CH A P. X. ESSENCES SULFURÉES
dianr Uacicle benzoïque, que nous prendrons pour type des acides que nous désignerons, avec M. Hoflïnann, sous le nom ù' aromatiques, poulies distinguer des acides gras, et pour rappeler leur origine.
Acide benzoïque,
L’acide benzoïque se rencontre tout formé dans un grand nombre de produits naturels, et notamment dans le benjoin, dans la résine du styrax, dans le baume deTolu. II prend naissance dans l’oxydation de l’essence d’auiandes amères ou de l’amygdaline, dans la décomposition de I acide hippurique (matière contenue dans l’urine des herbivores), sous I influence de la chaleur ou des acides.
1274. Préparation. — On fond du benjoin dans une capsule sur Uori- Qce de laquelle on colle une feuille de papier buvard. On surmonte la capsule d’un long cône en carton, présentant un petit trou à son sommet. Vacide se sublime et se dépose sur les parois du cône en aiguilles crisallines et. très-légères.
Mais la plus grande partie de l’acide benzoïque s’extrait aujourd’hui le l’acide hippurique (1393).
1273. Propriétés. — L’acide benzoïque est ordinairement en aiguilles )u lamelles d un blanc éclatant, longues, très-minces et légèrement flexides. Il est inodore, sa saveur est faible. Il fond à 120" et bout à 239". Il St peu soluble dans l’eau froide, mais l’alcool le dissout facilement. 11 St combustible et brûle avec une flamme éclatante.
Le chlore donne, avec l’acide benzoïque, divers produits de substituon; le plus connu est l’acide monochlorobenzoïque, G^^H^GIO^ HO.
Les benzoates se décomposent, sous l’influence de la chaleur et des ivers agents, de la môme manière que les acétates et donnent des prouits correspondants.
Si l’on distille du benzoate de baryte avec un excès de base hydratée, n obtient à la fois de la benzone et de la benzine correspondants à l’al3tone et a l’hydrogène protocarboné :
I 2(Ca0,Ci^HS03) = 2(CaO,CO^) + C^6hioo2, 2(Ca0.C>H303) =2(Ca0,C02) +
I lenzoale de chaux.
Beiizotie .
CiM1^0h2Ca0 = 2(CaO,CO-) + Acide benzoïque.
Acétate de chaux.
+ 2CaO =
Benzine, Acide acétique.
Acétone.
2(Ca0,C02; +
Protocai bure .
Le benzoate d’ammoniaque perd à la distillation 4 équivalents d’eau et urnit un produit correspondant à l’acétonitryle :
AzH3,H0,Ciqt503 4110 = CiHl^Az, AzH3J10,CMl303 - ilIO = CAIUAz
I Benzoate d'ammoniaque.
Benzonitryle. Acétate d’ammoniaq.
Acétoiiitrvle.
752 CHIMIE ORGANIQUE
Le benzoate de potasse distillé avec le perchlorurede phosphore donne du chlorure de benzoïle :
3(K0,CiHi503) + PhO^CP = 3KO,PhQs 3(C‘''H=02,C1).
Ce chlorure de benzoïle, en réagissant sur le benzoate de potasse ou de soude, donne l’acide benzoïque anhydre :
KO,G‘dPO’ + = KCl + 2(C1’^H^0^.
L’acide benzoïque anhydre, cristallisé en prismes obliques, fond à 42® et distille à 310®. 11 est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool; lorsqu’on le fait bouillir avec l’eau il se transforme peu à peu en acide
benzoïque hydraté.
1276. Benzine — La benzine, que l’on obtient dans la décom-
position du benzoate de chaux, se trouve en notable quantité dans le goudron de houille et dans les produits de la distillation des schistes. C est un liquide incolore, d’une odeur agréable, dont la densité est 0,85; il bout à 80° ; il est solide et cristallisable à 0°. Il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool. L’acide azotique transforme la benzine en nilrobenzine par une réaction remarquable et fréquemment usitée en chimie organique. L’acide azotique concentré, en agissant sur beaucoup de substances organiques, leur enlève un équivalent d’hydrogène, à la place duquel se substitue un équivalent d’acide hypoazotique :
C‘Mt6 + AzU%HO =Ci2HS(AzO'‘) 4- 2HO,
Benzine. Nitrobenzine.
C'2H=03,H0 + Az05,HO = C’Mt\Az0^)03,H0.
Acide benzoïque. Acide nilrobenzoïque .
La nitrobenzine est un liquide jaune pâle, plus dense que l’eau, d u.ie saveur douce, et doué de l’odeur de l’essence d’amandes amères. Aussi la remplace-t-elle dans la parfumerie commune {essence de mirbane). Elle bouta 212° et se solidifie à + 3°. Le sulfhydrate d’ammoniaque la transforme en une base volatile, Vanilinc (1325), qui a pris dans ces deinières années une importance industrielle considérable.
1277. Autres esseuces oxyg^énées. — L’essence de rue, une aldéhyde appartenant à la série des alcools ordinaires. Son acide correspondant est l’acide rutique ou caprique (1224).
On relire de l’essence de cumin une huile, C-^H^-0-, qui possède toutes les propriétés de l’essence d’amandes amères.
L’essence d’anis, et l’hydrure de salicyle, se com-
portent d’une façon analogue aux précédentes. Nous ferons reniarquei quel’hydrure de salicyle a la composition de l’acide benzoïque, et queu
CHAP. X. ESSENCIlS SULFURÉES.
perdant une molécule d’hydrogène, qui peut èire remplacée par une molécule de mêlai ou de chlore, il donne naissance à des produits de même composition que les benzoales ou l’acide benzoïque chloré ; mais ces produits sont bien différents par toutes leurs propriétés. C’est l’un
des plus remarquables exemples diHsoméne, si fréquente en chimie organique.
A ce groupe se ratlacbent :
L’essence de cannelle (huile de cassia) . . . CSRSQ* (aldéhyde cinnamique)
- de camomille (aldéhyde angélique), ’
L hui e acide de girofle (^20fji2Q4
L’essence de thym (hydrate de thymyle).
— de valériane (partie oxygénée).