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ACIDE ACÉTIQUE (C’-11303,H

L’acide acétique existe, combiné aux bases, dans la seve toutes les plantes et dans plusieurs liquides de l’économie anima e. s produit dans raltéralion des liquides alcooliques h l’air el ‘

principe essentiel du vinaigre; la distillation de toutes les ma ici niques oxygénées fournil de l’acide acétique.

CHIMIE OMG AN IQUE

I-ll. Préparation et propriétés physiques. — On le prépare C'

décomposant racéiale de soude desséché par l’acide sulfurique concen tré; le liquide recueilli, bien refroidi, donne des cristaux d’acide pur: qu’on égoutte.

L’acide acétique est ordinairement sous forme de liquide caustiqu.i incolore, d’une odeur pénétrante et agréable si elle est mélangée db beaucoup d’air; d’une saveur Irès-acicle; il produit des ampoules sur l.h peau. Sa densité est 1,063. Il se congèle à 15“ en cristaux brillants et no fond plus qu’à 17“. 11 bout à 120“ et donne une vapeur dont la densUd^ a 240“ est 2,09. M. Cabours a monlré que la densité de vapeur de ce:acide et de ses bomologues, prise à une température qui n’est pas trèséloignée de leur point d’ébullilion, était beaucoup plus forte que cello que l’on déduit de la théorie, en supposant que leur équivalent corresponde à 4 volumes ; ainsi, à 124“, la densité de vapeurs à 3,194, correspond sensiblement à 3 volumes; mais en la prenant à une températuresuffisamment éloignée du point d’ébullilion (à 240“ pour l’acide acélique), 1 anomalie disparaît, et l’acide acétique et ses bomologues renntrent dans la règle générale L

L acide acétique est soluble en toutes proportions dans l’eau, un mé-lange de parties égales d’acide et d’eau a la même densité que l’acide ; ; mais, en général, la densité du mélange est plus forte; le plus dense:contient 2 équivalents d’eau pour I d’acide concentré (G^H^0^2HO); il ai une densité égale à 1,097.

L’acide acétique se mélange en toutes proportions à l’alcool et il dis-sout un grand nombre de substances ; le camphre, le gluten, l’éther les^

Une faible chaleur, sous l’influence delà mousse deplatine, le décompose en acide carbonique et hydrogène protocarhoné (C'^lUO^ = mais il ne se décompose d’ordinaire qu’au rouge vif, en divers produits, paimi lesquels on trouve de l’acétone; cette fixité explique sa production » dans la distillation d’un grand nombre de substances.

1212. t'ropriéios ciiimiqucs. — La vapcLir d’acide acétique est coinjustible et brûle avec une flamme bleue ; le chlore attaque l’acide acétique et donne des produits de substitution qui sont G^H^GIO^HO (acide monochloracétique), G^'HGl^O^HO (acide bichloracétique), etG^GUO^HO (acide ciiloi acétique). Le brome donne deux produits correspondants aux deux picmiers, quand on le chaufl'c en vases clos avec l’acide acé-

1 Ce lait est du yenre de ce.u que M.ïï. Deville et Troosl ont constatés depuis i-onr Je soufre ; on ne peut donc comparer les vapeurs aux gaz que si elles sont sutlisamment eloignees de leur point de litiuefaclion. C’est ce que les expériences de M. Hegnault s-jr la loi de Mariütte avaient fait ressortir pour les gaz liquéliaJ)les.

CflAP. VII. ACIDE ACÉTIQUE.

tique ; l’iode n’agit pas directement; les autres mclalloïdos sont sans action sur lui.

. L’acide sulfurique anhydre s’unit à l’acide acétique concentre à l’aide Id’une douce chaleur ; il se forme un acide sulfoacélique GHr‘S-0‘^, hi- ■basique, qui donne des sels solubles cristallisés.

I Nous rappellerons enfin l’action des bases en excès sur l’acide acétique, elles le dédoublent en hydrogène protocarboné et en acide carbonique, qui reste uni aux bases :

CVH^O'» 4- 2BaO = Cni'» + 2{BaO,CO^'.

1^13. Acide acétique aiiii^dre. — Gerhard t a découvert un procédé général de préparation des acides monobasiques anhydres, que nous dlons faire connaître à propos de l’acide acétique.

Si l’on distille de l’acétate de potasse bien sec avec de l’oxychlorure le phosphore, on obtient un liquide très-volatil G^H^O^Cl, et du phosphate de potasse :

3(KO,C'‘H303) + PhO^CD = 3Kü,Ph03 + 3(CHi305C]).

