CORPS GRAS
)-22b. «énêrallté». - Les corps gras sonl exlrômemenl répandus dans le règne animal comme dans le règne \égélal, ils existent princi paiement dans les graines des végétaux (colza, lin, pavot, noix, amandes...), plus rarement dans les fruits charnus (olives, fruits de divers palmiers). Les corps gras sont, les uns solides (cire, suif, axonge), les • autres liquides (huiles grasses diverses); beaucoup d’entre eux se ren- • contrent dans le règne animal et dans le règne végétal. Ainsi, le beurre de cacao et la gaisse de bœuf d’une part, l’huile d’olive et la graisse hu- ■
maine d’autre part, renferment les mêmes principes.
A rélat de pureté, tous sont incolores, inodores et insipides ; la couleur, l’odeur et la saveur qu’ils possèdent d’ordinaire leur sont données ~ par des matières étrangères. Ils sont tous plus légers que l’eau et nagent à sa surface, parce qu’ils y sont insolubles ; ils tachent le papier et sonl inflammables à une température élevée; un petit nombre d’entre eu.x ‘v sont solubles dans l’alcool, mais ils se dissolvent dans l’éther. Au conhicl de l’air plusieurs huiles se dessèchent en absorbant l’oxygène (huiles siccatives), d’autres ne se dessèchent jamais, mais elles prennent de la consistance et rancissent à la longue en devenant acides. Les corps giasne sont pas volatils, à 300° la chaleur les décompose.
j^-26. Principes immédiats des corps gras. — On sait, depuis les travaux si remarquables de M. Chevreul sur les corps gras, que chaque graisse naturelle est un mélange d’un petit nombre de corps gras paiti culiers, dont les plus répandus sont la stéarine, la margarine, 1 oléine et l’élaïne, qui donne aux huiles siccatives leur propriété. Les deux premiers sont solides à la température ordinaire, les deux autres sonl liquides; la quantité relativë de ces principes dans une graisse détermine son point de fusion et sa consistance. Leur séparation se fait en traitant les corps gras par des mélanges d’alcool et d’éther, par l’essence de téiébenlhine, etc., et en les exprimant à diverses températures, mais dans la plupart des cas elle est très-difficile. A côté de ces principes essentiels on en trouve un grand nombre d’autres qui ne sont contenus que dan> certaines espèces de graisses (beurre, blanc de baleine).
La composition de la stéarine, de la margarine et de l’oléine est analogue à celle des éthers neutres. M. Chevreul a fait voir, en effet, que les
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corps gras soumis i\ l’inlliience des alcalis fixent une certaine quantité d’eau et se dédoublent alors en glycérine et en acide gras (acides stéarique, margarique, oléique, etc.), qui s’unit à l’alcali. Récemment, M. Berthelot a complété l’analogie en combinant les acides stéarique, margarique, oléique avec de la glycérine; il a reproduit ainsi des corps gras identiques aux produits naturels, en mettant en liberté une certaine quantité d’eau. L acide gras et la glycérine ne préexistent donc pas dans les principes gras.
I Cette décomposition des corps gras neutres par les alcalis porte le nom de saponification, parce que les stéarates, margarates et oléates formés I constituent les corps que tout le monde connaît sous le nom de savons.
• C’est dans cette propriété de produire des savons sous ^influence des alcalis que réside le caractère chimique le plus important des corps gras.
GLYCÉRINE, CSRSOe.
La glycérine a été découverte, en 1779, par Scheele, qui lui donna le nom de principe doux des huiles.
1227. Préparation. — On la prépare dans les laboratoires en faisant bouillir de l’axonge (saindoux) avec de l’oxyde de plomb et de l’eau; il se produit un savon de plomb insoluble, et il ne reste plus dans la li-
1 queyr que de la glycérine et un peu d’oxyde de plomb qu’on précipite ! par l’hydrogène sulfuré. On trouve aujourd’hui ce corps dans le comi merce ; il est fourni par les usines où l’on fabrique les bougies stéariques.
1228. Propriétés. — C’est un liquide sirupeux, incolore, incristallisable, d’une saveur douce très-prononcée, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool, mais insoluble dans l’éther. Sa densité est 1,280 à laJempéra-
I ture de 1.5°. La glycérine pure peut être distillée dans le vide sans alté- 1 ration.
Distillée avec de l’acide phosphorique anhydre ou du bisulfate de po- I tasse, elle se dédouble nettement en acroléine et eau, d’après la formule ' suivante :
C6H806 = C6H402 -h 4 HO.
Glycérine. Acroléine.
I L’acroléine est un liquide incolore, mobile, qui irrite fortement le i nez et les yeux, bouillant à 52°. Ce corps prend naissance toutes les lois I qu’on distille un corps gras neutre ou toute combinaison dans laquelle la j glycérine est engagée, et c’est à lui qu’il faut attribuer l’odeur vive et ! désagréable produite dans cette circonstance.
f La glycérine traitée par l’acide azotique s’oxyde et passe à l’étal d’acide
CHIMIE ORGANIQUE
glycérique lié à la glycérine par la même relation que l’acide
acétique li l’alcool :
+ 40 == + 2H0, CMW + 40 = C6H60« + ?H0.
Alcool. Acide acétique. Glycérine. Acide glycérique.
1229. Constitution de la g^lycérine. — La glycérine n’est pas un alcool ordinaire, comme le montre l’action que les acides exercent sur elle : c’est un alcool triatomique.
On sait que l’acide phosphorique ordinaire, PhO^,3HO, par exemple, peut, en agissant sur l’alcool ordinaire, donner naissance à trois espèces de produits qui sont formés d’après les réactions suivantes :
Ph05,3H0 -h C^H602 = (PhOs, C^H50,2H0) + 2H0,
2° Ph05,3H0 + 2C^H602 = |Ph03,2C4H50, HO) + 4H0,
PhOs,3HO + 3C4H602 = (Ph03,3CH150) + 6H0.
Celte propriété de former trois espèces d’éthers, avec élimination de 2, 4 ou 6 équivalents d’eau, suffirait à elle seule pour caractériser les acides tribasiques; les acides bibasiques ne donnent que deux espèces d’éthers avec élimination de 2 ou 4 équivalents d’eau ; les acides monobasiques donnent un seul éther neutre avec élimination de 2 équivalents d’eau. Les divers éthers de l’acide phosphorique ordinaire, traités par la potasse, fixent 2, 4 ou 6 équivalents d’eau et reproduisent de l’acide phosphorique ordinaire (qui s’unit aux bases) et 1, 2 ou 3 équivalents d’alcool ordinaire.
La glycérine, traitée par les acides monoatomiques ou par les hydra- . cides, peut produire trois réactions différentes, indiquées par les formules suivantes, où nous prendrons, pour fixer les idées, de l’acide acétique et de l’acide chlorhydrique, en n’écrivant que les formules brutes des corps :