PHOSPHORE ROUGE. PHOSPHORE ORDINAIRE
Couleur
Odeur
Densile'
Chaleur spécifique.
Solubilité
Rouge écarlate. .
Sans odeur
Incolore ou faiblement coloré en jaune.
Odeur d’ail.
Peu soluble dans l’essence de té* rébenthine; insoluble dans le
sulfure de carbone
N’est pas lumineux dans l’obscurité
Î Très-soluble dans le sulfure de carbone
I l umineux dans l’obscurité.
fce phosphore rouge à 260°, à l’abri de l’oxygène, passe à l’état de phosphore ordinaire, sans rien absorber ni rien dégager; on ne peut donc douter que ce ne soit du phosphore, malgré ses propriétés bien 'bstincles.
154. Propriétés chimiques du phosphore. — Le phosphore ordinaire ou cristallisé, blanc ou noir, jiossède toujours une inflammabilité qui en rend le maniement très-dangereux. Il prend feu vers 60°. Le phosphore rouge ne s’enflamme qu’à 260°, au moment où il se transforme en phosphore ordinaire; on peut donc le manier, à la température ordinaire, avec autant de sécurité que le soufre. Le ])hosphore ordinaire est un poison violent, le phosphore rouge ne possède nullement cette fâcheuse propriété. Enfin, le phosphore ordinaire se combine au soufre vers la température de fusion de ce corps, avec, explosion ; le phosphore rouge ne se combine avec le soufre qn’à 230°. Comme on le voit, ces deux phosphores
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(liffèrenl aiilaiU par l’énergie de leurs propriétés chimiques que par leurs propriétés physiques. Si l’on fait brûler vivement du phosphore rouge ou ordinaire dans l’air ou dans l’oxygène, il se produit toujours de l’acide phosphorique, parce que c’est le seul produit oxygéné du phosphore qui soit stable à la température élevée que donne cette combustion; mais avec le phosphore ordinaire, la combustion peut être lente et le résultat de l’oxydation différent; il convient donc d’examiner cette action en détail.
155. i^ction de l’air ou de l’oxygfène.— Le phosphorc humide exposé h l’air y répand des fumées blanches, lumineuses dans l’obscurité. On croyait cette fumée formée d’acide phosphoreux mélangé d’acide phosphorique; mais M. Schœnbein a récemment fait voir qu’elle se composait d’azotite d’ammoniaque. L’acide phosphoreux et l’acide phosphorique produits se dissolvent dans l’eau qui mouille le bâton. Il se forme, en outre, une petite quantité d’eau oxygénée. Cette combustion développe assez de chaleur pour porter rapidement le phosphore à la température peu élevée à laquelle il s’enflamme; il est donc extrêmement dangereux de tenir pendant quelque temps un bâton de phosphore à la main, si l’on n’a le soin de le refroidir en le plongeant très-fréquemment dans l’eau froide L Dans l’air sec et froid, le phosphore brûle encore lentement; mais le produit de la combustion est de l’acide phosphoreux anhydre; si la température s’élève, la combustion a lieu avec un vif dégagemenl de chaleur et de lumière, et il se produit de l’acide phosphorique.
La combustion vive du phosphore ordinaire s’effectue avec beaucoup plus d’énergie dans l’oxygène que dans l’air; mais le résultat est naturellement le môme : il se produit toujours de l’acide phosphorique. Il n’en faudrait pas conclure qu’à Iroid l’action de l’oxygène sur le phosphore ordinaire est plusviveque celle de l’air. Si l’on introduit dans une éprouvette, contenant de l’oxygène à la pression de l’atmosphère ou à une pression peu différente, un bâton de phosphore, il ne se produit aucune action, tant que la température ne s’élève pas au-dessus de 30”. On le reconnaît à la constance du niveau du mercure dans l’éprouvette. Si l’on fait l’expérience dans l’obscurité, on n’aperçoit autour du bâton aucune auréole brillante. Il n’en serait plus de même dans l’oxygène raréfié; c’est ce que I’qu démontre en faisant arriver. dans la chambre d’un baromètre un petit fragment de phosphorc, puis quelques bulles d’oxygène : le phosphore devient phosphorescent et absorbe peu à peu le gaz. En mélan-
1 Si un bâton de phosphore s’enflammait dans la main, il faudrait immédiatement la plonger dans l’eau, pour éteindre le phosphore. On laverait ensuite la brûlure avec de l’eau contenant quelques centièmes de bicarbonate de soude ou quelques millièmes d’ammoniaque, pour saturer l’acide formé dans la combustion et empêcher son action énergique
sur tes tissus de la main.