Ce liquide, que Gerhardt désigne sous le nom de chlorure d’acétyle, )ffre avec l’acide acétique anhydre le meme rapport décomposition que e chloroxyde de carbone GOGl, et l’acide carbonique que l’acide chloosulfurique SO-Gl et l’acide sulfurique SO^ ; comme ces corps, il est Irèsacilement décomposable par l’eau, et donne alors de l’acide chlorhydri- [ue et de l’acide acétique. Il peut, en réagissant sur l’acétate de potasse, iroduire l’acide acétique anhydre et du chlorure de potassium i :

K0,C4i303H- C'diso^Cl KCI4-2(C''I1303).

On obtient ainsi un liquide mobile très-réfringent, d’une odeur trèsorle, analogue à celle de l’acide ordinaire, et qui bout à 137°, 5; il se disent peu à peu dans l’eau et s’y trouve transformé en acide acétique ydralé. Sa densité de vapeurs est 3,52, il faut donc doubler sa formule, i l’on veut que son équivalent corresponde à 4 volumes de vapeurs.

On ne connaît pas jusqu’ici Tacide formique anhydre, mais les termes lus élevés de la série s’obtiennent facilement par ce procédé.

1214. Préparation industrielle «lu ^inaig^re. — On prépare le vinaigre ° par l’oxydation du vin (procédé d’Orléans), 2° par l’oxydation de alcool étendu d’eau (procédé allemand), 3° par la distillation du bois.

‘ On peut obtenir l’acide acétique anbydre en une seule opération, en distillant l’oxydorure de pliosj bore avec un excès d’acétate. Toutefois, il convient tie redislilb r le liquide ir de l’acétate ; le cbloniic d’acétjle est détruit par l’acétate au furet à inesure qidil se rodi it.

CIllMl!^ OUGAiNMQUE.

1“ Procédé d'Orléans. — On introduit 100 litres de vinaigre de bonne qualité dans des tonneaux de 200 litres de capacité environ, puis un dixième du volume de vin ordinaire; après six semaines ou deux mois, on retire, de huit en huit jours, 10 litres de vinaigre et on ajoute 10 litres de vin.

2° Procédé allemand . — Ce procédé, bien plus rapide, donne un vinaigre de qualité inférieure. Un tonneau de deux mètres de haut sur un mètre de

diamètre est divisé en trois compartiments. Le supérieur contient un liquide alcoolique (formé de 1 partie d’alcool, 5 parties d’eau, 1/1000 de levûre de bière) qui s’en écoule par des ficelles qui traversent son fond.

Le liquide tombe en gouttes sur des copeaux de hêtre entassés dans le ■ second compartiment où il subit l’oxydation, et se rend dans le troisième compartiment en traversant les trous ' pratiqués dans le plancher sur lequel reposent les copeaux ; un robinet la-.téral permet de le faire écouler au :

dehors {fig. 193). Comme l’acétifi- cation ne s’opère qu’au contact de l’air, on a pratiqué dans les douves du tonneau, vers le haut du compar- timent inférieur, des trous qui permettent à l’air de pénétrer dans le ton- neau ; une petite cheminée traversant le liquide alcoolique les condiiil au dehors.

On fait ordinairement passer le liquide trois fois sur les copeaux pour l’acétifier complètement; l’opération est accompagnée d’un dégagement Irès-sensible de chaleur, que cause une perte d’acide acétique entraîné par l’air, à l’état de vapeur.

3° Distillation du bois. — On distille des bois riches en ligneux dans ' descylindres de fonte, mis en communication avec un serpentin en métal entouré de manchons réfrigérants; les produits liquides sont condensés ' dans un réservoir, et les produits gazeux sont conduits dans le foyer et servent à entretenir la distillation. Un stère de bois de sapin donne 5 hectolitres de liquide acide et 220 kilogrammes de charbon. On décante le liquide pour le séparer du goudron, et on le chauffe au bain-marie afin d’en dégager l’esprit de bois (alcool mélhylique), puis on le salure avec du carbonate de soude. L’acétate de soude est brun parce qu’il est imprégné de goudron ; on le soumet h. une température de 250° qui décompose le goudron sans l’altérer; on reprend le résidu par l’eau et, pm’

cil AP. VII. AGIOTATES. 71U

évaporation, on obticnl des cristaux incolores d’acélate de soude qu’on décompose par l’acide sulfurique pour obtenir l’acide acétique.

