‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 410 sur 537 · ETHER · texte numérisé non relu

ETHER

1177. Pi-éparaUon. — On le prépare, dans l’industrie, en chauffant un mélange de 2 parties d’alcool à 85” et de 3 parties d’acide sulfurique concentré, il distille un mélange d’eau et d’éther, avec un peu d’alcool et parfois d’acide sulfureux, si la température s’est notablement élevee audessus de 140”. On rectifie l’éther en l’agitant d’abord avec une dissolu- ; tion d’hydrate de potasse, qui dissout l’acide sulfureux etretientl’alcool;

; l’éther, décanté avec une pipette, est mis en digestion avec du chlorure i de calcium, qui lui enlève Teau qu’il contient, puison le soumet iiladisi tillation en le chauffant au bain-marie, dans des appareils distillatoires j dont le récipient est bien refroidi.

I 1178. Propriétés. — L’élher est un liquide incolore, très-mobile, très-réfringent, d’une odeur et d’une saveur caractéristiques et pénétrantes. A 0”, sa densité est 0,736 ; à 28”, 0,713 seulement. Très-volatil, il bout à 35”, 5 ; sa densité de vapeur est 2,557. Il se congèle à — 31”.

L’eau en dissout 1/10 de son volume ; l’éther dissout moins d’eau, 1/36 seulement ; il se mélange à l’alcool en toutes proportions.

C’est un dissolvant très-employé, surtout pour les corps gras neutres, les huiles, les résines, etc.

L’élher est très-combustible et brûle avec une flamme éclairante fuligineuse ; sa vapeur forme avec l’air un mélange éminemment détonant, aussi ne pénètre-t-on jamais avec une lumière dans les caves qui contiennent de l’éther, et ne le manie-t-on dans les laboratoires que loin de toute espèce de foyer de chaleur.

Le chlore en agissant sur l’éther peut donner une série de produits qui fournissent un bel exemple des phénomènes de substitution. On obtient en effet, comme l’a montré M. Malaguti, les composés représentés parles formules :

C'^H^CIO, C*H3C120, r>H2C130, CUICI^O et C'^CPO.

Ce dernier est solide et cristallisé en beaux octaèdres.

L’éther se dissout facilement dans l’acide sulfurique concentré en dégageant de la chaleur, et en ajoulant de l’eau on obtient une dissolution d’acide sulfovinique.

H79. Théorie de l’éthérillcation et formule de l'éther. — La composition de l’éther pouvant se représenter par la formule C'^H O, il étail tout naturel d’admettre que, dans la préparation de 1 éthei, 1 acide su furique enlevait une molécule d’eau l’alcool, pour donnei naissance a

700 ciiiivni: ougaiMuu^:.

ce corps; mais l’expérience suivante de Mitscherlich montre que 1 allinilé d‘e l’acide sullurique pour l’eau n’est pas la cause de cette transformation de l’alcool.

On introduit dans un ballon, chaude sur un bain de sable, 100 parties

Fig. 102.

d’acide sulfurique concentré, 20 parties d’eau et 50 parties d’alcool absolu ; on chauffe le mélange ii 140°, et l’on fait arriver dans le ballon de l’acide sulfurique concentré, par un tube à entonnoir qui traverse la tubulure, en réglant l’écoulement de manière à maintenir la tempéralure constante [fig. 192). Il distille alors un mélange d’éther et d’eau, dont le poids est rigoureusement égal à celui de l’alcool employé.

D’après M. Williamson, la production de l’éther serait due à une réaction de l’acide sulfovinique sur l'alcool, d’où résulteraient de l’étherelde l’acide sulfurique hydraté, produit plus stable que l’acide sulfovinique dans les circonstances de l’expérience. Cet acide sulfurique, au contact de nouvel alcool, pourrait reproduire de l’acide sulfovinique, décomposé à son tour par un excès d’alcool. On constate en elfel (pi’un mélange d’a-

cil AP. VI. cm eus SIMPIÆS. 701

eide suiroviniqiie el d’alcool chauffé à 140" donne de l’éllier el de l’acide sulfurique :

2S03,CHP0,H0 + CU1602 = 2(80», HO) + 2CMPO.

M. AVilliamson admel en oiilre que la lormule de l’éüier est foimule qui correspond à 4 volumes de vapeurs. Pour le prouver, il a produit l’éllier en faisani agir l’iodure d’éüiylesnr l’alcool potasse, comme le montre la formule suivante :

C8H10O2 -CKI.

On pourrait objecter à celte interprétation, qu’il s’est produit deux molécules d’éther dans la réaction précédente ; mais, comme en remplaçantl’iodured’éthvle par un corn posé analogue, l’ioduredeméthyle,C^H=^I; de butyle d’amvle, onob.tient des produits parfailement

définis, par une réaction semblable, et non des mélanges d’élher ordinaire et d’éthers du méthyle, du butyle ou de l’amyle, il faut en conclure que l’éther n’est pas le véritable oxyde d’éthyle, G^H^O, mais bien un produit isomère de ce corps, qui reste encore à découvrir.

La formule de l’élher est donc

Les produits qui prennent naissance dans la réaction des iodures de méthyle, de butyle ou d’amyle, ont des propriétés analogues à celles des éthers : on les appelle éthers intermédiaires. Les réactions qui produisent les deux premiers sont représentées par les formules :

C4H302 4-C2H31 = C^H30^ + K1 =Ciohi‘202 -f- Kl.

Nous rappellerons, pour terminer ce qui est relatif à l’action de 1 acide sulfurique sur l’alcool, que le mélange des deux corps, chauffé au-dessus de 160", donne de l’hydrogène bicarboné, C^H^.

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