CP06 + KO, HO = C*H602 + K0,C44S0,C
Cyanate d’éllijie, C^U^O,C^i\zO (éther cyanique).
1193. On obtient cet éther en distillant au bain d’huile un mélange intime de deux parties de sulfovinate de potasse et une partie de cyanate de potasse récemment préparé.
G’estun liquide incolore, très-mobile, bouillant à 60° ; ses vapeurs sont suffocantes et excitent le larmoiement. L’action de la potasse et de l’ammoniaque sur ce corps est extrêmement remarquable.
1194. Action de la potasse. — L’action de la potasse sur l’éther cyanique est comparable à celle que ce réactif exerce sur l’acide cyanique. Cet acide, mis en présence d’une dissolution alcaline, se transforme en acide carbonique et ammoniaque, en fixant les éléments de l’eau ; la potasse s’unit alors à l’acide carbonique, et l’ammoniaque est chassée :
C2AzO,tIO -h 2(K0,1I0) = 2(KO,CO^) Azin’.
L’action de la potasse sur l’éther cyanique est représentée par la formule analogue :
C2Az0,C'H130 -t- 2(KO,lIO) = 2(KO,CO-’) -f- CMI^Az.
CHIMIE ORGAMQUC.
Le composé C^H^Az, l’éthylamine, est une ommoniaque composée^ diüerente de l’ammoniaque ordinaire par la substitution d’un équivalent d’élbyle à un équivalent d’hydrogène (C^H^Az = AzH^C^H^), mais qui possède tous les caractères essentiels de cet alcali (1328).
C’est le premier exemple de la production d’une ammoniaque composée; la découverte importante de ce corps est due à M. Wurtz.
1 195. Action de l’ammoniaque. — L’acide cyanique s’unit à l’ammo-
niaque et forme du cyanate d’ammoniaque, que raction d’une douce • chaleur transforme murée, principe immédiat de l’urine des carnivores, par une simple modification isomérique : i
AzH3,HO,C2AzO = |
Cyanate li’amniüiiiaque. Urée. t
Avec l’éther cyanique, l’ammoniaque produit une urée composée par \ une simple addition de matière : . |
CVH^O,C^AzO -f AzH3 -= C^HAtz^O^. J
Llher cyanique. Élliylurée. j
L’élhvlurée est une urée dans laquelle une molécule d’éthyle remplace une molécule d’hydrogène.
1196. Action de l’eau. — L’éther Cyanique se dédouble instantané-
ment au contact de l’eau, en produisant un abondant dégagement d’acide carbonique et de la diéthylurée, qui reste en dissolution dans l’eau : |
2(CMI50,C2Az0) + 2HO = CioHiUzJO^ -h 2CO^
Éther cyanique. Diéthylurée.
On voit que ce corps diffère de l’urée ordinaire par le remplacement de deux molécules d’hydrogène par deux molécules d’éthyle :
Cioil'2Az202 ^ C2H^CH1S)2Az’02.
Les urées composées ont été également découvertes parM. Wurtz.
Aldulijtlc \ inique, CML‘0-.
1197. Nous plaçons à la fin de l’histoire de l’alcool un composé intermédiaire entre ce corps et l’acide acétique, qui sera étudié dans le chapitre suivant. Ce composé, qui résulte de l’o.xydation incomplète de l’alcool sous l’inllucnce de la mousse de platine, a reçu le nom d’aldé/njde üinique. 11 est important, parce qu’il est le type d’une nombreuse classe de coi'ps, dérivés, de la même manière que lui, d’autres alcools, et qu’on
ciiAP. VI. aldl:iiyiu:.
désigne sous le nom générique à'aldébydes, Nous verrons en outre que diverses huiles essentielles sont de véritables aldéhydes (1285).
On doit sa découverte et l’étude de ses propriétés ])rincipalcs ii M. Liebig.
1198. Prcpariiiioii. — Oii soumet a la distillation un mélange coniposé de -4 parties d’alcool à 80®, 6 parties d’acide sulfurique, 4 parties d’eau et 6 parties de bioxyde de manganèse pulvérisé. On recueille le produit dans un récipient fortement refroidi, en continuant la distillation jusqu’au moment où le liquide passe à une réaction acide. Le produit de la distillation est un mélange d’aldéhyde, d’eau et d’autres produits secondaires. On le soumet à une nouvelle distillation au bain-marie, avec son poids de chlorure de calcium, jusqu’à ce que la moitié du liquide employé ail été distillée. Ce nouveau produit est mélangé avec son volume d’éther, puis saturé par l’ammoniaque gazeuse, en môme temps qu’il est fortement refroidi. L’aldéhyde se combine à l’ammoniaque et donne des cristanx qui se déposent dans l’éther. Pour en retirer l’aldéhyde, on les dissout dans une petite quantité d’eau, et on les distille au bain-marie avec de l’acide sulfurique étendu L On dessèche le produit obtenu sur du chlorure de calcium, et on distille de nouveau dans un bain-marie dont la température ne dépasse pas 30®.
1199. Propriétés. — Liquide iucolore, mobile, d’une odeur suffocante caractéristique, d’une densité égale à 0,79. II bout à 21® ; sa densité de vapeur est 1,532; il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Au contact
1 de l’air, elle absorbe de l’oxygène et se transforme en acide acétique, aussi est-ce un réducteur énergique. Chauffée avec de l’azotate d’argent et une très-petite quantité d’ammoniaque, l’aldéhyde réduit l’argent, qui se dépose sur le verre sous forme d’un enduit blanc et miroitant.
