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APPLICATIONS

1241. Extraction des huiles xég-étaies. — On soumet les semences oléagineuses à l’action de la presse; l’expression se fait ordinairement à froid pour les huiles employées comme aliments ^ ou comme médica- ^ ments -, car elles sont toujours très-fluides. Quand elles sont concrètes, on exprime entre des plaques chaudes, ou f’on fait bouillir avec de l’eau les semences ou fruits écrasés (beurre de cacao, huile de laurier, beurre de muscade, huile de palme, etc.).

Pour les huiles servant à l’éclairage et aux autres applications, on presse d abord les graines écrasées à froid pour en retirer l’huile la plus pure ;on les comprime de nouveau entre des plaques métalliques chauffées vers 60“ (huiles de lin, de colza, de navette). L’élévalion de température a surtout pour but de délr-uire la matière albuminoïde qui se | môle à l’huile obtenue par seconde expression, mais il en reste toujours assez pour la faire rancir facilement, et pour empêcher la combustion de s effectuer d une manière convenable. La lampe alimentée par cette huile fume facilement, et la mèche se charbonne en produisant des champi- | gnons. Thénard a donné en 180t un procédé d’épuration qui permet de | détruire celte matière. On bat fortement l’huile avec 2 ou 3 centièmes | d acide sullurique, et on laisse reposer; la matière albuminoïde se char- |

bonne et se précipite au fond de l’huile devenue limpide. On ajoute en- <

suite un peu d eau avec laquelle on agile pour dissoudre l’acide sulfuri- ^ que, on laisse reposer de nouveau, et on décante la couche supérieure,

1 Huiles d’olive, d’œillette.

2 Huiles de ricin, de croton, de foie de morue, de raie.

CllAP. VIII. BOUGIIÜS STÉAUIQUGS.

que l’on fillre î\ travers du coton pour arrêter les matières en suspension.

Les huiles siccatives sont cuites avec un peu de litharge ou des sels de manganèse, quand on veut accélérer leur dessiccation ; les toiles et les taffetas cirés sont enduits d’huile de lin lithargyrée, qu’on emploie également dans la peinture.

424^2. Sinifs. — La matière grasse des animaux est enveloppée par un tissu cellulaire dont il faut la séparer. On commence d’abord par diviser le suif autant que possible, et on le fond le plus habituellement à feu nu, dans une grande chaudière. L’élévation de température dilate la matière grasse en la rendant liquide, et contracte les membranes qui la renferment; ces deux effets opposés déterminent la rupture des cellules, et le suif fondu s’en écoule; au bout d’un certain temps, on soutire le suif liquide et on le passe sur un tamis pour retenir les débris de membranes. On y ajoute ensuite quelques millièmes d’alun pour le clarifier. Les membranes restées dans la chaudière sont comprimées et donnent beaucoup de suif; elles laissent un pain (pain de créions) qui peut servir à la nourriture des chiens ou des porcs, ou comme engrais.

En traitant le suif brut par une eau légèrement alcaline, on peut facilement rendre perméable ou dissoudre les enveloppes, et obtenir un suif fondu, parfaitement blanc et très-propre à la confection des chandelles. Ce procédé, imaginé par M. Evrard, a, sur l’ancien, l’avantage de ne donner aucune odeur.

Le suif fondu autour de mèches de coton donne la chandelle, dont l’usage tend à disparaître de plus en plus par suite de la découverte des i bougies stéariques^ fabriquées avec un mélange d’acide stéarique et d’ai eide margarique, bien moins fusibles que le suif, plus facilement combustibles que lui, et susceptibles de brûler sans odeur, comme les bou- I gies de cire et avec le même éclat.

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