1215. Théorie de l’acétificaiioii de l’alcool. — M. Pastcur a fait connaître récemment la théorie de l’acéLiücation. A la surface du vinaigre croit un mycoderme particulier {mycoderma aceti] qui, semé sur un liquide alcoolique quelconque, contenant quelques matières albuminoïdes et des phosphates, se développe en même temps que l’alcool s’oxyde et se transforme en aldéhyde et surtout en acide acétique. Le développement de cette plante est indispensable à l’acétification, et si l’on vient à la submerger dans le liquide, de manière à la soustraire au contact de l’air, l’oxydation de l’alcool s’arrête; il faut donc en conclure que ce n’est pas en sécrétant un liquide particulier que le mycoderme agit, mais que son action est plutôt assimilable à celle que produit le noir de platine en présence de l’alcool et de l’air. Toutefois cette influence oxydante peut être telle que l’alcool se transforme complètement en acide carbonique et eau, et que l’acide acétique déjà produit soit lui-même complètement brûlé ; c’est même toujours ce qui arrive quand la plante se développe î trop facilement; on peut la gêner dans son développement au moyen du : vinaigre en dissolution un peu concentrée : c’est là ce qui explique la pratique depuis longtemps suivie des vinaigriers d’Orléans d’acétifier le vin j en présence de cet acide et de n’ajouter que peu à peu le vin. Dans leurs ; tonneaux, l’acétification se fait sous l’influence de la couche mycodermique très-mince qui recouvre la surface du liquide; tous les lambeaux de cette couche qui vont au fond (mères du vinaigre) sont sans action au point de vue de l’oxydation.

Dans le procédé allemand, le mycoderme se développe sur les copeaux de hêtre, et il est facile de prouver que la division de l’alcool parles copeaux en présence de l’air n’a aucun effet sans la présence du mycoderme.

PIUNCIPAUX ACÉTATES

1216. Acétate de soude (NaO,G'*H^O^ + 6H0). — On le prépare an moyen du vinaigre de bois, comme on l’a indiqué précédemment ; il cristallise alors en prismes rhomboïdaux obliques volumineux, effiorescenis à l’air sec, très-solubles dans l’eau et notamment dans l’alcool. II fond

dans son eau de cristallisation vers 100° et il éprouve la fusion ignée à une température plus élevée et donne par refroidissement une masse cristalline, onctueuse au toucher comme l’acide stéarique.

1217. Acétate d^animoniaquc. — L’actioii de la chaleur sur ce sel présente un grand intérêt; si l’on distille rapidement l’acétate d ammoniaque, on lui fait perdre deux équivalents d’eau et l’on obtient 1 acétamide :

AzU3,lIO, 041303 — ‘2110 = C4l3AzO^.

ghimiiî: ouganiqui'.

Mais si on le distille en présence de l’acide phosphorique, on lui enlève 4 équivalents d’eau, et l’on obtient l’éther cyanhydrique du méthylène- (Dumas, Malagnti, Lel lanc).

AztI3,H0,C^H30^ - 4HO = C^II^CsAz.

Celte réaction se reproduit avec les acides homologues de l’acide acé- ■ tique; de sorte que, s’il est possible de remonter d’un éther cyanhydrique • à l’acide de l’alcool immédiatement supérieur (1207), réciproquement, il est possible de repasser d’un acide à la série alcoolique immédiatement inférieure.

1218. Acétate d’alumine. — On le prépare en décomposant une dissolution d’acétate de plomb par le sulfate d’alumine; il est employé comme mordant par les indienneurs, à cause de la facilité avec laquelle il se décompose en abandonnant son alumine aux tissus.

1219. Acétates de plomb. — On prépare l’acétate neutre PbO,C^H^O^ -|-3HO en dissolvant de la litharge dans l’acide acétique. On obtient par évaporation des prismes incolores, brillants, peu efflorescents, vénéneux, d’une saveur douceâtre et repoussante. Il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool ; chauffé, il se déshydrate, puis le sel anhydre fond à 190“, et perd un peu au-dessus le tiers de son acide, qui se décompose en acide carbonique et acétone; le résidu solidifié est un acétate sesquibasique, 3PbO,2C^H^O^, très-soluble dans l’eau, et cristallisant de sa dissolution évaporée à consistance sirupeuse en lamelles d’un éclat nacré.

En faisant digérer une dissolution d’acétate neutre avec de la litharge, on obtient un acétate tribasique, que l’on peut obtenir en aiguilles trèstendres, d’un éclat soyeux, mais qui constitue ordinairement une masse blanche amorphe. Les dissolutions de ces deux derniers sels ont une i réaction alcaline et sont précipités par l’acide carbonique (préparation j de lacéruse), qui les ramène à l’état d’acétate neutre. :

L’acétate tribasique, partiellement saturé par l’ammoniaque ou par sa digestion prolongée avec l’oxyde de plomb, donne un acétate sexbasique en petits cristaux â peine solubles dans l’eau. . |

L’acétate neutre sert à préparer l’acétate d’alumine, le chromate de I plomb et lacéruse; l’acétate tribasique est très-employé dans les re* | cherches de chimie organique, pour précipiter la gomme et la séparer j du sucre, pour précipiter les acides végétaux â l’état de sels de plomb \ insolubles, facilesâ décomposer ensuite par l’acide sulfurique étendu ou j par l’acide sulfhydrique.

L’extrait de Saturne, ou eau blanche^ employée en médecine, est une dissolution obtenue en faisant digérer 1 pai tie de litharge dans 3 1/2 parties d’eau où l’on a dissous 2 parties d'acétate neutre. C’est un mélange

d’acétates sesquibasique et tribasique.

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