Le chlore et le brome l’attaquent vivement et le transforment en chlo- ;• ral et en bromal, par un simple phénomène de substitution :
cm402 -h CCI = CHict302 + 3IICI,
011^02 cDr= CMlDi-302 +311H1-.
Le potassium en dégage u i équivalent d’hydrogène et se substitue à la c place de ce corps :
-|- K = C'^II’^O^ (Acélylure de potassium).
Mais, si l’on emploie une solution aqueuse d’aldéhyde cl un amalgame de sodium, il se produit une notable quantité d’alcool ; seulement une
‘ 2 parties d’aldéliydate d’ammoniaque dans 2 parties d eau, qu on mélange avec 3 paities d'acide sulfurique prcaiahlement étendu de 4 parties d'eau et refroidi.
710 CHIMIIi: ORGANIQUE.
portion de l’aldéliydc, au contact de la soude, absorbe l’oxygène de l’air et se rcsinifie. L’hydrogène naissant se combine donc à l’aldéhyde et régénère l’alcool (Wurlz).
La vapeur d’aldéhyde chauffée au contact de la chaux sodée produit un dégagement d’hydrogène et donne naissance à de l’acétate de soude :
C4HV02 -P KO, HO = K0,CHi303
La combinaison d’aldéhyde et d’ammoniaquea pour formule G^IL02,AzH3; elle constitue des rhomboïdes brillants, incolores, d'une odeur faible, fusibles et susceptibles d’être distillés sans décomposition. Us sont trèssolubles dans l’eau, et la potasse caustique ne les décompose pas. Ce n’est cependant pas une base.
1200. Alanine. — On obtient une hase faible en mélangeant une solution d’aldéhydate d’ammoniaque avec de l’acide cyanhydrique; traitant ensuite par l’acide chlorhydrique et évaporant, il se forme du sel ammoniac et du chlorhydrate d’alanine. On dissout ce dernier dans l’alcool et on le décompose par l’oxyde de plomb hydraté.
On obtient ainsi des prismes rhomboïdaux très-solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, d’une saveur douce. Ils proviennent de l’aldéhyde par la réaction suivante :
C4H'^02 q- G2AzH + 2HO = G^H^AzO^.
Aldéhyde. Alanine.
Ce corps se combine à la fois aux acides et aux bases ; traité par l’acide azoteux, il donne de Lacide lactique; c’est un homologue du glycocolle (1221).
ALGOOLS MÉTHYLIQÜE, AMYLIQUE, ETG.
1201. On connaît aujourd'hui une série de corps doués de toutes les réactions principales de l’alcool, et pouvant par conséquent fournir des dérivés nombreux analogues à ceux que nous venons d’étudier. Ces alcools présentent d’ailleurs, avec l’alcool ordinaire, une relation de composition très-simple, que l’on retrouve dans tous les composés correspondants; on peut exprimer cette composition par la formule générale C-“H'^(2n -|-1)0^, dans laquelle on donnera à n toutes les valeurs entières; les termes actuellement connus de cette série, sont:
L’atcool mélhytiqiie (esprit de bois),
— élliylique (alcoot ordinaire),
— propiüidque,
— liulytiqiie,
(.- Il'* Q2, découvert par Taylor et étudié par M. Dumas et Péligot.
G’* lie 02
Gc 118 Q2^ découvert par M. ('liaucel.
GS iiiOQ’^ — parM. ^Yurlz.
L'alcool am\li([ue,
— caproïque,
— caprylique,
r. IIAP. VI. HOMOLOGUES DE L’ALCOOL.
010111202^ découvert par M. Caliours.
Ci2iii.voi, —
— par M. Rouis.
oéüque. (relire du blanc (le kitcino), C«11«0*, - parM. Clievreul.
cérylique,
mélissique,
C8VHS602, —
L’alcool molliylique est le premier corps de celle série que l’on ait rallaché à l’alcool (Dumas et Péligot) ; plus tard, l’élude de l’alcool amylique faite à peu près en même temps par MM. Cahours el lialard, n’a plus laissé de doutes sur l’existence d’une série importante de corps homologues ‘ de l’alcool , dont les termes sont aujourd’hui très-nom-
breux.
1202. Dérives des alcools. — Nous ne pouvoiis GiilrGr dans 1 ctude des divers composés qu’on peut dériver de ces alcools 2, nous indiquerons seulement ici la formule des principaux termes des séries des alcools mélliylique, éthylique etamylique, en plaçante côté la formule générale, qui permettrait de retrouver, dans une série quelconque, la formule particulière du produit correspondant :
Mélhvliaue.
Éthylique.
Amylique.
Formule générale.
Alcool '
end^o^
Cl01il2O2
Aldéhyde
C^H^O^ linconnujC'dUO^
CIOHIOO2
C2»MU-'i 02
Acide
CioHiOQi
(;2nn2n O'i’
Acide formique.
Acide acétique.
.\cide valérianique
Carbure d’hydrogène
C^IP (inconnu)
CMU(éthylène) C^Md^o (amylène)
Éther ordinaire