celte forme en chauflani légèrement du phosphore dans un ballon que l’on a fermé après y fait le vide. Sa vapeur, en se déposant sur les parois du ballon, y produii
de très-beaux cristaux.
2° Phosphore blanc. — On conserve le phosphore sous 1 eau, poui 11 soustraire à l’action oxydante de l’air. Au bout d’un certain temps, lee bâtons sont recouverts d’une matière blanchâtre, tout a tait opaqua celte matière est du phosphore, modifié seulement dans son état molée culaire; elle est au phosphore nouvellement préparé ce qu est au sucir <l’orge transparent la matière blanche qui le recouvre en couche plus o moins épaisse quand il est préparé depuis longtemps.
30 Phosphore yioir. — D’après Thénard, si l’on chautle vers 70" d phosphore distillé sept ou huit fois, puis qu’on le refroidisse brusqu* ment en le plongeant dans de l’eau glacée, on obtient une matière noin
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qui rodcvieni phosphore ordinaire par une nouvelle lusion, suivie d’un refroidissement lent.
•i“ Phosphore rouge. — On avait remarqué depuis longtemps que le phosphore exposé à la lumière prenait une teinte rouge, en perdant sa transparence. Berzelius avait montré que ce changement n’était pas dii
une action chimique, en répétant l’expérience dans le vide barométrique. Mais cette matière rouge, obtenue ainsi en trop petite quantité, n’est réellement connue que depuis les recherches de M. Schrœtter, à qui nous devons un moyen simple et précis de la préparer.
Il suffît, en effet, de chauffer le phosphore à l’abri du contact de l’air vers 240°, pendant plusieurs jours, pour le transformer presque totalement en une matière rouge opaque, que l’on sépare du phosphore non altéré au moyen du sulfure de carbone, qui ne dissout pas le phosphore rouge.
Les caractères physiques du phosphore rouge diffèrent beaucoup de ceux du phosphore ordinaire. Pour mieux faire ressortir les différences, nous les résumerons sous forme de tableau.