STÉARINE, ACIDE STÉARIQUE
1230. fitéarine. — La stéarine existe dans le beurre de cacao et dans les graisses animales; d’après M. Berthelot, la stéarine naturelle résulterait de l’union de 3 équivalents d’acide stéarique et de 1 équivalent de glycérine avec élimination de 6 équivalents d’eau. Ce serait une trisléarine :
î ^ 3(C36H360i)-fC6H806 — GHO = C'14H1100'2.
\ On l’obtient en chauûant le suif, par exemple, avec de l’essence de té- ; rébenthine, qui abandonne par refroidissement une matière solide, que l’on exprime entre des feuilles de papier buvard pour en extraire l’acide margarique et l’acide oléique ; après plusieurs traitements semblables, on la dissout dans l’éther bouillant, qui la laisse déposer presque tout entière par refroidissement, sous forme de petites lamelles brillantes et nacrées. Elle fond à 62”, et constitue, en se solidifiant, une masse analogue à la cire.
1231. Acide stéarique — On pourrait l’extraire de la
stéarine pure en la saponifiant, et décomposant ensuite le savon par un acide; mais il est plus commode d’opérer de la manière suivante : On saponifie le suif et on dissout ce savon dans 6 à 8 parties d’eau chaude, puis on étend la dissolution de 50 à 60 parties d’eau froide ; l’eau décompose le stéarate et le margarate formés et les transforme en bistéarate et bimargarate peu solubles qui se déposent. On recueille le précipité, et, après l’avoir séché, on le dissout dans l’alcool à 82°, qui laisse déposer en se refroidissant la plus grande partie du bistéarale. Le margarate reste dans la liqueur. On purifie le stéarate par quelques cristallisations et on le décompose par l’acide chlorhydrique.
L’acide stéarique du commerce (matière des bougies stéariques) renferme toujours un peu d’acide margarique, qu’on peut lui enlever par des cristallisations dans l’alcool.
1232. Propriétés. — 11 est insoluble dans l’eau, mais il se dissout en toutes proportions dans l’alcool et dans l’éther chaud. Il fond à 70° et se volatilise à 300°, en se décomposant partiellement en acide carbonique et stéarone^ que l’on peut obtenir plus facilement en distillant l’acide istéarique avec de la chaux et qui se produit par une réaction identique h icelle qui donne l’acétone (1223). L’acide stéarique brûle comme de la tcire.
CHIMIE ORGANIQUE
MARGARINE, ACIDE MARGARIQUE.
1233. Margfarine. — Elle existe dans la plupart des corps gras, aussi bien dans les huiles végétales que dans les différentes espèces de graisses ou de beurres venant des divers animaux. L’huile d’olive contient environ 28 pour lOO’de margarine qui se solidifie à 0° et s’en sépare. Cette matière, bien exprimée, donne de la margarine à peu près pure, qui fond à 47°. Son aspect perlé lui a fait donner le nom qu’elle porte.
L’ammoniaque transforme une dissolution alcoolique de margarine en glycérine et margaramide (amide de l’acide margarique), cqmme elle le ferait pour l’éther margarique.
D’après M. Berlhelot, la margarine naturelle serait la Irimargarine